11/01/2024
LA FOLIE ET LA HAINE
Depuis trois mois maintenant, une guerre de haute intensité est en cours entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza et, de façon plus mesurée, entre Israël et le Hezbollah libanais. Ce déchaînement de violence autour d’une terre que les trois grands monothéismes qualifient de « sainte » nous horrifie.

Au lendemain de l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre, nous écrivions que ses exactions, dans leur abjection, visaient au déchaînement de la haine. Cette lecture s’est hélas révélée parfaitement exacte. De part et d’autre, la haine semble inextinguible. Et ce sont les populations civiles, et tout particulièrement les femmes et les enfants de Gaza, qui en payent le prix exorbitant. Le paradoxe effroyable est que le nombre de ces morts, de ces blessés, de ces disparus et l’intensité des destructions n’émeuvent ni le gouvernement israélien, ni le Hamas. Tous ces pauvres gens sont comptés pour rien au regard d’autres calculs.
Le gouvernement d’extrême droite de Netanyahou cherche à se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible, à repousser autant qu’il le peut le moment où les commissions d’enquête établiront sa responsabilité dans la catastrophe du 7 octobre – alertes de sécurité ignorées, surveillance de Gaza négligée – et, pour Netanyahou lui-même, la menace de lourdes poursuites judiciaire pour corruption. Le Hamas, quant à lui, poursuit sa folle course idéologique, celle d’un islamisme armé et violent déversant sa haine sur Israël, dont il dénie l’existence, et les Juifs.
Dans ce maelström de rage et de malfaisance, est-il possible de prendre parti ? Oui, celui des victimes, de toutes, celles du 7 octobre, les otages et les habitants de Gaza. Mais la complexité est qu’elles le sont du fait des deux protagonistes. Pouvons-nous prendre parti entre les deux belligérants ? Oui, car Israël prétend être une démocratie et un État de droit. En conséquence, nous pouvons exiger qu’il se comporte comme tel et ne s’adonne pas à la barbarie. En Israël, avant le 7 octobre, des centaines de milliers de personnes manifestaient librement contre le pouvoir en place et, aujourd’hui, moins de 15 % de la population soutient Netanyahou. L’espoir est là, dans le ressort de la liberté et de la démocratie, qui n’est pas brisé et qui, prions pour cela, redonnera droit de cité à la raison.
Christine Pedotti ![]()
Photo Palestinian News & Information Agency (Wafa) in contract with APAimages, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
PAPE FRANCOIS - AUDIENCE GENERALE DU 10 JANVIER 2024
Audience générale: la voracité compromet l'avenir de tous
Dans la poursuite de sa catéchèse sur les vices et les vertus, le Pape François a abordé, lors de l’audience générale mercredi la gourmandise, l’un des vices le plus «dangereux» qui est «en train de faire périr notre planète».
«Ce n'est pas ce qui entre dans l'homme qui le souille, mais ce qui sort de son cœur»
De prime abord, le Pape François invite à observer ce que fait Jésus, «son premier miracle, aux noces de Cana, révèle sa sympathie pour les joies humaines». Ceci se concrétise par le fait qu’il «veille à ce que la fête se termine bien et donne aux mariés une grande quantité de très bon vin». Ce qui fait comprendre que contrairement à Jean qui «mangeait ce qu'il trouvait dans le désert», Jésus est «au contraire le Messie que l’on voit souvent à table», mangeant avec les pécheurs. «Non seulement il est bienveillant à l’égard des pécheurs, mais il mange avec eux», relève le Saint Père. Ce comportement «suscite le scandale» pour les pharisiens. Ce geste de Jésus, poursuit le Pape, «démontre sa volonté de communier avec des personnes que tout le monde rejetait».
Pour le Souverain pontife, si «l’attitude de Jésus à l'égard des préceptes juifs révèle de sa pleine soumission à la Loi, il fait cependant preuve de compréhension à l'égard de ses disciples». Il défend les disciples lorsqu'ils «sont pris en flagrant délit de faim et qu'ils ramassent des épis le jour du sabbat», s’appuyant sur l’exemple du «roi David et ses compagnons, se trouvant dans le besoin, [qui] avaient eux aussi transgressé un précepte».
Un aspect important est ensuite soulever par François: «Jésus abandonne la distinction entre aliments purs et impurs». Pour Jésus, «ce n'est pas ce qui entre dans l'homme qui le souille, mais ce qui sort de son cœur». C’est pourquoi, explique le Pape, le «christianisme ne considère pas les aliments impurs». Dans ce sens, l’attention que nous devons avoir ne porte pas sur l’alimentation, mais plutôt «sur la relation que nous entretenons avec elle». Pour l’évêque de Rome, la relation «établie avec la nourriture doit être redécouverte et valorisée, surtout dans les sociétés dites de l'abondance, où se manifestent tant de déséquilibres et de pathologies». Le Pape déplore en dans ce sens à ces pathologies, «anorexie, boulimie, obésité», un ensemble de «troubles des comportements alimentaires» et le mauvais rapport à la nourriture auquel «la médecine et la psychologie tentent de s'attaquer».
Une maladie très douloureuse liées à des tourments de la psyché et de l'âme
En poursuivant, le Pape François condamne ces maladies qui sont «principalement liées à des tourments de la psyché et de l'âme». Le Saint Père, en mettant en parallèle «la prédisposition à l'équilibre ou à la démesure; la capacité de rendre grâce ou la prétention arrogante à l'autonomie; l'empathie de ceux qui savent partager la nourriture avec les nécessiteux ou l'égoïsme de ceux qui accumulent tout pour eux-mêmes», rappelle les «anciens Pères qui donnaient au vice de la gourmandise le nom de "gastrimargie", terme que l'on peut traduire par "folie du ventre». C'est un vice qui se greffe sur l'un de nos besoins vitaux, l’alimentation.
Pour le Pape François, «la gourmandise est peut-être le vice le plus dangereux qui est en train de faire périr la planète». Le péché de ceux qui cèdent devant une part de gâteau, ne fait pas grand mal mais le Pape condamne «la voracité avec laquelle nous nous déchaînons sur les biens de la planète, qui compromet l'avenir de tous».
Il exhorte à suivre les traces de Jésus en étant «des hommes et des femmes "eucharistiques", capables d'action de grâce, discrets dans l'utilisation de la terre», et de nous laisser guérir par l'Évangile «de la gloutonnerie personnelle et de la gloutonnerie sociale».
08:23 Publié dans CULTURE DE PAIX : Mouvement de la Paix, ..., FOI, RELIGION, SPIRITUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)




















