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14/02/2019

INTERVENTION DE MICHEL DESBRUYERES, MEMBRE DE LA COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE, LORS DU GRAND DEBAT EN PRESENCE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

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Évry-Courcouronnes, le 4 février 2019

Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs

Au début de mon intervention, je voulais vous dire combien nous sommes heureux d’habiter dans nos quartiers.
La diversité des cultures, des origines, des croyances peut-être source de richesses si nous prenons le temps de nous rencontrer.
Richesses des habitants qui font preuve de solidarité, d’attention aux autres , d’engagement, de créativité.
Richesse aussi des intervenants , professionnels ou associatifs qui , avec les habitants , essaient de construire des ponts , de soutenir des initiatives, de permettre de dépasser les préjugés, de régler les conflits, malgré les grandes difficultés sociales rencontrés par beaucoup.
Difficultés mises en avant par les mouvements sociaux actuels, mais aussi par les élus, les corps intermédiaires et le rapport Borloo, d’une grande richesse, et dont nous regrettons qu’il ait été abandonné en grande partie.
Nous regrettons aussi que le gouvernement cherche à réformer la loi fondatrice de la laïcité qui nous permet de vivre ensemble avec nos grandes diversités. Lire la suite ... INTERVENTION DE MICHEL DESBRUYERES, lors du grand débat en présence du Président de la République.pdf

04/02/2019

DECES DU PERE JEAN DECHET, PRÊTRE DE LA MISSION DE FRANCE A L'ÂGE DE 104 ans

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La Communauté Mission de France, et l'équipe de BOBIGNY vous font part du décès du Père Jean DECHET le 28 janvier 2019 à l'âge de 104 ans.

Les obsèques ont été célébrées à la paroisse SAINT-ANDRE de BOBIGNY samedi 2 février. Il repose au cimetière communal de BOBIGNY, dans un caveau réservé aux prêtres. 

 

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« Tout près de la terre où reposent mes parents, tout près de ces lieux où ont vécu mon grand-père et mon père, s’élève une forêt de chênes. A côtés des taillis avec leur fouillis d’arbustes et de ronces, une futaie de grands chênes porte haut leur feuillage et la multitude des troncs verticaux évoque une immense cathédrale. Les chars des bûcherons aux grandes roues ferrées répercutent les cahots sur les pierres des chemins forestiers. Sur le sol une multitude de glands ; beaucoup essaient de germer en vain. La plupart seront mangées par des animaux de passage ou pourriront avec moisissures et champignons. Quel gland deviendra grand chêne semblable à celui qui l’a porté ? Je pense à la multitude des spermatozoïdes qui gravitent autour des ovules. Lequel donnera la vie ?
Le monde m’apparaît construit à partir d’un énorme gâchis. La réussite de la vie suppose une multitude d’échecs et l’évolution ne peut que confirmer le gâchis.
Transposant ce regard à notre histoire humaine depuis l’âge des cavernes, un énorme gâchis d’existences, de destins, d’avortements dans tous les sens du terme, s’étale à notre regard. Le dernier mot sera-t-il un immense ratage ou une réussite très coûteuse ? Entrer dans la vie, grandir, progresser, s’instruire, aimer : cela existe. Et avec Teilhard de Chardin tout cela prend forme et sens. Il regarde ce qui réussit et à la pointe, il y a Jésus-Christ. Mais il n’oublie pas qu’il faut assumer le mal, le négatif, la croix. »

             Jean est né à Moulins, le 25 novembre 1914. Enfance dans le Bourbonnais, adolescence dans les Vosges, lycée à Belfort puis Dijon, il suit les mutations de son père employé de la Banque de France. Influencé par sa grand-mère il pense à devenir prêtre. Au séminaire d’Issy-les Moulineaux, il découvre l’enfermement, l’isolement et reçoit une vision très scolaire du ministère : « les journaux étaient interdits, il fallait rester dans l’intemporel. Mais ce n’est pas ça la vie que Jésus a voulu en abondance ! »
              Ordonné en 1939 à Notre-Dame de Paris, il est envoyé comme vicaire aux Pavillons-sous-Bois dans la banlieue Est de Paris. Un an plus tard, il est mobilisé puis fait prisonnier en Allemagne dans la débâcle générale. Stalag 3 A, matricule 32686 ! Une captivité différente du séminaire, faite de débrouille, d’esquives, de rebellions : « Je vivais l’Evangile et le vrai sens des mots proximité, partage, solidarité avec mes camarades de captivité. » Il est affecté six mois au creusement d’un canal de dérivation de l’Elbe, puis la construction d’une poudrerie avant de travailler quelques mois dans un atelier de fabrication de lunettes. Finalement désigné aumônier d’un camp à l’est de Berlin, il sera employé au pesage du lait pendant trois ans, avec huit autres français compagnons d’infortune.
           A la Libération, il découvre la terrible réalité des rumeurs qui circulaient : l’Holocauste, les camps de concentration et la politique d’extermination des Juifs. Avant de revenir en France, il sert d’interprète à l’hôpital de Bergen-Belsen et perçoit, bouleversé, le drame de tant de jeunes hommes squelettiques, affamés, qui ont survécu à l’horreur des camps et de la guerre.
           En 1950, Jean est envoyé à l'équipe de Vitry. Il fait connaissance avec des prêtres de la Mission de France, qui sont passés au boulot. Il prend part aux sessions de Lisieux, où l’on cherche d’autres mots, d’autres attitudes pour vivre la mission, capables de faire entendre l’Evangile de la vie plutôt que de vouloir mettre les gens en règle avec la religion. La priorité, c’est de parler à égalité, de partager la vie ordinaire. Madeleine Delbrêl est bien présente dans cette recherche commune. Il fera partie des prêtres incardinés à la Mission de France en 1955, sans avoir suivi le séminaire de Lisieux.
           Le secteur de Vitry est confié à la Mission de France en 1954, année bien perturbée par la décision romaine d’arrêter l’expérience des prêtres-ouvriers. Tandis que Daniel Perrot négocie à Rome les statuts de la prélature, l’équipe de Vitry projette un pèlerinage sur le tombeau des Apôtres, malgré la grande réserve de P de Fontanges, alors curé de Saint-Hippolyte (Paris 13ème). Le Cardinal Ottaviani, du Saint-Office, apprend la visite de ces pèlerins, les convoque et fait part de son inquiétude sur les chômeurs de cette banlieue rouge. Puisque la municipalité communiste de Vitry s’en préoccupe, le Cardinal les encourage, à leur grande stupéfaction, à travailler avec eux.
            Avec l’explosion démographique de la Seine-Saint Denis, Jacques Le Cordier, futur évêque de Saint-Denis, demande une équipe à la Mission de France. En 1964, Jean arrive à Bobigny avec René Santraine, André Giroux et Claude Storm, rejoint par Claude Wiener en 1967. Ils assurent la responsabilité de la paroisse Saint-André. Tandis que la ville se transforme et devient préfecture, l’équipe participe à toutes sortes de combats pour la dignité et les droits humains. Côtoyant les militants communistes, Jean partagera de nombreux engagements avec eux, notamment au Mouvement de la Paix, au MRAP, au réseau Solidarité Palestine. Il participa à la fondation de l’Office du tourisme de Bobigny. La réconciliation franco-allemande lui tint particulièrement à coeur. Il sera notamment président départemental de l’Association française d’amitié avec la République Démocratique Allemande. Jusqu'à la chute du mur de Berlin, il s'est rendu tous les ans en RDA, « tisser inlassablement les liens qui désagrègent les murailles. » Toutes ces responsabilités lui firent connaître plusieurs générations d’élus avec lesquels il se lia d’amitié.
            Pendant 27 ans, il sera aussi l’aumônier de l’hôpital franco-musulman devenu hôpital Avicenne, ainsi que l’aumônier de Vie montante devenu Mouvement Chrétien des Retraités. Si l’Humanité n’est pas sa bible, ni La Croix sa Pravda, il lit quotidiennement ces deux journaux.
« Jésus-Christ a dit : Aime tous les hommes et plus particulièrement les pauvres, sans distinction de couleur de peau, de religion ou de philosophie. »
          Après 25 ans de bons et loyaux services au service de la paroisse, l’équipe de Bobigny achève un cycle pour vivre la mission autrement. La résidence Gaston Monmousseau accueille Jean qui vient d’avoir 75 ans. Il conserve de solides amitiés et contacts, poursuit ses engagements avec les Anciens combattants, le Mouvement de la Paix, parraine une ivoirienne sans papier, sans oublier sa fidélité aux échanges franco-allemands.
           A 99 ans, il entre à la maison de retraite Sainte-Marthe où il aura toujours plaisir à recevoir ses amis. Son centenaire, célébré à l’église Saint-André et à la mairie sera l’occasion de belles retrouvailles et d’un témoignage émouvant :
« Ce siècle passé, depuis la grande guerre en 1914, a des aspects décevants, mais je n’ai pas voulu me laisser enfermer dans la détresse et dans la peur. Dans le monde comme il est, avec ses essais et ses échecs, soyons tous des combattants pour la justice et la paix. Avec tous ceux qui luttent en ce sens, même s’ils se disent contre Dieu. Deux phares ont changé le cours de mon existence : Teilhard de Chardin qui a tenté une grande synthèse pour réconcilier la science et la théologie, et d’autre part la découverte de l’esprit de la Mission de France"

"Sans l'avoir jamais envisagé, je suis parvenu à l'âge de 100 ans. C'est une épreuve et en même temps, une preuve de l'amour de Dieu qui aime les pauvres. Parce que vieillir, c'est devenir pauvre."

Ses obsèques seront célébrées samedi 2 février 2019 à 10h
A l’église Saint-André de Bobigny – 7 av Oum Kalsoum 

Lire ... 2019 01 Jean DECHET (3).pdf 

26/01/2019

LES PLUS PAUVRES OUBLIES : ATD QUART MONDE S'INQUIETE DES ANNONCES PRESIDENTIELLES

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ATD QUART MONDE S’INQUIÈTE DES ANNONCES PRÉSIDENTIELLES
En réponse aux mobilisations des gilets jaunes, le Président de la République a annoncé une série de mesures répondant partiellement aux inquiétudes, légitimes, des salariés et retraités modestes. ATD Quart Monde déplore cependant que le Président de la République n’ait fait aucune annonce à destination des plus pauvres dans son allocution du 10 décembre, oubliant de fait ceux qui sont déjà les plus exclus..
Dans le discours tenu par Emmanuel Macron en réponse aux mouvements sociaux qui traversent la France depuis plusieurs semaines, aucune mention n’a été faite des plus pauvres : pas de revalorisation du RSA, rien pour les chômeurs, si ce n’est le risque qu’ils restent sur le bord du chemin à la faveur des annonces faites sur les heures supplémentaires défiscalisées. ATD Quart Monde regrette et condamne cet oubli de celles et ceux pour qui « l’état d’urgence économique et social » dure depuis de longues années.... Lire   LES PLUS PAUVRES OUBLIÉS.pdf 

18/01/2019

SEMAINE DE PRIERE POUR L'UNITE DES CHRETIENS 18 AU 25 JANVIER 2019

Semaine de prière pour l'unité des chrétiens -

Notre mission à tous

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Du 18 au 25 janvier, les églises et les temples résonneront de ces paroles : « Justice et paix s’embrassent. » Dans un monde en pleine convulsion, ce verset peut sonner comme une utopie. Pourtant, en aucun cas, les chrétiens ne peuvent se résigner. D’abord et pour reprendre les mots du pasteur Tullio Vinay, « L’utopie ce n’est pas l’irréalisable mais ce qui n’est pas encore réalisé » ! Ensuite et surtout, pour nous chrétiens, appelés à être « artisans de paix », la construction d’un monde juste et pacifié n’est pas une option : c’est un appel, une exigence.

Comment imaginer en effet que nous, disciples d’un homme, le Christ, qui n’a cessé de proclamer l’égal amour de Dieu pour tous ses enfants et leur égale dignité, puissions tolérer un monde fondé sur la loi du plus fort qui écrase et oppresse ? Comment imaginer que nous, disciples d’un homme supplicié et condamné à mort à l’issue d’un procès sans justice, nous puissions tolérer l’oppression de ceux qui crient pour un monde plus juste ?

La paix, dans la perspective chrétienne, ne saurait exister sans la justice : le livre du Deutéronome – probablement écrit au 6esiècle av. J.C – préconise la nomination de juges, qui ont une mission divine, au même titre que les prêtres : « Tu établiras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l’Éternel, ton Dieu, te donne, et ils jugeront le peuple avec justice. »

Mais la quête de la justice ne revient pas aux seuls juges : elle est notre mission à tous. Desmond Tutu, archevêque anglican sud-africain le rappelait par ces mots : « Notre dieu dit : dans la mesure où vous l’avez fait à un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. C’est parce que Dieu a dit cela que notre foi en Dieu commande l’obéissance de tout notre être dans le combat contre l’injustice. Combattre l’injustice (…) est un acte profondément religieux. Peux-tu imaginer le sens que prend l’évangile pour des gens dont la dignité est piétinée quotidiennement, pour ceux qui ont le nez collé à la poussière comme s’ils ne comptaient pour rien ? »

Notre famille humaine
Défendre ces personnes qui ne comptent pour rien : voilà la mission de l’ACAT, organisation chrétienne de défense des droits de l’homme depuis plus de quarante ans. Elle puise son inspiration dans deux textes, l’Évangile et la Déclaration universelle des droits de l’homme, textes qui ont en commun de nous exhorter à protéger les plus vulnérables en affirmant l’interdépendance de tous les hommes de la terre comme appartenant à la même famille humaine¹. Cette famille humaine, c’est celle dont parlait Fayçal, prisonnier au Liban depuis sa cellule, en évoquant les militants de l’ACAT qui le soutenaient :

« Ils ne me connaissent pas, ne sont pas du même pays, ni même de la même religion que moi. Mais ils ont fait de moi un membre de leur famille. J’attends les lettres chaque semaine comme une bouffée d’oxygène ; j’utilise un dictionnaire pour comprendre ce qu’ils disent. Certains m’envoient des photos, de belles cartes postales. Je ne pensais pas qu’il y avait des gens aussi humains sur la terre. Personne ne se soucie de moi autant qu’eux. »

 Unis dans la persévérance
Paix. Justice. Si ces mots ont un sens, nous nous devons de les convertir en des actions concrètes. Devant ces combats qui nous dépassent, comment ne pas baisser les bras ? La réponse tient dans notre confiance en Dieu, source inépuisable d’espérance. Nous pouvons compter sur nos propres forces, mais aussi sur le Seigneur, agissant

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« comme si nous faisions tout et priant comme si Dieu faisait tout », comme le disait une militante acatienne. Ce que nous pouvons faire, nous, ce sont des actes simples : nous informer, alerter, écrire, manifester, sensibiliser…

Mis bout à bout, ils changent la situation de personnes qui n’ont plus d’espoir. Alors que le monde vient de célébrer le 70e anniversaire de la déclaration des droits de l’homme qui proclame, comme le fait l’Évangile, la dignité de tout homme, nous lançons un appel : nous tous, chrétiens, mettons toutes nos forces à secourir les plus faibles, à protéger les droits de chacun afin que, partout, « justice et paix s’embrassent » et qu’ensemble, en faisant cela, nous réalisions un chemin d’unité.

1. Le préambule de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 va dans le même sens : « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde… »

Source Acat France
©mcr-janvier 2019 

17/01/2019

GRAND DEBAT NATIONAL, TEMOIGNAGE CHRETIEN

Grand débat national, TC participe

C’est parti ! TC s’associe pleinement au grand débat national, et entend formuler, avec vous, des propositions constructives.

Temoignage Chretien Publié le 

Quatre thèmes sont portés à la réflexion et la créativité des citoyens : Comment mieux accompagner les Français dans leur vie quotidienne pour se loger, se déplacer, se chauffer ? / Comment rendre notre fiscalité plus juste, plus efficace, plus compétitive et plus lisible ? / Comment faire évoluer la pratique de la démocratie et de la citoyenneté ? / Comment faire évoluer l’organisation de l’État et des services publics pour les rendre plus proches des Français et plus efficaces ?

Sur cette base, Emmanuel Macron suggère une trentaine de questions. Mais, bien sûr, chacun est libre de formuler les siennes.

Nous pensons qu’une telle circonstance ne peut être comptée pour rien. La démocratie est un bien précieux qu’il faut faire vivre avec les moyens et les possibilités, les contraintes et les circonstances qui sont celles de notre temps. Il y a quatre années déjà, Témoignage chrétien, constatant l’épuisement de notre cadre constitutionnel, avait rédigé une proposition de nouvelle Constitution. Le texte en est de nouveau disponible sur notre site et il peut être téléchargé en PDF en cliquant ici. Nous y avions introduit une part assez importante de processus participatif. C’est dire que nous ne nous trompions guère dans l’analyse des symptômes qui minaient la République et notre vie politique. Cette proposition peut servir de cadre à la réflexion institutionnelle.

Sur les autres sujets, nous allons vous proposer plusieurs lettres doubles qui vous permettront d’avoir un état des lieux sur chacune des grandes thématiques.

La première portera sur la fiscalité, et rappellera précisément quels sont les différents types d’impôts, comment ils sont prélevés, sur quelle assiette, et à quoi ils sont attribués.

Ces informations factuelles seront enrichies d’éclairages, d’analyses et de propositions.

Parallèlement, nous allons ouvrir un espace de discussion sur le site, afin de recueillir vos idées et vos suggestions. Vous pouvez aussi participer en nous écrivant directement, par courrier postal (28, rue Raymond Losserand – 75014 Paris) ou électronique (redac@temoignagechretien.fr).

Nous verserons alors au débat public les contributions de nos lecteurs et lectrices selon les modalités qui seront définies par la CNDP.

TC

16/01/2019

BEATIFIFICATION DES MARTYRS D'ALGERIE -TEMOIGNAGE DE L'ONCE DE CHRISTIAN DE CHERGE

Je vous envoie un texte écrit par Hubert de Chergé (mon père), en réaction à la Béatification des Martyrs d’Algérie, début décembre 2018, à Oran; 

Parmi lesquels les 7 moines de Tibhirine, dont Christian de Chergé (frère aîné de mon père et mon oncle) était le Prieur… Charles de CHERGE, (oncle de Christian de CHERGE)

Hubert de Chergé 24 décembre 2018

HUBERT DE CHERGE.jpgPhoto HUBERT DE CHERGE

Une béatification pour Aujourd’hui placée sous « le signe d’Oran », celui de la rencontre.
Comment oublier le merveilleux accueil de l’Algérie ?
Comment ne pas être bouleversés par cette célébration du 8 décembre 2018 unissant nos 19 martyrs aux 200000 victimes algériennes de la décennie noire ?
Comment être porteurs de ce message de fraternité sans frontières ?
Ces martyrs sont des témoins d’une Espérance à vivre aujourd’hui.
Le drame traversé par l’Eglise d’Algérie mêlant son sang à un peuple meurtri et qui l’aime a pris des dimensions planétaires.

Le signe d’Oran, ce sont les extraordinaires rencontres vécues au long de ces trois journées entre Oran, Tibhirine et Alger. Témoignages tout simples, du coin de la rue, avec des anonymes qui tous ont eu des proches tués ou disparus, sont heureux de trouver en nous des croyants et qui rêvent d’un monde où ensemble nous puissions être, contre les fondamentalismes à l’origine de tant de violence, des artisans de paix et de justice. Le signe d’Oran, ce sont, parmi d’autres, deux images inoubliables. Celle des mains étroitement liées l’une à l’autre de la sœur de Mgr Claverie et de la mère de Mohamed Bouchiki, qui revivent dans ce lien d’âme à âme, l’amitié de Pierre et Mohamed tués ensemble le 1er août 1996. L’autre image de rêve, c’est aussi celle de Tayeb, le fils de Mohamed, au milieu de la famille de Christian, renouant ainsi une amitié vécue jusqu’au don de sa vie par l'« l’ami parti devant » le 8 novembre 1959 et retrouvé grâce à Fadila Semai. Le signe d’Oran, ce sont ces retrouvailles à Tibhirine entre le Père Jean-Pierre, dernier survivant des moines et les hommes du village. Etreintes longues et lumineuses : « Nous attendions ce jour depuis 20 ans, nous l’avons revu et il nous a revus ! … » Puis, moments comme suspendus : Youssef et Samir conduisant avec tant de respect et de tendresse JeanPierre sur les tombes et s’arrêtant sur chacune pour redonner vie à chaque frère à travers leurs silences habités et leurs quelques mots et anecdotes échangés. Cette béatification extraordinaire, célébrée dans l’émotion et la simplicité, nous a donné à voir un signe plein d’A-venir sur les belles pages à écrire entre la France et l’Algérie, par-delà les drames du passé, dans l’esprit de ces amitiés qui sont allées de part et d’autre jusqu’au don
de leur vie. De même cette béatification inédite en terre d‘islam donne un éclairage saisissant sur l’émulation spirituelle vécue dans le respect mutuel entre l’Eglise d’Algérie et le peuple algérien et sur une relation placée si naturellement dans un esprit de service. Plus globalement, cette béatification de la rencontre donne un message plein d’espoir à tous « les frères en humanité » croyants ou incroyants : quand les murs tombent, les bâtisseurs de paix peuvent construire des ponts.

15/01/2019

PARTICIPATION : EFFET DE MODE OU REVOLUTION

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Par : Aurore Chaillou L'ÉQUIPE DE RÉDACTION 

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Clic sur photo pour lire l'article ou voir ci-dessous

Participation : effet de mode ou révolution ?

Associer les habitants, les bénéficiaires ou les usagers aux actions qui les concernent : le principe semble acquis pour nombre de collectivités, d’associations, de bailleurs. Mais est-ce au point de partager le pouvoir ? Quelles formes doit prendre la participation pour bousculer l’ordre établi ?

« Participer » pour secouer le pouvoir


« Enfin, nous avions le droit de donner notre avis. Enfin, nous étions des êtres humains à part entière. » Gilberte Brossolette, femme politique et résistante, se remémore ainsi le 29 avril 1945, ce jour où les femmes françaises purent voter pour la première fois. Aujourd’hui, le droit de vote n’est plus synonyme ni de reconnaissance des individus ni de vigueur démocratique. Abstention, vote blanc, méfiance à l’égard des élus, la démocratie représentative est en crise. Comment, alors, réconcilier les citoyens avec la chose publique ? C’est le défi de la démocratie participative. Mais pourquoi « participative » ? La démocratie n’est-elle pas le « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » (Abraham Lincoln, 1809-1865) ? C’est qu’un gouvernement « par le peuple » et « pour le peuple » n’est jamais acquis. lire ...  https://www.revue-projet.com/questions-en-debat/participa...

 

28/12/2018

ECHOS D'UN VOYAGE EN PALESTINE

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CHOISIS LA VIE : une terre en attente de paix.

Martine COOL, communauté Mission de France

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Du 18 au 27 novembre j’ai sillonné la Palestine, dans le cadre d’un voyage organisé par l’hebdomadaire La Vie, à la rencontre d’acteurs de la paix : tous nous ont dit : racontez ce qui se passe ici, ne nous laissez pas seuls, l’opinion publique internationale est notre dernière planche de salut ! Ce texte tente humblement de répondre à ce cri … on dit que les petits ruisseaux font les grandes rivières….
Vendredi 23 novembre – Camp de réfugiés Al Rowwad, à Bethléem, créé en 1948.
6400 réfugiés – dont 66% ont moins de 18 ans – vivent sur un terrain de 4 hectares. L’un d’entre eux, né dans ce camp, qui a réussi à en sortir pour faire des études en France, a décidé d’y revenir pour fonder en 1996 un centre culturel appelé « Belle résistance ». Une démarche non-violente pour inviter les jeunes à vivre pour la Palestine, plutôt que de mourir pour la Palestine. Par le théâtre, la danse, la musique, des tournées organisées dans le monde, des enfants sortent de l’enfermement, découvrent « un monde libre, normal ». L’initiative a reçu un prix international d’entreprenariat social.
« On ne peut pas se permettre le luxe du désespoir… toute résistance est légitime, armée ou non armée ; notre but est de donner de l’espoir aux enfants en leur permettant de créer leur avenir ; ce n’est pas un projet, c’est une mission de vie ! » LIRE LA SUITE ... 
Choisis la vie. Echos d'un voyage en Palestine.pdf

27/12/2018

2019 : TENIR, RESISTER, COMBATTRE

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« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière ! » Puissions-nous méditer ce vers d’Edmond Rostand (Chantecler) tandis que s’achève l’année

Publié le 27 décembre 2018, par Temoignage Chretien 

Plus que jamais, il nous faut cultiver l’optimisme, et même l’espérance, tant le monde montre un visage brouillé. L’égoïsme tient le haut du pavé, la puissance s’affirme dans sa brutalité. Poutine, Trump, Erdogan et maintenant Bolsonaro au Brésil font assaut de déclarations viriles. Bachar est toujours là ; Netanyahou aussi, même si des affaires de corruption sont en passe de le rattraper.

Dans la vieille Europe, les démocraties chancellent, y compris là où elles semblaient le mieux assurées. Au Royaume-Uni, le Brexit divise toujours autant, jusqu’à ses partisans. La Belgique vient encore de perdre son gouvernement, et nul ne peut dire quand elle en aura un nouveau. En Allemagne, Angela Merkel, qui a annoncé son départ, gouverne prudemment de peur de faire vaciller la fragile coalition qui la soutient. Au sud, si l’Espagne montre une certaine stabilité malgré un gouvernement franchement minoritaire, l’Italie, elle, se vautre avec une sorte de joie mauvaise dans le populisme de Salvini et consorts. Et ne parlons pas de la Pologne ou de la Hongrie, où les droits fondamentaux sont foulés aux pieds par des leaders droitiers et populistes. Quant à la France, une violente fièvre jaune y ébranle non seulement le gouvernement mais aussi le monde politique et syndical.

Au cœur de ce déferlement d’égoïsmes nationaux, la COP24 s’achève sur un échec et le monde fonce dans le mur du réchauffement climatique dans une indifférence quasiment générale. 2019 s’annonce et tout peut aller vers le pire, il semble même que ce soit la pente naturelle des choses.

C’est là qu’il faut « croire à la lumière ». C’est dans ces moments de l’histoire que parfois des hommes et des femmes se lèvent et s’opposent à un cours des évènements qui paraissait irrésistible. C’est le moment d’engager les bons combats en gardant la tête froide. Pour la démocratie, d’abord, en nous opposant à tous les dérapages démagogiques. Pour l’Europe ensuite, qui est la bonne dimension pour influencer le cours de l’histoire. La France peut peser en Europe, et l’Europe peut peser dans le monde. En 2019, TC fera entendre cette voix. Elle est certes petite, mais, avec vous, nous comptons bien la faire résonner haut et fort.

TC 

16/12/2018

COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE - EDITO -

favart.JPGNe rien lâcher

Maintes fois, ce commentaire convenu meuble l’attente à la mi-temps d’un match dont l’issue reste incertaine. On l’a retrouvé inscrit sur les gilets jaunes. Que faut-il ne rien lâcher au plus fort de la lutte ? Une revendication, un territoire, un chiffre, un os à ronger ?

Plusieurs médias ont sollicité nos propres commentaires : « vous qui êtes sur le terrain, vous qu’on devine présents sur les ronds-points, que pensez-vous des gilets jaunes ? »

Maintes et maintes fois, j’ai tempêté contre la métropolisation, la relégation des territoires ruraux, la disparition des services publics de proximité, le court-circuit jusqu’au mépris des corps intermédiaires, la financiarisation de l’économie aux dépens des travailleurs, la confiscation des leviers du pouvoir par une élite sociale formatée et convoitée par de grandes écoles.

Mais je n’avais pas imaginé les modalités d’une colère hors cadre, d’une révolte hors délégation représentative. Les réseaux sociaux ont-ils rendu caduques les formes traditionnelles de députation ? Combien de manifestations, comme la loi travail par exemple, se sont heurtées à un mur, se sont vu brisées par un dialogue de sourds ?

Alors, que faut-il ne pas lâcher ?

Plus je lis les commentaires de cette révolte, plus je crois que c’est la dette mutuelle qu’il ne faut pas lâcher. Qu’on l’appelle impôts ou taxes, la dette c’est ce qui nous fait tenir ensemble, à cause même de la pluralité des milieux sociaux, des appartenances, des opinions, des modes de vie.

La dette est au cœur de la question du bien commun, à condition qu’elle soit socialement juste, qu’elle soit portée équitablement, et qu’elle permette la redistribution effective non seulement des richesses, mais aussi celle du pouvoir d’agir et de décider.

Oui, il ne faut pas lâcher ceux qui font violence en prenant la tangente de l’évasion fiscale, en trichant avec l’intérêt général, en moissonnant à court terme sans semer pour l’avenir. L’utilisation de droits sans devoirs correspondants se révèlent mortifère pour le tissu social. Encore faut-il faire la différence entre le profit et le bénéfice (ce qui fait du bien à la société). Et n’être point sourd à ce que représente spirituellement le devoir mutuel.

« Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à ceux qui nous doivent ».

La dette entre générations, la dette envers la terre et ceux qui la cultivent, la dette envers les élus de terrain, la dette envers les mouvements d’éducation populaire, la dette envers tous les militants du monde syndical, les bénévoles du monde associatif. La dette envers ceux qui ont faim, qui collectent nos déchets, qui soignent ou prient jour et nuit, qui n’ont pas de place dans la maison commune.

Et toi, là-haut ou là-bas, sais-tu à qui tu dois d’être là ?

 Arnaud Favart

Vicaire général de la Mission de France