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16/12/2018

COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE - EDITO -

favart.JPGNe rien lâcher

Maintes fois, ce commentaire convenu meuble l’attente à la mi-temps d’un match dont l’issue reste incertaine. On l’a retrouvé inscrit sur les gilets jaunes. Que faut-il ne rien lâcher au plus fort de la lutte ? Une revendication, un territoire, un chiffre, un os à ronger ?

Plusieurs médias ont sollicité nos propres commentaires : « vous qui êtes sur le terrain, vous qu’on devine présents sur les ronds-points, que pensez-vous des gilets jaunes ? »

Maintes et maintes fois, j’ai tempêté contre la métropolisation, la relégation des territoires ruraux, la disparition des services publics de proximité, le court-circuit jusqu’au mépris des corps intermédiaires, la financiarisation de l’économie aux dépens des travailleurs, la confiscation des leviers du pouvoir par une élite sociale formatée et convoitée par de grandes écoles.

Mais je n’avais pas imaginé les modalités d’une colère hors cadre, d’une révolte hors délégation représentative. Les réseaux sociaux ont-ils rendu caduques les formes traditionnelles de députation ? Combien de manifestations, comme la loi travail par exemple, se sont heurtées à un mur, se sont vu brisées par un dialogue de sourds ?

Alors, que faut-il ne pas lâcher ?

Plus je lis les commentaires de cette révolte, plus je crois que c’est la dette mutuelle qu’il ne faut pas lâcher. Qu’on l’appelle impôts ou taxes, la dette c’est ce qui nous fait tenir ensemble, à cause même de la pluralité des milieux sociaux, des appartenances, des opinions, des modes de vie.

La dette est au cœur de la question du bien commun, à condition qu’elle soit socialement juste, qu’elle soit portée équitablement, et qu’elle permette la redistribution effective non seulement des richesses, mais aussi celle du pouvoir d’agir et de décider.

Oui, il ne faut pas lâcher ceux qui font violence en prenant la tangente de l’évasion fiscale, en trichant avec l’intérêt général, en moissonnant à court terme sans semer pour l’avenir. L’utilisation de droits sans devoirs correspondants se révèlent mortifère pour le tissu social. Encore faut-il faire la différence entre le profit et le bénéfice (ce qui fait du bien à la société). Et n’être point sourd à ce que représente spirituellement le devoir mutuel.

« Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à ceux qui nous doivent ».

La dette entre générations, la dette envers la terre et ceux qui la cultivent, la dette envers les élus de terrain, la dette envers les mouvements d’éducation populaire, la dette envers tous les militants du monde syndical, les bénévoles du monde associatif. La dette envers ceux qui ont faim, qui collectent nos déchets, qui soignent ou prient jour et nuit, qui n’ont pas de place dans la maison commune.

Et toi, là-haut ou là-bas, sais-tu à qui tu dois d’être là ?

 Arnaud Favart

Vicaire général de la Mission de France

05/12/2018

LES ACTUALITES DE LA MISSION DE FRANCE

Béatification des 19 martyrs de l'Eglise d'Algérie

Toute la communauté de la Mission de France s'associe dans l'amitié et la prière à ceux et celles qui sont réunis à Oran, à l'occasion de la béatification des 19 martyrs de l'Eglise d'Algérie.

Depuis près de 70 ans, des prêtres et des laïcs de la Mission de France ont partagé et partagent aujourd’hui encore la vie des populations d’Algérie. Cette communauté de destin s’est vécue dans les heures de joies comme dans les moments de drame et de souffrances. Communauté de destin qui les a conduits à rester aux côtés du peuple algérien au moment de l’indépendance comme durant « la décennie noire ». Avec les sœurs et frères béatifiés, et avec tant d’autres, ils ont partagé le même engagement et vécu les mêmes risques.

Aujourd’hui, avec l’Eglise qui vit en Algérie, nous voulons rendre grâces à Dieu pour ces 19 martyrs, hommes et femmes, qui ont vécu jusqu’au bout l’amitié et la solidarité avec le peuple algérien et ont donné leur vie par amour, à la suite de Jésus. Si leur témoignage nous invite à rendre grâces à Dieu, il nous trace aussi une route et nous engage à inventer, aujourd’hui, entre les deux rives de la Méditerranée et là où nous vivons en France, des chemins de rencontre et de fraternité. Que Dieu nous en donne la grâce et l’audace !

Hervé Giraud, prélat de de la Mission de France,

L'équipe épiscopale,

Jean Toussaint, Jean-Marie Lassausse, Christophe Roucou

Retransmission dimanche 9 décembre sur KTO : >>>

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Fred Ozanne sur le site aletia.org

"Père Fred, un maçon pour le Très-Haut" :

Lire l'article : >>>

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 Samedi 8, dimanche 9 décembre 2018, à Paris

L'association Jean Debruynne "En Blanc Dans le Texte" est partenaire du spectacle.

Le scénario a été écrit à partir du recueil de témoignages de réfugiés. Ils seront sur scène avec 50 autres acteurs bénévoles. On y découvre leur histoire, leur culture, leurs espoirs et leurs rêves, leurs questions. Des textes de Jean y sont repris.

Auditorium Saint Germain - 75006 Paris

 >>> En savoir plus

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NOEL DANS LE METRO,

Samedi 22 décembre de 14h à 19h, Paris métro Opéra , "Vivre et faire vivre Noël dans le métro" 

Espace inattendu pour faire une pause là où tout le monde court, s’exprimer sur les murs et se rencontrer là où personne ne se parle, vivre un moment gratuit plutôt que l’hyperconsommation, faire la fête ensemble plutôt que chacun chez soi… S’ouvrir à autre chose, à un autre qui se manifeste de façon inattendue !

Suivi d’un repas partagé et d’une veillée pour relire et célébrer à partir de 20h au 13 rue Paul Bert à Ivry sur Seine. 

Répétitions: Au 13 rue Paul Bert à Ivry sur Seine, M°14, 7; Olympiades, Porte d’Ivry, Mairie d’Ivry Jeudi 22 novembre 19h30-22h30

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28/11/2018

BEATIFICATION DES MARTYRS D'ALGERIE

A l'occasion de la béatification des martyrs d'Algérie, le Père Raphaël Deillon, Père Blanc, délégué diocésain pour les relations avec les musulmans, témoigne des années passées dans ce pays avec ses frères et sœurs missionnaires, la communauté chrétienne et nous dit les liens tissés avec ce peuple d'Algérie.

cliquez sur la photo pour regarder la video : 

https://vimeo.com/302800852

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13/11/2018

MAUDITE SOIT LA GUERRE -

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MAUDITE SOIT LA GUERRE
De 1918 à 2018 !
Partout en France, on a fait mémoire de cette saignée du siècle qui endeuilla tant de familles et de territoires.
Pourquoi la guerre ?
Quelque part sur le Plateau de Millevaches, des anarchistes, des troskystes, des libres penseurs, des pacifistes se sont succédés devant cet enfant au point rageur, sans avoir pu s’accorder en un hommage commun. Quand il s’agit d’être contre, c’est assez facile de rallier les suffrages. Quand il s’agit d’être pour, la tâche est autrement ardue. Pourquoi ce monde est-il habité de violence plutôt que d’innocence ?
Je ne puis tenter de répondre à ce mystère sans m’interroger sur la propre violence que je suis capable de déchainer, y compris à mon insu. Surtout à mon insu. Le mal s’infiltre et ne lâche jamais prise volontairement. Etre un homme ou une femme de paix ne se décrète pas à coup de déclaration. Il s’agit bien d’apprendre à lâcher prise, de renoncer à mettre la main sur autrui. C’est une école de conversion, pas une résignation. Une décision chaque jour renouvelée de se laisser désarmer. « Le Dieu de l’Evangile est un Dieu désarmé qui invite l’homme à se désarmer afin de désarmer l’autre. » (Christian de Chergé)
Arnaud Favart, Vicaire général de la Mission de France

07/11/2018

COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE - PROFESSION SOLENNELLE DE FRERE PAUL, JACQUES MEUNIER

Profession solennelle de frère Paul Jacques MEUNIER, le 1er novembre à l'abbaye de Sainte-Marie de la Pierre qui vire.

          

 Profession de foi monastique de Frère Paul 1er novembre 2018

 Cher Jacques, cher frère Paul,

Permets-moi de t’adresser quelques mots au nom de la Mission de France, de ses prêtres, diacres et laïcs, évêques d’hier et d’aujourd’hui. En m’adressant à toi, je m’adresse aussi aux frères de la Pierre-qui-Vire, à ta famille, à l’assemblée réunie pour célébrer la Toussaint. Les uns stables, les autres mobiles, une longue histoire avec les frères bénédictins nous rend complices sur le chemin de la prière, de la quête de Dieu, de la contemplation et la louange.

L’ouvrier, le professeur et le missionnaire.

Non, ce n’est pas le titre d’un livre où dialogueraient trois personnalités. Il s’agit de toi, de ton chemin de vie, passé par les ateliers de mécanique du côté de Gennevilliers, passé par l’Université de Paris pour apprendre le chinois, puis par les Universités de Pékin, Wuhan et Chongqing pour enseigner le français.

30 ans, pour que le soleil du dialogue se lève de l’Orient à l’Occident.

30 ans, où tu as été plongé dans cette foule immense qui ne connait pas le Christ. Avec Jean de Miribel, avec Françoise Pinot, Jacques Leclerc, Jean-Pierre Fouilleul, et bien d’autres, vous avez discrètement partagé le quotidien des chinois. Vous êtes allés à la rencontre de l’Esprit qui parle à travers la multitude des peuples et des sagesses d’Orient. Eux aussi ont subi la grande épreuve, eux aussi ont cherché la lumière, celle qui tient ses promesses quand la charité se fait service des frères et sœurs en humanité.

30 ans, tu as été un témoin privilégié de l’ampleur des changements qui ont bouleversé la société chinoise après la révolution culturelle. Aujourd’hui, que reste-t-il de la révolution et de l’ambition maoïstes ? La Chine a décollé économiquement. Il le fallait pour sortir de la misère.

A quel prix humain, écologique, spirituel ? ....

 Texte de l'intervention d'Arnaud Favart à l'attention de frère Paul >>><<<<

LETTRE OUVERTE A L'ASSEMBLEE DES EVÊQUES DE FRANCE EN FAVEUR DU DESARMEMENT NUCLEAIRE

 

 COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE

 

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 Frères en Christ,

 Depuis quelques jours, vous êtes réunis à Lourdes. 

A l’approche du centième anniversaire de l’armistice de 1918, nous attendons une parole forte et prophétique en faveur de la paix et du désarmement nucléaire.

Vouloir la paix, vouloir la vie, les catholiques ne peuvent se taire !

En 1983, les évêques de France se sont exprimés dans un document intitulé Gagner la paix. Depuis 35 ans, le monde n’a pas été épargné par les conflits si meurtriers pour les populations civiles. A cette époque, une politique de dissuasion nucléaire avait été encore jugée acceptable.

 Pour mémoire :

Le 7 juillet 2017, 122 pays se mettaient d’accord sur le texte du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), lequel interdit la fabrication, la possession et le transfert d’armes nucléaires sur le territoire des Etats parties.

Le 20 septembre 2017, jour d’ouverture à ratification du TIAN, le Saint-Siège a été le premier à signer le Traité. Plus de 60 pays l’ont signé et 19 l’ont ratifié, ouvrant l’espoir que ce TIAN entre en application en 2019, malgré les obstructions dont font preuve les Etats dotés de l’arme nucléaire Lire ... 2018-10-15-Lettre-aux-évêques de France désarmement nucléaire.pdf

03/11/2018

"LA VERITE NOUS RENDRA LIBRES "

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La vérité nous rendra libres

 

PEDOTTI.jpgChristine PEDOTTI Photo : Danny Howard

Voilà maintenant un mois que nous avons lancé un appel afin qu’une commission d’enquête parlementaire se penche sur les crimes de pédophilie et leur dissimulation dans l’Église catholique. S’il fallait nous convaincre de la pertinence de notre initiative, il n’est qu’à voir où nous en sommes aujourd’hui. Pour l’épiscopat, il n’est plus possible de prétendre que cette question est ancienne et que « tout est fait ». Non, tout n’est pas fait, et tout reste à faire.

Les Français – et tout particulièrement les catholiques –, interrogés par sondage, ont plébiscité cette commission. Tous les grands médias ont relayé notre demande et le monde politique a pris conscience que cette question le concernait aussi. Nous n’en avons pas tout à fait terminé puisqu’il est encore possible que l’Assemblée nationale s’empare du sujet. En tout cas, l’assemblée des évêques à Lourdes sera observée de très près. Décidera-t-elle de réunir une commission ad hoc ? ...LIRE...La vérité nous rendra libres TC.pdf

29/10/2018

"LE VATICAN S'EST ENGAGE A PROTEGER LES ENFANTS"

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La Croix, Lundi 29 octobre 2018 Alors que l’Église traverse une crise profonde liée aux scandales d’abus sexuels, « La Croix » a demandé à des personnalités des pistes pour en sortir.

Marie DERAIN Juriste spécialiste des droits de l’enfant (1)

Dans la nuit du 13 mars 2013, un vieil homme en blanc s’avance sur le balcon de la basilique Saint-Pierre. Il nous dit deux choses en apparence banales : « Bonsoir », et « priez pour moi ». Pourtant quelle espérance !

Une révolution en profondeur est engagée, celle de la simplicité, de la proximité, du partage du quotidien des hommes et des femmes de notre temps, de leurs questions et des bruits du monde. Nous sommes alors nombreux à percevoir en François celui qui fera bouger l’Église. En nous demandant de prier pour lui, il renverse l’ordre de la relation, il nous invite à prendre notre part…

Cette rupture vient questionner le positionnement des clercs, la gouvernance de l’Église. Elle appelle à faire plus de place à la collégialité et au dialogue. Là où, dans le monde, émergent les notions de participation, une logique plus synodale et humble est convoquée au cœur du fonctionnement ecclésial.

Cette critique du cléricalisme déstabilise certains prêtres comme certains laïcs. Nous savons pourtant que le positionnement du prêtre peut être tout autre. J’ai connu, comme vice-présidente des Scouts et Guides de France, des aumôniers soucieux de partager les responsabilités de l’annonce de l’Évangile, avec des plus jeunes, avec des femmes. Dans son inspiration ignatienne, la spiritualité scoute se nourrit d’abord de la vie du camp, de la relecture invitant les plus jeunes à trouver les traces de la présence du Christ. Une catéchèse de l’ordinaire en quelque sorte. Le rôle d’accompagnateur de l’aumônier scout est indispensable, s’il accepte la place de révélateur plus que celle de prédicateur.

Ce compagnonnage entre clercs et laïcs est encore plus fort avec la communauté Mission de France. En toute humilité, prêtres et non prêtres partagent en simplicité la mission reçue. Ils cherchent ensemble, y compris sur les chemins ardus de la théologie. En devenant communauté en 2002, la Mission de France a bien compris que la coresponsabilité était le salut, mais il aura encore fallu quinze années pour qu’en 2017, l’assemblée générale décide de confier à une femme un rôle clé dans la gouvernance.

Je crois fermement qu’il y a quelque chose à transformer du côté du rôle des femmes. Le pape François a appelé l’ensemble des dicastères à intégrer dans leurs réflexions une approche spécifique par le genre : comment aborder tel ou tel sujet de réflexion du point de vue des femmes ? J’y ai participé, en juin 2017, avec le dicastère pour le dialogue interreligieux. De nombreux évêques, d’Asie, du Moyen-Orient relataient les expériences foisonnantes de femmes engagées, actives dans le monde entier, à l’origine d’initiatives d’accueil, de dialogue, dépassant les craintes des différences. Ils les ont laissées faire.

Aujourd’hui, les femmes doivent davantage pouvoir accéder à des fonctions de responsabilités.

Enfin, rappelons-nous que tous les pays du monde sont signataires de la convention des droits de l’enfant. Tous les pays, y compris le Vatican, se sont engagés à protéger les enfants. Une autre condition pour rétablir la confiance consiste à parvenir à mener à son terme une opération de vérité à propos de la pédocriminalité. D’autres pays l’ont fait. L’Église de France ne pourra s’en exonérer. Les agressions sexuelles sur les enfants, en plus d’être des violences physiques, sont à la fois des traumatismes psychologiques, des crimes contre la société et des actes de trahison spirituelle. L’Église, sans équivoque, doit prendre le parti des victimes et participer à leur réparation.

Les connaissances grandissantes des effets à long terme des violences obligent aujourd’hui à ne plus en faire seulement une affaire de spécialistes. Chacun doit participer à créer des environnements bienveillants, sans violence à l’égard des enfants, des jeunes. Cela passe par la formation au repérage des abus sexuels et à leurs effets sur le développement des enfants. Cela passe par un accompagnement sérieux de la dimension psychoaffective dans la formation des prêtres, et tout au long de leur ministère.

Le Christ a toujours défendu le plus faible et le plus vulnérable. Il a dit : « Laissez venir à moi les petits enfants. » Il témoignait ainsi de l’inversion de l’échelle de valeurs : le plus petit d’entre nous est le plus sacré au regard du message évangélique. Il n’est pas possible, au risque de mettre en péril l’Église, institution et peuple de Dieu, qu’un des membres de la communauté en dévoie le message en s’attaquant au plus faible. Tout acte d’atteinte sexuelle est une violence. L’Église doit le reconnaître sans ambiguïté. Le chemin est encore long, mais prenons notre part dès aujourd’hui. Restons en tenue de service… Tenons notre lampe allumée.

(1)repères

Engagée dans la protection de l’enfance   MD.jpg
Née en 1969 en Saône-et-Loire, Marie DERAIN découvre le scoutisme en 1986.

Elle s’engage en 2002 avec la communauté Mission de France.

Cinq ans plus tard, elle devient vice-­présidente des Scouts et Guides de France.

Après des études de droit, elle est entrée en 1997 à la protection judiciaire de la jeunesse (ministère de la justice). En 2011, elle devient défenseure des enfants, adjointe de Dominique Baudis alors défenseur des droits. Elle est aujourd’hui chargée d’animer un conseil d’orientation des politiques publiques en matière de protection de l’enfance.

28/10/2018

DES PRÊTRES LA OU ON NE LES ATTEND PAS... ENVOYES EN EQUIPE

Communauté Mission de France

Dernier clip de la trilogie Des prêtres là où on ne les attend pas ! Après un premier clip présentant la réalité d'une vie de prêtre au travail et un second ...

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" NOUS CHRETIENS SOCIAUX "

La Croix, Samedi 27 octobre 2018 : « Nous, chrétiens sociaux » 

À la veille des Semaines sociales de France sur l’avenir du christianisme social, quatre catholiques témoignent du lien entre leur foi et leur engagement.

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Père Benoit Blin 35 ans, prêtre de la Mission de France à Marseille

Sans théoriser mon engagement, j’essaie de vivre l’Évangile »

« J’ai été ordonné en juin à ¬Marseille avec la responsabilité de rejoindre et saisir les questions du monde de l’industrie – je travaille dans une entreprise spécialisée dans l’énergie solaire. Il s’agit aussi d’être présence d’Église auprès de ceux qui n’ont rien à lui demander. Je ne revendique pas vraiment l’expression de christianisme social , même si je me reconnais dans ses implications, car j’ai tendance à me méfier des étiquettes, sources de clivages. C’est peut-être un fait de génération.
Sans théoriser mon engagement, j’essaye de vivre l’Évangile, qui comporte une tonalité sociale de bout en bout, et de vivre ses exigences. Ces derniers mois, ma société a traversé des temps difficiles avec des conflits sociaux. Je m’efforce d’être un facteur d’apaisement et de réconciliation mais aussi une oreille attentive et disponible pour mes collègues. Je ne crie pas sur tous les toits que je suis prêtre mais je les laisse le découvrir sans m’imposer. Je crois chaque jour un peu plus dans ce contact quotidien avec des personnes qui souvent ont une image très déformée de l’Église. L’irruption d’un prêtre dans leur vie change les regards. J’étais attiré par cette confrontation avec ceux qui ne sont pas chrétiens, une rencontre qui enrichit et oblige à parler autrement de la foi. »

Recueilli par Arnaud Bevilacqua

AB.jpg "Si je peux être proche des gens là où je suis… »
Mireille Buron,
54 ans, comédienne à Chaponost (Rhône)

« Cette expression de “christianisme social sonne pour moi comme un pléonasme. Jésus nous parle d’amour : cela nous envoie tout de suite vers les autres ! Pour moi, c’est une évidence, et je ne vois pas comment je pourrais vivre ma foi autrement. J’entends dans ce mot social une attention à l’autre vécue dans le quotidien : être à l’écoute du petit, de celui qui a besoin qu’on lui rende service… Cela ne me paraît pas difficile, et ce n’est pas parce que je suis meilleure qu’une autre : j’ai reçu beaucoup, alors j’ai envie de donner beaucoup. La sainteté, je ne sais pas ce que c’est, mais si je peux être proche des gens là où je suis, j’ai l’impression de vivre ma foi. L’origine chrétienne de mes engagements, notamment écologiques, peut être aRecueilli par Arnaud Bevilacquassez discrète dans un premier temps. Puis, si les gens m’interrogent, je témoigne volontiers de ma foi. Avec mon mari, nous mettons en scène des spectacles qui ont du sens et disent quelque chose de l’homme d’aujourd’hui, en apportant un regard d’espérance (1). Nous avons une responsabilité, et l’envie d’apporter notre pierre à l’édifice. Je crois beaucoup au jeu de dominos. à sa place, une pièce peut impulser quelque chose. »
Recueilli par Mélinée Le Priol
(1) Association culturelle Saint Jean : acsj.fr
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"Agir ensemble et témoigner si possible »

Marc Fayolle
82 ans, membre de l’ACO à Saint-Étienne (Rhône)


« Je suis membre de l’Action catholique ouvrière (ACO) depuis 1962. Très tôt, je me suis engagé dans le syndicalisme. La Jeunesse ouvrière chrétienne puis l’ACO m’ont permis de réfléchir à mon action à la lumière de l’Évangile. Car le Christ, c’est notre moteur. Lorsqu’on scrute l’Évangile, on ne peut que constater que Jésus a toujours été en direction des plus pauvres et s’est fait le défenseur de la justice et du bien commun.
Par l’action syndicale, je me suis tourné vers les autres, pour soutenir les collègues et tendre vers plus de justice dans les entreprises. J’ai connu des moments d’affrontements avec des négociations très dures. Dans ces moments-là, je ne me distinguais pas, j’étais combatif avec les copains. J’essayais ensuite de relire et de donner du sens à mon action. Je côtoyais beaucoup de non-chrétiens. Le moteur de l’action catholique, c’est d’agir ensemble et de témoigner si possible pour faire découvrir ce qui nous anime, sans grand discours mais davantage par l’exemple. L’avenir du christianisme social peut inquiéter alors que les jeunes sont moins nombreux. Il y a quand même de l’espoir, l’ACO réunit toujours des chrétiens convaincus. »
Recueilli par Arnaud Bevilacqua

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« Plus de questionnements, moins de certitudes »
Valentine Rinner
26 ans, étudiante en théologie à Paris

« Le christianisme social, pour moi, c’est avoir une attention particulière pour ceux qui n’ont pas de voix. C’est peut-être parce que moi-même, souvent, je me sens sans voix dans l’Église. Depuis quelques années, j’ai de plus en plus envie de prendre la parole. En tant que femme, laïque, on ne me la donnera pas sérieusement ; alors c’est à moi de la prendre. J’ai ainsi ressenti le besoin de me former. Cela fait deux ans que j’étudie la théologie au Centre Sèvres, à Paris, après avoir quitté mon travail pour l’OCDE sur les questions environnementales. J’ai besoin de comprendre les fondements théologiques de mon engagement dans la société.
Pour moi, l’Église n’a pas un message à brandir, et ne devrait pas se battre pour quelque chose de figé : elle doit avant tout habiter les grands questionnements de notre monde, et accompagner les chrétiens dans leurs propres questionnements. Mais je trouve que c’est trop peu le cas : par exemple, j’avais été choquée, il y a cinq ans, que les catholiques soient attendus à la Manif pour tous comme des petits soldats ! J’ai besoin d’un christianisme qui se confronte vraiment au réel, sans se faire une image de la société telle qu’elle devrait être. Je me reconnais très peu dans ce qui est exprimé médiatiquement par des chrétiens, même si cela change grâce à certains débats ouverts plus récemment par le pape ¬François. »

Recueilli par Mélinée Le Priol