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25/09/2020

JOURNEE MONDIALE DU MIGRANT ET DU REFUGIE

Cette106ème Journée sera célébrée dimanche 27 septembre. Le Saint-Père a choisi cette année le thème : 

             Contraints à fuir comme JESUS-CHRIST                                            

Le 27 septembre prochain aura lieu la 106e Journée mondiale du migrant et du réfugié, Nous sommes invité(e)s à vivre cette journée par un temps de réflexion mais aussi par quelques actes concrets envers nos frères et sœurs migrants.
 
Dans le message de la journée mondiale du migrant et du réfugié,
« Contraints à fuir comme Jésus-Christ. Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les déplacés internes »,
le pape François nous rappelle les 4 verbes que nous avons eu à réfléchir en 2018.

Cette année, il entend prolonger ces 4 verbes par six paires de verbes qui correspondent à des actions très concrètes :

Il faut connaître pour comprendre : « si nous rencontrons les migrants -nous parviendrons à les connaître. Et en connaissant leurs histoires, nous parviendrons à comprendre ».

Il faut se rendre proche pour servir : « les peurs et les préjugés nous font garder nos distances d’avec les autres et nous empêchent souvent de “nous rendre leur prochain” pour les servir avec amour.

Pour se réconcilier, il faut écouter : « dans le monde d’aujourd’hui, les messages se multiplient, mais on perd l’attitude de l’écoute »

Pour grandir, il est nécessaire de partager: « Dieu n’a pas voulu que les ressources de notre planète ne profitent qu’à quelques-uns »

Il faut impliquer pour promouvoir : « si nous voulons vraiment promouvoir les personnes auxquelles nous offrons assistance, nous devons les impliquer et les rendre protagonistes de leur propre relèvement ».

Il faut collaborer pour construire : « ce temps n’est pas le temps des égoïsmes, parce que le défi que nous affrontons nous unit tous et ne fait pas de différence entre les personnes ».

A partir de ces 6 paires de verbes, que pouvons-nous vivre concrètement ? Nous vous suggérons deux initiatives :

  • Prendre attache avec une association qui soutient les migrants pour essayer de mieux connaitre et comprendre l’histoire des personnes.
  • Inviter une personne ou une famille migrante à déjeuner le 27 septembre ou le dimanche 1er novembre à déjeuner chez vous.

31/08/2020

EDITO - ANNE SONCARRIEU, DELEGUEE GENERALE DE LA MISSI0N DE FRANCE

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Comment parler aujourd’hui de ce temps que nous vivons ?

Depuis quatre mois, la crise sanitaire a chamboulé nos rythmes de vie, nos relations, nos regards sur ceux qui nous sont proches ou sur nous-mêmes.

Il a fallu accepter la distance avec des parents ou amis âgés, souffrir parfois de ne pouvoir être présent dans les moments de deuils. Nous avons connu l’annulation de réunions, de rencontres, d’occasions de faire la fête entre amis ou en famille. Les rassemblements que nous espérions pour permettre des retrouvailles tant attendues ont été reportés.

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Par Anne SONCARRIEU, Déléguée Générale de la Mission de France

 

 

 

20/06/2020

STATUES DEBOULONNEES

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STATUES DEBOULONNEES

Jacques GAILLOT, évêque de PARTENIA
Paris, 20 juin 2020

Une vague de colère a traversé des villes américaines, faisant tomber des statues de leur piédestal. Des manifestants s’en prenaient à ces personnages qui ont maintenu l’esclavage et développé la traite des Noirs pour s’enrichir. Ils ne méritaient pas d’être honorés.

A Washington, de vénérables portraits qui ornaient les couloirs du Capitole ont été décrochés : ces responsables politiques avaient cautionné l’esclavage.

L’Eglise épiscopalienne de New-York qui avait pris parti pour l’esclavage et s’était opposé à l’abolition, demande aujourd’hui pardon et surtout déclare faire réparation par une compensation financière aux descendants d’esclaves.

En 1865, la Constitution américaine abolissait définitivement l’esclavage. 155 ans après, on cherche toujours à réduire les inégalités raciales !

En France, le contexte est différent. On revisite aussi l’histoire. Mais il est plus difficile de déboulonner les statues !

Rêver reste à notre portée. Alors je rêve de déboulonner sans hésiter ma première statue : celle de Bugeaud, colonialiste, qui devint Gouverneur général de l’Algérie et pratiqua en plein 19ème siècle, la politique de « la terre brûlée » massacrant des milliers d’Algériens.

Qui mettre à la place ? Une femme, enfin ! Louise Michel. Elle a été l’âme de la commune de Paris en 1871, anticolonialiste et passionnée de justice. Cette femme courage a fait de la prison et a connu la déportation en Nouvelle Calédonie. Elle fut une résistante jusqu’au bout des droits humains pour tous.

S’il vous arrive de déboulonner des statues dans vos rêves, qui mettrez-vous à la place ?

Souhaitons que ce soit des femmes et des hommes anticolonialistes qui auront lutté pour les droits humains, l’égalité raciale, et le vivre ensemble.

Jacques GAILLOT, évêque de PARTENIA
Paris, 20 juin 2020

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15/06/2020

LE VIRUS ET-IL RACISTE ? DOMINIQUE QUINIO

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Débats

Le regard

Le virus est-il raciste ?

Dominique Quinio

Une multitude de petites croix bleues plantées à même la terre rouge fraîchement remuée, de modestes couronnes de fleurs en forme de cœur : au Brésil, gravement touché par le Covid-19 (40 000 morts, déjà, et l’on pense les chiffres sous-évalués), on procède à des enterrements de masse, comme ici à Manaus. Un noyau de famille – trois personnes enlacées pour se réconforter – affronte la disparition d’un des siens, sans avoir le temps, les moyens d’accomplir les rites, religieux ou non, qui ne suppriment pas la souffrance, bien sûr, mais permettent de dire au défunt ce qu’il représente pour nous, de le pleurer avec d’autres, de prier pour lui avec d’autres… La photo est poignante.

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03/06/2020

ANNE, EVÊQUE !

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ANNE évêque !

Elle aura au moins réussi à faire entendre une voix de femme dans une affaire qui leur semblait pourtant totalement fermée. Ma formidable camarade Anne Soupa, avec qui j’avais, il y a plus de dix ans, porté plainte contre le cardinal André Vingt-Trois pour propos sexistes devant le tribunal ecclésiastique de Paris, Anne donc, revient troubler avec talent le petit monde feutré des manœuvres intracléricales en faisant officiellement acte de candidature à l’archevêché de Lyon, lequel est vacant depuis que le pape François a accepté la démission de Philippe Barbarin. Bien sûr, l’idée semble au premier regard loufoque. Mais, comme elle le dit elle-même : « C’est donc un geste fou, mais le plus fou, c’est que cela paraisse fou alors que cela ne l’est pas. » Il est vrai que lorsqu’on lit son curriculum vitæ, on est obligé d’admettre que ni les qualités ni les compétences ne lui manquent et que beaucoup d’Éminences n’en alignent pas tant, et de loin. Il est vrai aussi qu’elle présente un défaut majeur, celui de n’être point mâle… C’est bien là que le bât blesse et c’est l’un des points qu’elle souhaite mettre en lumière : l’invisibilité des femmes dans l’Église catholique. On le sait depuis longtemps, si les femmes n’étaient pas là, plus rien ne tournerait et, pourtant, on leur dénie toute forme de reconnaissance puisque leur « nature » ne leur permet pas d’être prêtres. Mais notre rusée amie souligne avec sa candidature spontanée un autre point qui, lui, touche les hommes et les femmes dans l’organisation du catholicisme, à savoir la concentration entre les mains des seuls « clercs » des trois grandes responsabilités – en latin, c’est plus chic, on dit munera, pluriel de munus –, qui sont la charge de la sacralité, la charge de l’enseignement et celle du gouvernement. Elle souligne qu’il y a sept ans déjà, à l’orée de son pontificat, « le pape François a demandé aux théologiens de mieux distinguer prêtrise et gouvernance afin de faire une place pour les femmes » et que, depuis lors, rien n’a été entrepris. Elle prend donc le pape au mot et revendique pour elle, non pas le pouvoir sacré, qu’elle dit laisser très volontiers aux prêtres, mais ceux de la gouvernance et de l’enseignement, pour lesquels, sans fausse modestie, elle se dit être tout à fait idoine. Pour la bien connaître, je certifie que c’est exact : bonne patronne, fine bibliste, femme de cœur, précise, organisatrice, sachant rendre les gens « capables »…

Un comité de soutien s’est formé, avec, au premier rang, La Parole libérée. Pour le rejoindre, écrire à anne.eveque@gmail.com

Christine Pedotti

Photo : Gilou60 / CC BY-SA

PAROLES DE FEMMES - CANDIDATURE D'ANNE SOUPA AU SIEGE D'ARCHEVÊQUE DE LYON

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La candidature d’Anne Soupa au siège d’archevêque de Lyon suscite de nombreuses réactions de soutien, moins pour sa nomination, improbable, qu’en faveur de son combat pour une Eglise plus féminine.

Par Luc Chatel Publié le 29 mai 2020 à 08h07 LE MONDE - 

Des femmes catholiques solidaires du combat d’Anne Soupa

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La candidature d’Anne Soupa au siège d’archevêque de Lyon suscite de nombreuses réactions de soutien, moins pour sa nomination, improbable, qu’en faveur de son combat pour une Eglise plus féminine.

Des femmes catholiques solidaires du combat d’Anne Soupa Par Luc Chatel Publié aujourd’hui à 08h07 dans Le Monde

La candidature d’Anne Soupa au siège d’archevêque de Lyon suscite de nombreuses réactions de soutien, moins pour sa nomination, improbable, qu’en faveur de son combat pour une Eglise plus féminine.

Candidate à la succession de Philippe Barbarin à la tête de l’archidiocèse de Lyon, Anne Soupa n’a, sauf miracle, aucune chance d’accéder à cette fonction, dont les titulaires ne candidatent pas et sont nommés par le pape. Elle peut, en revanche, compter sur le soutien de nombreuses femmes catholiques. Croyantes anonymes, pratiquantes ou non, elles se sont manifestées par centaines sur les réseaux sociaux pour la féliciter et l’encourager. Ce n’est pas tant sa nomination comme archevêque qu’elles soutiennent, mais les convictions et les combats qui motivent sa candidature, notamment pour une plus grande présence des femmes dans l’Eglise. En quoi elles sont rejointes par d’autres femmes catholiques, déjà engagées sur ce terrain.

Lire ... CANDIDATURE D'ANNE SOUPA AU SIEGE D'ARCHEVÊQUEDE LYON.docx

30/05/2020

LA PENTECÔTE - A 21H." YOUTUBE" PAR LES EQUIPES COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE DE BUSSY SAINT GEORGES

30 mai @ 21 h 00 min
La Pentecôte était une grande fête de la Mission et de l’envoi par l’Esprit Saint dans l’histoire de la Mission de France, au séminaire de Lisieux puis à Pontigny. La vigile était l’occasion d’une grande célébration avec beaucoup d’inventivité liturgique.
Et puis cette année nous fêtons les 30 ans de Pentecôte 90. Cette grande fête « pour une Eglise de plein vent » avait rassemblé 3500 personnes à Jambville. Nous y avions invité des jeunes du monde entier et des groupes de jeunes de France sur le thème (on ne parlait pas encore de Maison commune) : « Notre village c’est la Planète. »
Les équipes de Bussy ont voulu marquer le coup en proposant sur You Tube une vigile de Pentecôte samedi mai à 21h (visible bien sur aussi en différé).
Une liturgie de la Parole sur le modèle de la vigile pascale nous fera suivre à la trace la révélation de l’Esprit saint sur les chemins de la Bible. Après une prière à l’Esprit Saint, « le Père des pauvres », seront diffusés de courts témoignages vidéos qui diront comment l’Esprit nous a fait faire un chemin de vérité dans l’épreuve de la pandémie et quelles découvertes étonnantes il nous a offertes.
Venez nous rejoindre à 21h sur You Tube en cliquant sur ce lien https://youtu.be/yj3XVGFqs4o

Les équipes Communauté Mission de France de Bussy

28/05/2020

UNE BELLE MEDITATION "PLEINE D'APPELS A L'EVANGILE"

Urbi&Orbi
La Documentation catholique (26.05.2020)
Algérie - Mgr Lhernould s’émerveille de la fragilité et de la fraternité de son nouveau diocèse

Le samedi 29 février 2020, en la Basilique Saint Augustin d’Hippone, à Annaba (Algérie), Mgr Nicolas Lhernould, évêque de Constantine et Hippone a prononcé une homélie lors de la cérémonie de prise de possession canonique  de son diocèse, trois semaines après son ordination épiscopale. Il a ainsi confié : « Je suis aussi émerveillé (…) devant la fragilité du diocèse. Pour vous faire une confidence, lorsqu’il s’est agi de donner à Mgr le Nonce, et à travers lui, au pape, une réponse (…), c’est l’élément qui m’a le plus attiré, qui m’a le plus touché, par lequel je me suis senti le plus appelé : cette fragilité ecclésiale (…) qui caractérise la plupart de nos diocèses en Afrique du Nord ».Puis il a évoqué son expérience en Tunisie : «… j’ai vécu dans des communautés fragiles, dans un contexte où on ne pouvait pas faire beaucoup de prévisions, parce que les visages vont et viennent. Les plans pastoraux à cinq ans ou dix ans sont des choses qui sont peut-être bonnes pour d’autres contextes, beaucoup moins pour le nôtre… ». Et il a souligné les fruits de cette fragilité : « à travers cette fragilité-là, j’ai vécu une fraternité particulièrement forte. Quand on n’a pas grand-chose, quand on est peu nombreux, on sent combien l’exigence de cette fraternité est première pour être de rayonnants disciples de Jésus ».

Chers amis,
C’est comme cela que Jésus s’adresse aux siens dans les moments d’intimité dans l’Évangile : « Je vous appelle mes amis » dit-il. Nous ne nous connaissons pas encore très bien. Nous prions les uns pour les autres depuis longtemps… Et en même temps, dans le cœur de Jésus, nous sommes amis au sens que Jésus lui-même employait dans l’Évangile.
Lien à la source ... La-Croix-Algerie-Mgr-Lhernould-s-emerveille-de-la-fragili...

15/05/2020

LE MONDE D'APRES - CHRISTINE PEDOTTI -TEMOIGNAGE CHRETIEN

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Le monde d’après

Par Christine Pedotti

En cinquante-cinq jours de confinement, nous avons eu l’occasion de passer par de nombreux stades de réflexion. Pour beaucoup d’entre nous, ce fut d’abord un face-à-face avec nous-mêmes, avec nos proches – qui parfois étaient bien trop proches – ou avec le manque, la séparation et la solitude imposés. Nous avons aussi fait l’expérience souvent rude que, malgré nos bonnes résolutions, nous n’avions pas fait le quart de ce que nous nous promettions et que les dites résolutions étaient restées lettre morte…
Concernant nos espérances pour le monde de demain, c’est un peu la même chose. D’abord, nous avons voulu rêver que rien ne serait plus comme avant, et puis nous avons attendu que les choses redeviennent normales, c’est-à-dire « comme avant ». Et, maintenant que les portes s’entrouvrent, nous hésitons ; sortir ou ne pas sortir, voilà la question.
Ce long épisode, nécessairement, laissera des traces. D'abord parce qu’il est loin d’être terminé. Sur le plan sanitaire, la « bête » n’est pas vaincue, à peine ensommeillée. Ensuite, la reprise de la vie n’est pas du tout ordinaire. Nous subissons maintenant un confinement d’une autre sorte, où l’autre, derrière le masque, devient un étranger, peut-être un danger, où le moindre frôlement est un risque ; la vie sociale « distanciée » est plus distante que sociale.
Ensuite, il y a nos rêves, ceux qui nous ont bercés et que nous avons chéris pour « tenir » ; rêves d’un monde moins vorace, moins injuste, plus doux aux faibles et aux petits. Et la rude réalité nous saute au visage. La vie économique et sociale, comme les grands malades du Covid, a été mise sous respirateur artificiel. Elle n’en sort pas indemne. Il lui faut réapprendre à marcher et à respirer. Quant aux séquelles, nous n’en savons rien encore. Des pans entiers de l’économie vont connaître des heures très noires – transport aérien, tourisme, restauration, culture… À la clé, ce sont des millions d’emplois qui risquent de disparaître, soit, pour des millions de personnes, des inquiétudes et des incertitudes, des changements de vie radicaux.
Le monde qui commence ne sera pas le retour à l’avant. On le voudrait, comme le printemps, plus vert et plus tendre, il risque d’être sombre et glacé comme l’hiver.

Christine PEDOTTI  Témoignage-Chrétien.jpg

 

05/05/2020

DECONFINER DIEU ? Isabelle de GAULMYN REDACTRICE EN CHEF AU JOURNAL LA CROIX

Isabelle De Gaulmyn

Isabelle de Gaulmyn est rédactrice en chef au journal La Croix. 2.05.2020 blog "une foi par semaine"

Les messes catholiques vont-elles reprendre ? Et quand ? Le déconfinement sera sans doute lent, progressif, différencié, les évêques ayant à cœur de présenter au gouvernement un plan de sortie raisonnable. Certains déjà s’inquiètent de devoir encore attendre après le 11 mai, et nous avons même vu une centaine de prêtres signer dans Le Figaro une pétition pour la reprise des messes.

Activisme des réseaux sociaux

Pas de rassemblements, pas de sacrements, pas d’Eucharistie : de fait, la période que vivent les catholiques est étonnante. Elle a provoqué cependant une intense créativité sur les réseaux sociaux, avec des messes sur Facebook, Twitter, YouTube. Certains prêtres se sont donné beaucoup de mal pour répondre au manque ainsi créé, avec le risque de renvoyer une image bien cléricale et, partant, masculine du catholicisme. Comme une ruse de l’histoire, au moment même où le pape François avait entrepris une réflexion sur l’excès de cléricalisme… Cet activisme sur les réseaux sociaux peut aussi parfois verser, comme l’analyse le dominicain Dominique Collin, dans une vision fonctionnaliste de la foi (1), où l’image importe plus que le message, ce dont le pape François lui-même s’est ému. On sait que le catholicisme a toujours entretenu un lien étroit avec les techniques visuelles, les églises de la contre-réforme, à Rome, le manifestent assez. Mais ces spectaculaires bénédictions de villes contre le virus, tous ornements sacerdotaux dehors, avaient parfois un côté bien fellinien…

Il ne s’agit pas de critiquer, et l’auteure de ces lignes a elle-même été heureuse de pouvoir profiter des messes retransmises à la télévision. Mais n’est-ce pas l’occasion de nous interroger sur le sens de ce que nous vivons ? De profiter de ce moment exceptionnel, le kairos, comme l’écrit dans un magnifique texte (2) le père Tomás Halik, théologien tchèque, pour voir ce à quoi notre foi a été renvoyée durant ce confinement, avec l’impossibilité d’assemblée dominicale ? Nous avons envie de retourner dans nos églises, mais l’absence de célébration liturgique épuise-t-elle toute la foi ? La période que nous venons de vivre prouve bien l’inverse : nous nous sommes sentis en communion, sans communier. Elle peut aussi nous inciter à revoir notre compréhension de l’Eucharistie, qui, comme l’écrit Anne Lécu, est aussi le service d’autrui (3).

De nouvelles pistes

Au fond, que célèbre-t-on le dimanche ? Un rassemblement de voisins qui s’apprécient dans un lieu donné avec un prêtre donné ? Ou bien une communion aux dimensions universelles ? La communion des saints n’est pas un vain mot dans l’Église. Nous avons poussé à bout la logique de Pie X qui a instauré la communion hebdomadaire, voire quotidienne, en faisant de nous des « consommateurs d’hosties », dans une vision parfois réductrice du sacrement. Or, le nombre de prêtres diminue. Si l’on n’est capable d’ouvrir les églises que pour la messe, on va devoir en fermer beaucoup dans les années qui viennent. Cette crise peut justement nous offrir de nouvelles pistes, sans pour autant, évidemment, renoncer à l’eucharistie. Le confinement a donné lieu à de très belles liturgies domestiques, le christianisme renouant alors avec ses racines juives. Il a permis la formation de groupes de lectures, de méditations, d’études sur la Bible, d’écoute de la Parole, bien au-delà des cercles de pratiquants habituels. Et aussi autorisé une Semaine sainte dans la prière et le silence. Enfin, il s’est traduit par de nombreux gestes de solidarité de la part des paroisses et de leurs prêtres. À se demander si, plutôt que de se battre pour déconfiner les messes, il ne vaudrait pas mieux se battre pour déconfiner Dieu lui-même, et le sortir d’églises parfois trop fermées.

(1) « Deus ex machina », de Dominique Collin sur revue-etudes.com

(2) « Les églises fermées, un signe de Dieu ? »  sur lavie.fr

(3) Ceci est mon corps, d’Anne Lécu, éd. du Cerf.