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27/01/2023

REQUIEM SOCIALISTE

« Jadis », mot terrible qui à lui seul enterre une époque. Jadis, le parti socialiste français constituait un espoir pour les classes moyennes et populaires et pour les intellectuels qui, tout en refusant de céder à la tentation du communisme, voulaient une société vivante, dans laquelle les assignations de classe et de milieu culturel pouvaient être contestées. Même si, souvent, la rhétorique conservait des accents révolutionnaires, tous et toutes savaient que les socialistes français, comme leurs voisins sociodémocrates, étaient à la fois pragmatiques et réalistes et qu’ils préféraient réformer plutôt que de nier le réel et, plus grave encore, « changer le peuple ».

La relecture de l’histoire longue en Europe montre que cette social-démocratie a été porteuse de l’amélioration des conditions de vie et de travail du plus grand nombre, de l’élévation du niveau de vie et d’éducation, et de la mise en place des grands systèmes de protection sociale – retraite, maladie, minima sociaux. Comme le chantaient les amis de Coluche voilà quarante ans, « aujourd’hui, on n’a plus le droit d’avoir faim ni d’avoir froid ». Certes, il y a encore des « trous dans la raquette », des mailles trop larges dans le filet, des situations de non-recours, mais, au bout du compte, à l’instigation de cette social-démocratie, la gauche, en luttant, et la droite, en acquiesçant de guerre lasse, ont instauré cette « providence » de nos sociétés, une situation unique dans l’histoire.

La question posée aujourd’hui est la suivante : « Et après ? » La déréliction actuelle des socialistes français dit assez le manque de carburant idéologique et intellectuel. Les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon hurlent : « Faisons payer les riches. » Bonne idée, sous réserve d’être sûr d’avoir toujours des riches : pour taxer la richesse, il faut la produire. Et c’est bien cette question de production des richesses qui n’est pas élucidée. Les enjeux environnementaux ne nous facilitent pas la tâche : la mise à l’arrêt des économies riches pendant le Covid a eu pour conséquence de précipiter 200 millions de personnes dans l’extrême misère. Face à ces immenses défis, il n’y a pas de réponses simplistes. Voilà pourquoi on pleure de voir les socialistes français disparaître dans de misérables guerres aussi picrocholines que narcissiques.

Christine PEDOTTIpedotti ronde.jpg

 

28/11/2022

LES VENDREDIS DE L'ESPERANCE AVEC LA MISSION DE FRANCE

ND espérance

SAINT MERRY HORS LES MURS

Notre proximité avec Notre-Dame d’Espérance nous fait découvrir des richesses nouvelles et différentes. Maria-Cecilia nous raconte la genèse des «  vendredis de l’Espérance » où se rencontrent des membres de la Communauté Mission de France.

Les équipes parisiennes de la Mission de France ont eu l’idée d’organiser une eucharistie mensuelle, avec prise de parole libre et repas ensuite, à destination des membres de la Communauté Mission de France, leurs amis et leurs invités. C’est Philippe Deterre, prêtre de la Mission de France, biologiste chercheur au CNRS, sans charges pastorales, qui a été chargé de l’organisation de ces rencontres. Elles ont débuté en février 2010 à l’église Saint-Albert dans le 13ème arrondissement de Paris.

Ces célébrations sont un moment privilégié de rencontres autour d’une eucharistie où chacun exprime ses réflexions sur les textes, où l’on échange des informations sur l’actualité des mouvements et des associations auxquelles chacun peut appartenir, où on donne aussi nouvelles des amis absents. Depuis le début et jusqu’à l’année dernière nous étions réunis autour de Philipe Deterre, qui, ayant pris sa retraite, est parti à Lyon. Il a été remplacé par Guy Trembly physicien et enseignant chercheur. La célébration est suivie d’un dîner partagé en commun où le débat s’instaure selon les souhaits de chacun.

Comme le dit Danielle Nizieux Mauger qui coordonne les vendredis de l’Espérance : « Ces rencontres sont un lieu de convivialité et d’échange enrichi par la diversité des horizons. Chacun s’exprime dans une discussion toujours amicale et respectueuse de l’opinion et des aspirations spirituelles de l’autre, sous le signe de la bienveillance et de la fraternité ».

Les célébrations ont migré à l’église Notre-Dame d’Espérance en 2015 quand des prêtres de la Mission de France ont été invités par le curé à collaborer à la vie paroissiale jusqu’à juin 2020. Pendant le confinement les célébrations se sont déroulées par zoom, avec les limites que cela représente, mais l’important était de continuer à nous réunir.

Cette année Antoine Guggenheim, le nouveau curé de Notre-Dame d’Espérance, a proposé aux Amis de la Mission de France de continuer les rencontres dans cette église. Comme notre communauté venait d’être accueillie là, il semblait logique d’inviter la communauté de Saint-Merry Hors-les-Murs à se joindre aux amis de la Mission de France et à célébrer ensemble.

Moi je suis arrivée à ces vendredis mensuels depuis le début en 2010 par invitation de Philippe Deterre qui je connais depuis très longtemps. Je peux témoigner de la richesse de ces rencontres. Cela m’a permis de connaitre des personnes que j’aurais croisées difficilement, comme le président de SOS Méditerranée, j’ai retrouvé de vieilles connaissances perdues de vue depuis longtemps et j’ai fait de nouvelles amitiés.

Je suis heureuse que les Amis de la Mission de France et notre communauté se rencontrent, nous avons beaucoup de points en commun pour cheminer ensemble.

María Cecilia Gómez

Les vendredis de l’Espérance sont un partage de la parole suivi d’une célébration eucharistique et d’un repas convivial en commun tiré du sac.

Ils se déroulent à Notre-Dame d’Espérance, 47 rue de la Roquette, 75011 Paris.
Ils sont organisés par un groupe d’amis de la Mission de France
avec la participation régulière de saint-merryens.

À ce propos nous vous rappelons l’article de Maria-Cécilia Gomez :Clic... LES VENDREDIS DE L'ESPERANCE

Prochains vendredis de l’Espérance : 16 décembre 2022,
27 janvier, 24 février, 24 mars, 28 avril, 26 mai et 23 juin 2023.

26/11/2022

COUP DE BLUES

TC.GIFLe Black Friday, grand-messe du consumérisme

Spectaculaire opération commerciale fondée sur la valorisation publicitaire de la surcon­sommation, le Black Friday, qui a été progressivement importé des États-Unis à partir de 2013, occupera bien des esprits ce vendredi 25 novembre et les jours suivants. Derrière les paillettes, le papier verni et les belles couleurs de la perfection publicitaire se cachent de lourds impacts écologiques et humains : conditions de fabrication, extraction de matériaux, consommation d’énergie, kilomètres parcourus par les transporteurs… Le Black Friday, c’est le culte de l’achat compulsif, de produits vite achetés, vite jetés, sans se soucier de l’empreinte écologique.

Cette opération agit surtout comme un révélateur du système dans lequel nous sommes tous englués. Le consumérisme nous berce depuis notre plus tendre enfance avec toutes les caractéristiques d’une religion. Ses rites ? Passer son temps à jeter des objets inutiles et à remplir nos poubelles. Ses fêtes ? Le Black Friday, devenu la grand-messe annuelle, mais comment oublier les autres solennités que sont devenues Halloween, Noël, les soldes d’hiver et d’été. Son catéchisme ? La publicité omniprésente. Son credo ? Créer des besoins et ouvrir les magasins le dimanche. Ses temples ? Les hypermarchés et autres centres commerciaux, qui n’ont rien à envier à nos cathédrales. Ses théologiens ? Les économistes libéraux justifiant le productivisme. Ses grands prêtres ? Les journalistes commentant les cours de la Bourse et les responsables politiques nous incitant à consommer.

Cette religion consumériste a de nombreux adeptes, les fervents consommateurs que nous sommes. Elle dispose de séminaires, les écoles de commerce, et de multiples organisations multinationales. Elle a ses gardiens du temple – les banques et la finance –, ses hérétiques – les écologistes et autres altermondialistes –, ses sacrements – le pouvoir d’achat et le progrès technologique – et ses slogans, du style « travailler plus pour gagner plus ». Sa divinité enfin : la grande déesse Croissance ! Une déesse qu’il faut nourrir indéfiniment dans un mouvement continu : consommer / produire / consommer / produire / consommer / etc. Toujours plus, encore plus ! Comme toutes les idoles, cette divinité que nous espérons, que nous adorons parfois, dévore ses enfants, détruit la planète et tue notre âme.

Être ou avoir ? « Nul ne peut choisir deux maîtres », affirme le Christ dans l’Évangile. Voilà pourquoi les chrétiens devraient être à la pointe du combat et entrer en résistance. En commençant par ne plus ensevelir leurs enfants sous les cadeaux pour cette fête de Noël qui approche et en refusant de rendre un culte à la déesse Croissance.

Ce vendredi, posons un geste vraiment utile : n’achetons rien !

     Strasbourg - Samedi et dimanche à l'église Saint-Jean. Laurent Grzybowski  fête ses 25 ans de chansons  Laurent GRZYBOWSKI /TC 24/11/2022   

21/11/2022

ETAT DE LA PAUVRETE EN FRANCE EN 2022 - SECOURS CATHOLIQUE

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ÉTUDES ET RAPPORTS

État de la pauvreté en France 2022

Thématique(s) : Aide et accès aux droits
Chaque année, à partir de son enquête statistique annuelle et de ses milliers d’informations collectées, le Secours Catholique propose dans son rapport une image de l’état de la pauvreté en France, à travers le prisme des personnes qu’il accueille (près d’un million en 2021). Fort d’un projet de recherche dédié et de l’analyse par un groupe de personnes ayant l’expérience de la précarité, le rapport 2022 étudie l’impact de la crise du Covid sur les conditions de vie des personnes les plus pauvres. Un constat lourd d’inquiétudes, alors que le choc de l’inflation n’a pas encore produit tous ses effets.
 

13/11/2022

LE JUSTE ENRACINEMENT - FREDERIC BOYER écrivain -

LA CROIX hebdo samedi 12/11/2022 - CHRONIQUE 

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Frédéric BOYER - écrivain

La confusion règne chez bien des catholiques qui dénoncent le soi-disant « multiculturalisme » de l’Église (celle de François), face à la crise migratoire et identitaire. L’Église devient alors instrumentalisée et érigée en gardienne des traditions nationales et culturelles, pour dénoncer le « métissage » du monde, alors même que nous entrons dans une ère radicalement nouvelle de l’Histoire où notre responsabilité commune devant les crises et les catastrophes, d’ores et déjà présentes, devrait nous conduire à repenser notre rapport au monde et à autrui selon les « aspirations chrétiennes » (ce mot convient plus que valeurs, disait Simone Weil) de la charité et de l’espérance. Catholiques, nous devons faire preuve de courage et d’invention dans l’anamnèse de notre utopie chrétienne. Le repli sur des identités épuisées, malades et souvent fantasmées, n’est pas une solution mais un remède pire que le mal.

Rappelons que la Torah et nos Bibles s’ouvrent non pas sur la création d’un peuple ou d’une nation mais sur la Création universelle, placée sous la responsabilité harmonieuse de l’humanité. Si nous avons le devoir de nous « multiplier » sur toute la terre, nous avons aussi celui de ne pas verser le sang. L’un ne peut être honoré sans l’autre. Et j’ajouterais : de ne pas inverser la Création en détruisant le monde créé. Le Dieu de la Bible est le Seigneur de toute la Création et de toute l’humanité, jamais le Seigneur de quelques-uns. Il appelle Abraham, et sa descendance après lui, à une alliance particulière, mais au service de toutes les « familles de la Terre » (« En toi seront bénies toutes les familles de la Terre », Gn 12, 3). Le particularisme de l’élection s’entend au service de l’universalisme du salut qui s’étend à tous et à la Création comme « Terre » où vivre ensemble. Sans cela, notre « élection » n’est qu’un mensonge. Et l’universalisme ne peut être que celui du respect et de l’amour de tous et de chacun. Sans cela, notre « universalisme » n’est qu’un mensonge. Pour nous, chrétiens, des formes institutionnelles de souveraineté partagée ne peuvent constituer une menace pour les peuples et les nations, mais au contraire permettre la garantie d’identités diverses au service du « monde commun ». Les chrétiens espèrent la cité céleste à venir comme le lieu et le temps de la réconciliation des nations antagonistes. Cette utopie spirituelle et politique est notre aspiration.

C’était le sens de l’appel de Jean XXIII dans Pacem in terris (1963) en faveur d’une autorité mondiale indispensable pour gérer le bien commun de l’humanité. Qui ne nous appartient pas comme une conquête ou un dû mais est placé sous notre responsabilité infinie. Le trésor de l’enracinement de l’humanité dans des terres, des traditions, des cultures, ne pourra jamais être l’alibi des guerres et des exclusions, sous peine d’être un remède pire que le mal contre lequel il prétend lutter. Cet enracinement ne s’entend que s’il devient le socle du partage et de la responsabilité de tous pour chacun. « Un chrétien, affirmait Simone Weil, ne devrait pouvoir en tirer qu’une seule conclusion : c’est qu’au lieu qu’on doit au salut de l’âme, c’est-à-dire à Dieu, une fidélité totale, absolue, inconditionnée, la cause du salut de l’État est de celles auxquelles on doit une fidélité limitée et conditionnelle » (L’Enracinement). En reprenant Simone Weil aujourd’hui, les chrétiens ont le devoir de lutter contre le déracinement des êtres et celui de la Création parce que de cette lutte dépend notre propre enracinement dans la vie créée et au service de tous. Et abandonner les besoins des autres et du monde sous prétexte que mes propres besoins particuliers seraient menacés ne sera jamais le juste enracinement, mais une impasse sanglante.

31/10/2022

MANIFESTATION ORGANISEE PAR LE PEUPLE PALESTINIEN DEVANT LE PARLEMENT EUROPEEN - JACQUES GAILLOT

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Devant le Parlement européen
 
A Bruxelles, le samedi 29 octobre, une manifestation était organisée pour le peuple Palestinien. Avec beaucoup de jeunes Palestinien(e)s et Algérien(e)s. Ambiance assurée par les chants et les danses arabes. 
J’ai eu l’honneur de prendre la parole.
 
 Nous sommes ici pour réclamer la justice.
1- Chaque jour des jeunes Palestiniens sont tués ou blessés à vie, par l’armée israélienne. La vie d’un Palestinien compte. Sa dignité n’est ni à prendre ni à vendre.
Nous réclamons la justice
2- Des centaines de Palestiniens dont des enfants, se trouvent en détention administrative dans les prisons militaires israéliennes. Ils sont mis en prison sans inculpation, ni procès.
Nous réclamons la justice.
3- L’implacable blocus de Gaza dure depuis 15 ans !
2 millions de Gazaouis souffrent chaque jour de ce blocus inhumain. 
Nous réclamons la justice.
4- Empêcher les Palestiniens de vivre sur leurs terres, dans leurs maisons, de travailler, d’étudier, de se faire soigner, de circuler librement : c’est illégal.
Nous réclamons la justice 
 
Que cesse l’impunité d’Israël.
Que cesse ses privilèges.
Que vienne le temps des sanctions.
Et que fleurisse enfin la justice !
 
Jacques Gaillot
Evêque de Partenia
Bruxelles 29/10/2022

12/10/2022

FIN DE VIE - Mgr ULRICH EXORTE LES PARLEMENTAIRES A AIDER A VIVRE

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Fin de vie, Mgr Ulrich exhorte les parlementaires à « aider à vivre »

Reportage Une petite soixantaine d’élus de la République ont assisté, mardi 11 octobre, à la messe de rentrée des parlementaires en la basilique Sainte-Clotilde, à Paris. Une cérémonie présidée par l’archevêque de Paris qui a invité à défendre une « aide à vivre ».
Antoine d’Abbundo, le 12/10/2022 à 06:44
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Il est 18 h 50, ce mardi 11 octobre, quand le grand orgue de la basilique Sainte-Clotilde fait gronder sa voix, pressant les derniers retardataires de rejoindre leurs places réservées face au maître-autel : aux premiers rangs, les élus et les responsables municipaux de Paris ; à gauche, les sénateurs ; à droite, les députés venus en voisins de l’Assemblée nationale. Ils sont une soixantaine ou à peine plus à s’être déplacés pour assister à la traditionnelle « messe d’action de grâce pour les responsables politiques », célébrée cette année en mémoire de saint Jean XXIII, le soir anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II il y a soixante ans.

Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris depuis avril dernier, qui préside pour la première fois la cérémonie de rentrée des parlementaires veut voir en ce jour anniversaire « un signe important ». « Cet événement manifeste le désir et la capacité de dialogue de l’Église au milieu du monde que nous célébrons aujourd’hui », lance-t-il avec enthousiasme dans son message d’accueil de l’assemblée.

Fin de vie
Cette volonté de dialogue, les évêques de France n’ont cessé de la manifester, malgré leurs inquiétudes, depuis que le président Macron a décidé de lancer un grand débat national sur la fin de vie, préalable à une possible évolution de loi légalisant une « aide à mourir ». Depuis, les représentants de l’épiscopat ont saisi toutes les occasions pour alerter les autorités politiques et l’opinion publique sur le risque de « rupture majeure » qu’ouvrirait ce projet tel qu’il est envisagé par le Conseil consultatif national d’éthique dans son avis 139 publié le 13 septembre.

« Sans toujours être bien entendus tant l’Église est perçue comme un épouvantail et sa parole démonétisée, ressentie comme réactionnaire par une grande partie de la population mais aussi du personnel politique », se désole le père Marc Lambret, directeur du service pastoral d’études politiques. Ce qui n’est pas une raison pour désespérer. « Même si les digues de la raison semblent emportées par la vague d’affects et d’émotions qui verrouille le débat, même si nous sommes minoritaires, nous ne pouvons pas renoncer à défendre notre humanité », plaide-t-il.

Aide à mourir
C’est ce à quoi s’est employé, ce soir-là, Mgr Ulrich dans une homélie aussi courte que dense, appelant les élus de tous bords à endosser leurs responsabilités « de bergers du troupeau », dans une référence biblique. « Dans le débat qui s’annonce sur la fin de vie, nous devons nous souvenir que l’appel à une plus grande fraternité est un appel à aider à vivre (…). Demandons à tous, chrétiens ou non, de ne pas faire en sorte que pour les malades ou les vieux, l’aide à mourir ne soit pas la seule issue. Faisons entendre la voix de ceux qui accompagnent, apaisent et permettent d’espérer de nouveau au moment de partir (…). Non pas pour s’engager dans un combat idéologique, mais comme une prière. Parce que le Seigneur nous appelle à cela. »

Après l’envoi, sur le parvis, les réactions des quelques élus interrogés par La Croix montrent que le message a été reçu par la petite assemblée. « S’il s’agit de légaliser l’euthanasie comme l’avait proposé Olivier Falorni en avril 2021, ma position est connue : je suis résolument contre. Mais ils n’iront pas, du moins je l’espère, jusqu’à cette extrémité », veut croire Marc Le Fur, député LR des Côtes-d’Armor.

Faible développement des soins palliatifs
Son collègue Vincent Bru, élu MoDem des Pyrénées-Atlantiques, se déclare prêt à un débat qu’il juge nécessaire. « Beaucoup de mes administrés m’ont dit qu’il fallait faire quelque chose car il y a encore trop de souffrances non prises en compte à cause d’un trop faible développement des soins palliatifs en France. J’entends ce cri légitime, mais je reste attaché à la vie, au sens de la vie. Il nous faudra trouver le chemin étroit pour avancer. Puis chacun votera selon sa conscience », explique-t-il.

Laure Lavalette, élue RN du Var, veut rester optimiste. « Marine Le Pen s’est toujours prononcée contre l’euthanasie, mais sur un sujet aussi sensible et intime, je pense qu’il n’y aura pas de consigne de vote. Pour ma part, je suis persuadée que la loi aura l’avantage de remettre les soins palliatifs au milieu du village. Or, aujourd’hui encore, 30 % des départements n’en ont pas. Les gens veulent mourir sans souffrir. Il faut les accompagner vers cela. »

Mais ces prises de position sont à relativiser. « Les élus qui restent attachés à la défense de la vie, par leur foi ou leurs convictions philosophiques, restent une minorité, rappelle le père Marc Lambret. Ce que je constate dans la classe politique, c’est une lente érosion du sens des responsabilités au profit de prises de position qui consistent à conduire le peuple là où il veut aller. De ce point de vue, on n’est pas loin de la démagogie. »

À lire aussiFin de vie : « Une fraternité de mort cohabiterait avec une fraternité de vie ? »

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06/10/2022

SPORT:LE STADE MORAL

Photo : Kremlin.ru, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Photo : Kremlin.ruCC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Les stades sont-ils nos nouvelles cathédrales et le sport une nouvelle religion ? La question se pose face à l’émoi que provoquent tout à coup la tenue du Mondial de football au Qatar ou l’attribution, au premier abord totalement surréaliste, de l’organisation des Jeux asiatiques d’hiver de 2029 à l’Arabie saoudite. Oui, vous avez bien lu, des jeux d’hiver, avec de la neige et de la glace. Les organisateurs précisent que la température descend sous zéro en hiver et que le complexe sportif sera écologiquement respectueux. On découvre cependant que cette station géante sera ouverte toute l’année… et surtout que, si sa situation géographique l’expose un peu au froid, en revanche la neige, elle, sera totalement artificielle.

Si on revient au foot et au Qatar, la question est celle de l’acceptabilité morale d’un événement qui a demandé la construction d’infrastructures, stades et hôtels, par une main-d’œuvre de migrants mal payée, à peu près sans protection sociale ou juridique. Les chiffres sont sujets à discussion mais le nombre de morts liés aux conditions de vie et de travail est de plusieurs milliers. Plus d’une dizaine de grandes villes françaises semblent le découvrir et, se drapant dans une tardive vertu, décident de ne pas installer de lieux munis d’écrans géants pour accueillir les fans, ceci afin de montrer leur réprobation. On a envie de dire qu’il est un peu tard, et que le geste n’est pas coûteux. Les matchs auront lieu du 20 novembre au 18 décembre et le climat chez nous ne sera guère propice aux rassemblements de plein air.

On peut aussi rappeler que le précédent Mondial, qui a vu la victoire de la France – Cocorico ! –, s’est tenu dans la Russie de Poutine en 2018, laquelle avait déjà envahi la Crimée et une partie du Donbass sous couvert de milices séparatistes, ce qu’en bons tartuffes nous n’avons pas voulu voir.

Alors, morale ou pas morale ? Quel rapport instaurer entre les compétitions sportives, la défense des droits humains, la vigueur de la démocratie ou le respect de l’environnement ? Et les salaires des footballeurs ? Est-ce un sujet ?

Si on pense que le sport mondialisé peut faciliter la communion entre les peuples et la paix entre les nations, il va falloir répondre à ces questions.

Christine Pedotti

 

28/09/2022

FIN DE VIE : LES EVÊQUES EXPRIMENT LEUR INQUIETUDE DEVANT LE PRESIDENT MACRON

La Croix logo

 

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, et le père Hugues de Woillemont, secrétaire général, ont été reçus mardi 27 septembre à l’Élysée par Emmanuel Macron. Le sujet de la fin de vie a été au cœur des discussions.

  • Arnaud Bevilacqua, 

FIN DE VIE


Fin de vie : les évêques expriment leur « inquiétude » devant le président Macron

« Nous avons pu redire notre inquiétude devant ce projet de loi sur la fin de vie. » Reçu mardi 27 septembre à l’Élysée par Emmanuel Macron avec Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF), le père Hugues de Woillemont, secrétaire général, confirme que le thème de la fin de vie a été au cœur des échanges.

« Volonté d’un débat ouvert »

Le président de la République a émis le souhait, devant les représentants de l’épiscopat, « de ne pas diviser la société » avec un tel sujet, rapporte Hugues de Woillemont. « À ce stade, que ce soit la ministre Agnès Firmin Le Bodo, que nous avons rencontrée lundi 26 septembre, ou le président, nous entendons de leur part la volonté d’un débat ouvert, souligne le secrétaire général de la CEF. Nous leur faisons crédit et nous aurons à le vérifier dans les prochaines semaines. »

Cette rencontre avait lieu deux semaines après la publication de l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), qui a jugé qu’une « aide active à mourir » pourrait s’appliquer en France, « à certaines conditions strictes ». Et quelques jours après les propos du président de la commission des lois, Sacha Houlié, dans les colonnes de La Croix, selon lequel le Parlement se réserve le droit de faire voter la loi quand bien même la convention citoyenne dirait non à la légalisation de l’aide active à mourir.

Devant un président de la République décrit comme à l’écoute et prenant des notes, les représentants de la CEF ont défendu le développement et la promotion des soins palliatifs. Selon Mgr Éric de Moulins-Beaufort, le chef de l’État « partage cette inquiétude-là, globalement, mais il insiste sur la nécessité aujourd’hui de réfléchir au cas des personnes conscientes mais atteintes d’une maladie incurable, qui, librement, après en avoir parlé à leur famille et avec l’accord des médecins, estiment qu’elles n’ont pas envie de vivre les derniers mois qu’il leur reste ».

Reprenant leur argumentaire développé dans une tribune dans le journal Le Mondela délégation de la CEF a exprimé sa « volonté que la société tout entière donne un signe d’aide à vivre et non pas d’aide à mourir »« Nous pensons que ce n’est pas par la technique que nous pouvons résoudre cette inquiétude que nous avons tous devant la mort, mais à travers davantage de fraternité », souligne le père de Woillemont. En revanche, les modalités que pourrait prendre la mobilisation de l’Église, opposée à la légalisation du suicide assisté ou de l’euthanasie, n’ont pas été abordées.

Outre la fin de vie, les échanges au cours de cet entretien, qui faisait suite à une lettre de Mgr de Moulins-Beaufort au moment de la réélection d’Emmanuel Macron, ont également porté sur la situation internationale. Les représentants de l’épiscopat ont notamment évoqué leur déplacement à Kiev, du 16 au 19 septembre ; ainsi que les suites du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), « en particulier avec le déploiement des instances de reconnaissance et de réparation de la CEF et de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref) ».

27/09/2022

IRAN:LA REVOLTE DES FEMMES

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Arrêtée par la police des mœurs parce qu’elle portait mal son voile, Mahsa Amini est morte en garde à vue. Elle avait 22 ans. L’émotion est immense. Des manifestations embrasent l’Iran. On assiste à des scènes incroyables : des jeunes femmes jettent leur voile dans le feu ! Du jamais vu ! Quelle provocation pour le régime des Mollahs ! Quel courage affiché devant tous !
 
Quand des femmes se révoltent, le pouvoir est ébranlé.
 
Ces femmes, à la dignité rebelle, ne se tairont pas. Elles ne lâcheront rien. Si elles sont arrêtées, d’autres les remplaceront. La population, qui souffre d’une grave crise économique, ne craint pas de manifester à leur côté.
 
La répression ne se fait pas attendre. Elle est féroce. On parle  de 50 morts ! Les réseaux sociaux et internet sont bloqués.
 
Quelle serait la vie s’il n’y avait pas des femmes rebelles dans la société ? Des rebelles détestées du pouvoir ? Comment ne pas les aimer et les soutenir !
 
En Iran, le poète emprisonné Baktash Abtin, est mort cette année à 48 ans, faute d’accès aux soins. Il avait été transféré tardivement à l’hôpital. Avant d’entrer dans la sinistre prison d’Evin, le poète aimé du peuple, avait pris soin d’enregistrer une vidéo dans laquelle il déclarait :
 « Ce qui manque dans notre pays, ce sont des gens qui résistent et qui se battent. C’est pour cela que j’aimerais sacrifier ma vie, avec détermination, pour la liberté tant que je suis jeune. » »
 
Son rêve est en train de se réaliser. Des femmes résistent et se battent pour la liberté. 
 
Ce sont des résistantes à vie.
 
Le régime des Mollahs a toutes les raisons d’avoir peur.
 
On n’arrête pas la marée qui monte.
 
Jacque Gaillot gaillot.jpg
Evêque de Partenia
24 septembre 2022