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06/09/2021

LE POIDS DE LA FRATERNITE -

BROCANTE-shutterstock_1066564541.jpg

Père Benoist de Sinety - Publié le 05/09/21

Ils sont nombreux ces gens simples et pauvres qui ne peuvent combler leurs humbles désirs. Combien sommes-nous à les combler de notre humanité ?

Elle est là, noyée dans la foule qui se presse dans les rues de Lille. Cela fait deux ans qu’on l’attend cette brocante ! L’an passé, le virus nous en privait. En ce mois de septembre où l’été s’attarde dans le ciel du Nord, nul ne compte se priver du plaisir de sortir, de chiner, de trinquer, de chanter, de se retrouver. Certes les stands sont moins nombreux, réservés par prudence aux seuls commerçants. Mais de-ci de-là, dans les cours des presbytères par exemple, les étals sont montés, les cartons d’objets les plus hétéroclites déballés, et d’aucuns retrouvent le plaisir de s’attarder devant tous ces vestiges de vies les plus divers et les plus étranges parfois, rassemblés et livrés aux regards pas toujours indulgents du passant. Lire  ... La vieille dame et le petit chien de porcelaine.pdf

Publié sur ALETEIA

12/07/2021

QUELLE SOLIDARITE AVEC GAZA APRES LES FRAPPES ISRAELIENNES DE MAI 2021??

A LIRE ... Intéressant bien qu'un peu long

Quelle solidarité avec Gaza après les frappes israéliennes de mai 2021 ??

Dimanche 4 juillet, l'Atelier Israël-Palestine du GAIC a organisé une rencontre sous forme de tables rondes dans la salle de conférences de la Grande Mosquée de Massy pour apporter des éléments de réponse à cette question: après les bombardements israéliens de mai 2021, comment manifester sa solidarité avec Gaza? 

Dans la troisième de ces tables rondes, des représentants du CCFD-Terre solidaire et du Secours Islamique France ont donné des exemples concrets de leur action pour aider Gaza à se relever de ses ruines et l'ensemble des Palestiniens à ne pas courber l'échine sous le joug israélien. En diffusant ces informations, le GAIC entend s'associer modestement aux efforts de ces deux associations et les remercier pour leur fidèle et généreux partenariat.

Intervention sur l'action du CCFD-Terre solidaire auprès des Palestiniens 

Exprimer sa solidarité c’est prendre position lorsque les circonstances l’imposent

Par trois fois et sous des formes différentes, le CCFD s'est ainsi manifesté:

1. le CCFD-Terre Solidaire a Soutenu « l’Appel à l’action pour mettre fin aux expulsions de familles palestiniennes à Jérusalem-Est »  lancé par les Associations CIDSE -Ensemble pour une justice mondiale[1] – et  Alliance ACT [2]-  c’était le 12/05/2021

2. Mme Manuèle Derolez, déléguée générale du CCFD, a publié dans La Croix du 19 mai un article « Il faut mettre fin à l’occupation illégale de la Palestine ».

Lire l'article : 

 

 Il faut mettre fin à l’occupation illégale de la Palestine »

3. Le CCFD-Terre Soildaire a publié sur son site le 20 mai dernier un document pédagogique intitulé: "Comprendre la colonisation à Jérusalem en 3 minutes":

 

07/07/2021

L'IMPASSE DEPASSEE

Maison en ruine images libres de droit, photos de Maison en ruine |  Depositphotos

Publié le par Garrigues et Sentiers

L’impasse Adiexode est située au fin fond de la ville. À l’extrémité, en haut d’un talus, on pouvait apercevoir une cabane. Faite de planches, de tôles, de plastique, elle était vaste. Pourquoi son occupant, Nemo, un SDF, donc « bien connu des services de Police », mais à qui personne n’avait demandé son nom, se serait-il contenté d’un logement exigu ? Il y avait de la place et personne ne la lui disputait tellement elle était difficile d’accès, sans eau ni électricité, bloquée dans un cul-de-sac.

L’impasse Adiexode, elle, se trouvait en contrebas, une zone inondable. Elle avait vu s’y édifier de part et d’autre des maisons pauvres mais en dur.

Tous les riverains, ou presque, étaient des laissés-pour compte qui d’expulsion en expulsion s’étaient retrouvés là. D’un côté les Musulmans (ou les Arabes, tout le monde confondait), de l’autre les chrétiens, « bons chrétiens » évidemment, on n’est pas des chiens. Et de ci de là ceux qui ne se reconnaissaient ni avec les uns ni avec les autres, les « sans-dieu » comme on disait. Cela faisait trois groupes qui s’ignoraient. Tous des mécréants au dire des Musulmans, des Arabes ou des renégats pour les « bons chrétiens », des gens pleins de superstitions au dire du troisième groupe.

Au-dessus de tous ceux-là planait Nemo, dans sa cabane surplombant les lieux. Il faisait l’unanimité et même l’union de tous les habitants, contre lui, bien sûr. Son installation leur était insupportable. De plus il avait construit le plus grand logement, minable mais le plus grand. Il faisait la manche. Certainement il dormait sur un trésor amoncelé. Alors on ne ratait pas une occasion de lui crier dessus, de lui faucher ce qu’il apportait, de le vilipender, bref de lui rendre la vie impossible.

Mais tout SDF qu’il était, habitué depuis longtemps aux mauvais traitements, Nemo commença à se rebeller.

Il alla voir le curé pour se plaindre de ce que des « bons chrétiens » lui faisaient subir. Le curé l’écouta, avec compassion, évidemment, lui demanda pourquoi il ne venait jamais à la messe, et lui promit d’agir mais voulait le revoir un peu dans son église. Depuis lors chaque dimanche Nemo vint à l’église. Il en profitait d’ailleurs pour faire la manche à la porte... en sortant de la messe un « bon chrétien » se doit bien de donner une petite pièce ! Et les chrétiens ne le molestèrent plus le dimanche, c’était un mieux.

Il se rendit ensuite chez l’imam qui lui promit d’intervenir, mais ne pouvant le faire pour un mécréant, il serait bon qu’on le voie à la prière du vendredi. Et Nemo se rendit chaque vendredi à la mosquée, jour où seuls les chrétiens purent encore le molester.

Mais de nos jours les SDF en veulent toujours plus, les valeurs de retenue, de discrétion, de soumission à sa condition sont malheureusement bien passées. Nemo décida qu’il ne pouvait se contenter du mieux limité aux vendredis et dimanches. Il alla voir un avocat. Ce dernier l’écouta, lui demanda cent euros pour la consultation, et lui expliqua que les faits n’étaient pas assez caractérisés pour intervenir en justice, à moins que la police ne s’en occupe. Il se rendit au commissariat, il était bien connu de ses services, et l’officier de permanence lui expliqua que c’était à lui de se comporter comme un bon citoyen, avec une maison comme tout le monde.

En désespoir de cause il se tourna vers les « sans-dieu » car parmi eux il y avait un militant. Ce dernier l’écouta, lui proposa de prendre une cotisation à l’association, il y avait des prix cassés pour les pauvres. Nemo paya 5 euros et le militant composa un tract qu’il distribua le vendredi à la sortie de la mosquée, le dimanche à la sortie de l’église, exigeant le respect des droits pour tous. Pour une telle action et pour avoir amené un nouveau membre à l’association, il fut d’ailleurs promu au bureau de sa section.

Mais, vous vous en doutez, rien ne changea. Alors Nemo, qui ne croyait ni à dieu ni à diable, se mit à prier le ciel pour le cas où s’y trouverait un dieu ou un diable. Il demanda au ciel de les punir tous et de les faire disparaître. Personne ne sait quelle discussion se déroula là-haut dans un bruit de tonnerre, toujours est-il qu’après ce tonnerre une pluie diluvienne s’abattit sur l’impasse qui fut totalement inondée, l’eau entrait dans toutes les maisons, les gens couraient de partout pour colmater les ruisseaux, pour vider l’eau de leurs logements, mais en vain. Tout allait disparaître sous ce déluge.

Du haut de son talus, Nemo les regardait, étonné de toute cette agitation et pas tellement mécontent. Mais au bout d’un moment tout le monde le vit, là-haut, protégé de l’inondation, ils se tournèrent vers lui qui ressemblait à un ange protecteur, ou vengeur, allez savoir. Alors il leur fit de grands signes pour qu’ils montent s’abriter dans son domaine. Tout le monde se précipita. On vit même des chrétiens aider des fatmas à escalader le talus, des Arabes porter dans leurs bras les petits enfants, musulmans ou chrétiens, peu importait. Et les « sans-dieu » ne furent pas les derniers à aider. Dans la cabane, assez vaste pour tous les contenir, Nemo servit le café et ses réserves de biscuits, alluma un feu pour que tout le monde se sèche.

Et la pluie cessa brusquement, l’eau se retira très vite de l’impasse tandis qu’apparut un bel arc-en-ciel, signe de la paix du ciel qui dépose son arc. Et depuis lors, vous l’aurez deviné, l’impasse Adiexode devint le lieu de paix et de convivialité de la ville dont tous avaient été exclus. Personne n’imaginait qu’elle soit une impasse.

Et le dieu des bons chrétiens, ainsi que celui des Musulmans, n’eut plus besoin de la visite hebdomadaire de Nemo.

Lucien Grémaud

Source : https://www.famille.centremazenod.org/un-petit-conte-de-l...

GARRIGUES ET SENTIERS, Espaces de liberté, de foi et de réflexion chrétiennes

01/07/2021

PASSION FRANCAISE

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Publié le 1/07/2021
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Le constat ne peut guère être discuté ; ces deux derniers dimanches de juin, les Français et les Françaises ont voté, même si deux sur trois l’ont fait avec leurs pieds et non en glissant un bulletin dans l’urne. Le peuple français est un peuple trop politique depuis trop longtemps pour que l’on puisse attribuer à une prétendue « fatigue démocratique » un si ample mouvement d’abstention. Et, s’ils ne sont pas allés voter, c’est qu’ils avaient de bonnes raisons politiques de ne pas le faire : ça ne les intéressait pas.

La première conséquence de cette abstention a été de reconduire les sortants ; résultat logique d’un scrutin qui n’a suscité ni haines ni passions. Après tout, les exécutifs régionaux et locaux n’ont sans doute pas démérité dans la sphère d’exécution et d’initiative qui est la leur. Car là se trouve l’une des vérités de cette élection : les régions françaises ont « déconcentré » le pouvoir mais elles ne l’ont certainement pas « décentralisé ». Soyons lucides, la gestion des lycées et celle d’une part des transports ou des déchets sont certainement des questions importantes mais elles ne déchaînent pas les passions politiques. Pour le reste, les régions et les départements soutiennent des orientations qui sont initiées et financées « au centre ». À quoi il faut ajouter que la réforme de 2015 a constitué de grandes régions dont beaucoup n’ont pas – pas encore – d’identité historique et culturelle.

Les électeurs et électrices ont donc snobé un scrutin « sans importance », se réservant pour la mère de toutes les batailles, la présidentielle, cette passion française. On peut bien déplorer la focalisation de la politique sur ce moment-là, les experts peuvent expliquer à quel point le phénomène est pervers, on adore ça. Du sang, des larmes, des traîtres, des rebondissements, du suspens. Pourquoi s’en priverait-on, d’autant que c’est nous qui pour l’essentiel choisissons les acteurs, écrivons le scénario et surtout décidons de l’issue. Pourquoi s’infliger le documentaire insipide des régionales et départementales alors que l’année qui vient nous promet une superproduction ?

Allez, encore un tout petit peu de patience, le casting est déjà en cours, le spectacle va commencer.

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28/06/2021

LIBERTE, LIBERTE CHERIE !

La chronique de Guillaume de FONCLARE

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                                                            Liberté, liberté chérie ! 

Cette antienne résonne dans ma tête depuis que les dernières mesures de couvre-feu ont été levées, et que nous pouvons à nouveau circuler à visage découvert dans les rues, boulevards et avenues de nos métropoles. Ce vers de notre hymne national (sixième couplet) prend une dimension nouvelle en ces temps de libération, alors que les libertés publiques reprennent place en notre belle démocratie. D’aucuns de prétendre, un peu abusivement il me semble, que nous sommes à l’aube d’années folles, à l’image de celles qui ont succédé à la fin de la Première Guerre mondiale. Nous n’avons pas connu la guerre, et le chiffre des morts n’égale pas, et de loin, celui des victimes du premier conflit mondial. Certes, la pandémie, si tant est qu’elle soit derrière nous, a été éprouvante, éprouvante pour nos anciens, éprouvante pour tous ces jeunes isolés et dépités, mais elle n’est pas à l’aune d’une confrontation guerrière.

Il n’en demeure pas moins que nous avons retrouvé le plaisir de vaquer comme bon nous semble, bas les masques, retrouvé la joie de partager des moments de convivialité à la française dans nos bars et restaurants, retrouvé la possibilité de célébrer la musique ensemble, à l’unisson. Et pourtant, ce sentiment de liberté si particulier, si intimement lié à notre organisation démocratique, il nous paraît si naturel que nous en oublions un peu vite qu’il est tout à fait original à l’échelle de notre planète, rare et à préserver coûte que coûte. Le taux d’abstention des élections régionales démontre une usure, une lassitude des citoyens qui doit interpeller les consciences. Nous qui nous réjouissons de pouvoir, à nouveau, exercer pleinement nos droits à circuler et à nous réunir sans contraintes, nous délaissons les urnes, nous abandonnons notre devoir civique à l’abstention, remisant dans les oubliettes de la négligence notre liberté à choisir nos représentants, liberté conquise de haute lutte par ceux qui nous ont précédés, et qui ont parfois payé du prix fort cette conquête collective. Nos aïeux ont cru qu’en établissant la République, il permettrait à chacun, par son droit de vote, de peser sur le destin de tous. Il faut convenir que nous avons perdu le sens de cette leçon, et que notre système est à un point de rupture.

Ce parallèle entre le déconfinement général et les élections locales peut paraître osé. Il ne l’est pas, pourtant, car, privés de libertés essentielles pendant presque un an, nous avons pu mesurer ce qui doit compter en termes de droits fondamentaux, et l’attachement à la démocratie aurait pu, aurait dû en sortir grandi. Le fait que ce ne le soit pas n’est pas un épiphénomène ; c’est une révolution en devenir. Le fossé entre les citoyens et ceux qui sont censés les représenter s’est tellement creusé qu’il a désormais tout du gouffre. À qui la faute ? Aux politiques eux-mêmes, qui ont si facilement tendance à nous infantiliser ? Aux citoyens, qui n’ont plus conscience des atouts qu’incarne le système représentatif et qui oublient un peu vite que vivre en démocratie est une chance auguste ? Je ne saurais le dire. Néanmoins, si l’on s’intéresse à l’actualité internationale et à l’histoire de notre planète, je regrette amèrement qu’on ne se compare pas davantage à tous ceux dont les cris sont étouffés par la censure et la répression. Eux mesurent ce qu’être privé de liberté veut dire. Et nos atermoiements collectifs les laissent sans doute pantois.

Voter, c’est choisir. Et à ces élections, le panel de choix était immense. Refuser de voter, c’est montrer sa volonté de refuser de choisir. Je le comprends, et j’en comprends partiellement les raisons. Beaucoup de promesses nous ont été faites, et peu ont été tenues au cours de ces dernières décennies. Cela ne doit pas empêcher l’espoir de demeurer vivace, et de s’intéresser à la chose publique. C’est à nous de faire entendre la voix du changement, et de mener le combat pour maintenir nos privilèges démocratiques, sociaux, républicains. Je ne suis pas un censeur, simplement un citoyen qui réfléchit, qui s’inquiète, et qui attend un sursaut qui ne vient pas. Non, ami lecteur, je ne jette la pierre à personne ; je m’interroge pourtant sur notre désir commun de vivre ensemble, dans une société libre et démocratique, et je me questionne sur notre détermination à construire main dans la main un destin collectif. Alors, oui, plus que jamais, chantons notre amour sacré de la Patrie. Liberté, Liberté chérie !

Journal LA CROIX 28 06 2021

23/06/2021

RESSENTIMENT

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Publié le 17 juin 2021
par Christine Pedotti

Il faut revenir sur l’épisode de la gifle infligée au président de la République lors de son déplacement la semaine dernière. D’abord, pour lui donner raison sur le fait qu’il ne faut pas en exagérer la portée. En effet, tout homme ou femme politique se sait être une cible potentielle. Et qu’est-ce qu’une gifle comparée à l’attentat du Petit-Clamart contre Charles de Gaulle – 150 balles tirées, 14 atteignant le véhicule.

Plus intéressants sont les réactions et commentaires à l’évènement, lesquels dénoncent une « montée de la violence » en politique. Le rappel des attentats d’autrefois montre que la violence a toujours existé. Et pourtant, nous avons le sentiment diffus et certain que nous sommes entrés dans des temps brutaux. Il est vrai que le mouvement des gilets jaunes s’est singularisé par des scènes de violences urbaines dont le but avoué était d’atteindre le cœur de l’État ; il a fallu barricader l’Élysée, une porte de ministère a été défoncée, la préfecture a été incendiée au Puy-en-Velay, et de nombreux élus de la majorité ont été pris à partie jusqu’à leur domicile tandis que leurs permanences étaient mises à sac. Une montée de la violence policière contre les manifestants y a répondu. Mais, là aussi, un peu de profondeur historique nous rappellerait que les années 1970 connurent des niveaux de brutalité bien supérieurs avec des lois dites « anticasseurs » et les attentats d’Action directe.

La violence est-elle aujourd’hui plus « commune » ? Sans doute, les réseaux sociaux permettent-ils à monsieur et madame tout-le-monde de se croire plus écoutés et entendus qu’ils ne l’étaient autrefois au Bar du commerce ou devant la machine à café. Les mots « pour rire » dépassent la pensée. On se moque en traitant le président de « tête à claques »… et voilà qu’il en prend une. Ce passage à l’acte presque « impensé » est aussi ce qui a caractérisé l’assaut du Capitole en janvier dernier à Washington.

Finalement, c’est peut-être l’analyse de Cynthia Fleury, interrogée dans TC cet hiver, qui est à la fois la plus pertinente et la plus inquiétante. Elle voit se lever « l’homme du ressentiment », rassasié de jalousie et d’amertume, levain du fascisme.

Il est certes naturel d’être irrité, agacé, et même « en colère » ; reste que Camus a toujours raison : « Un homme, ça s’empêche. »

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18/05/2021

LE REVENU D'EXISTENCE PAR CREATION MONETAIRE : UN OUTIL FACILITANT UN CHANGEMENT DE CAP.

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Réflexions en chemin

Le revenu d’existence par création monétaire : un outil facilitant le changement de cap

Publié le 18 mai 2021 par Garrigues et Sentiers

Pour faire face à la crise économique profonde qui se dessine les pays de l’Union européenne à l’image de ce qui se fait aux États Unis préparent des plans de relance massif. Ces plans aux sommes vertigineuses posent en creux le lien existant entre distribution des revenus et création monétaire. En effet, pour changer de cap, l’Europe doit répondre à un double défi : changer radicalement notre rapport à la monnaie et assurer à tous un droit de vivre dans la dignité. Dans cette perspective la question du revenu d’existence par création monétaire constitue un élément original de réponse.

 Le revenu d’existence peut devenir, après la paix en Europe, une nouvelle utopie mobilisatrice pour l’Union Européenne. Encore faut-il, à l’image de notre proposition de Revenu d’Existence par CREation monétaire (RECRE), accompagner cette nouvelle façon de distribuer le revenu d’une révolution démocratique et d’une révolution économique. Lire ... Le revenu d’existence par création monétaire un outil facilitant le changement de cap.pdf

08/05/2021

LE RETOUR DU CHRISTIANISME EN POLITIQUE

Le christiano-gauchisme?

Encore plus surprenante, une autre tribune, dans Libération cette fois, journal pourtant pas toujours tendre avec le christianisme. Signé du philosophe Michaël Fœssel, le titre est un brin provocateur : « Le christiano-gauchisme, phénomène méconnu ». Là encore, le texte démarre sur une citation du pape François, pour remonter à Léon XIII avant de revenir aux sources, c’est-à-dire l’Évangile… On retrouve Simone Weil, accompagnée cette fois de Bernanos. Enfin, L’Obs de cette semaine consacre un grand portrait au jésuite Gaël Giraud, présenté comme l’un des critiques les plus mordants « du néolibéralisme façon Macron » et « symbolisant le retour des catholiques de gauche »

On le voit, toutes les nuances politiques du christianisme social sont ici représentées. Mais cette manière de se référer explicitement à la religion pour entrer dans le débat politique n’est pas courante en France. Ces dernières années, les catholiques sont surtout sortis du bois « en tant que » catholiques, pour défendre les questions de l’intime et de la famille, notamment, pour certains, en manifestant contre le mariage pour tous. Que des chrétiens soient investis personnellement dans les domaines économiques et sociaux n’est pas nouveau. Qu’ils le disent et le revendiquent comme sources de leur action publique, l’est plus.

Le christianisme comme ressource

Sans doute sont-ils pris dans une forme d’urgence. Le sentiment que le monde ne va plus, que les déséquilibres sociaux et environnementaux menacent profondément l’avenir de l’humanité. Que les polémiques sans fin vont mener notre pays au bord de la guerre civile. Que le Covid a mis en lumière le besoin de sens dans nos sociétés lancées à corps perdu dans une quête de consommation effrénée. Et que, dans ce contexte, la prochaine élection présidentielle risque de déboucher en France sur une grave crise politique si aucune alternative au débat n’est proposée. Parmi ces alternatives, le christianisme, donc : comme ressource, éthique, manière de penser, d’agir, mais non comme solution toute faite. Ce que l’on avait un peu vite classé au rang de vieille idéologie dépassée peut apporter sa pierre à l’édifice du bien commun. Peut-être parce que les chrétiens sont bien placés, avec cette conviction que, pour reprendre les mots de Jacques Maritain (1), « le domaine politique et social est un domaine non pas seulement technique, mais d’abord et essentiellement humain. C’est-à-dire moral ».

Isabelle de Gaulmyn

Isabelle De Gaulmyn A propos de l’auteur

Isabelle de Gaulmyn est rédactrice en chef au journal La Croix. Longtemps responsable du service d’Information religieuse du quotidien, et envoyée spéciale permanente de La Croix au Vatican, elle est l’auteure de « Benoît XVI, le pape incompris », chez Bayard Culture (2008), de « François, un pape pour tous » aux Editions du Seuil (2014) et du livre « Histoire d’un silence », aux Editions du Seuil (2016). (1) L’Engagement chrétien, Salvator, 112 p., 12 €

06/05/2021

" LE COVID EST NOTRE "MOMENT DE NOE". NE LE GACHONS PAS" PAPE FRANCOIS

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Publié le par Garrigues et Sentiers

Fruit de longues conversations avec le journaliste britannique Austen Ivereigh, l’ouvrage publié sous la signature du Pape François intitulé Un temps pour changer me paraît particulièrement utile en ces temps où tout un chacun s’interroge sur « le monde d’après ».

« Le Covid 19 est notre « moment Noé », à condition que nous puissions trouver notre chemin vers l’Arche des liens qui nous unissent : l’arche de l’amour et d’une appartenance commune. L’histoire de Noé dans la Genèse ne parle pas seulement de la façon dont Dieu a proposé un chemin pour sortir de la destruction, mais aussi de tout ce qui a suivi. La régénération de la société a signifié un retour au respect des limites (…) L’introduction du sabbat et du jubilé – moments de de relèvement et de réparation, de remise des dettes et de rétablissement des relations – a été la clé de cette régénération, donnant le temps à la terre de renaître, aux pauvres de trouver un nouvel espoir, aux gens de retrouver leur âme » (1).

Pour illustrer son propos, François évoque « trois Covid » qui ont traversé son histoire personnelle : une maladie grave à l’âge de 21 ans, le déracinement qu’il a connu lorsqu’il est allé en Allemagne pour faire des recherches sur sa thèse, le « licenciement » de ses fonctions de provincial et de recteur chez les Jésuites en Argentine (2). De ces expériences, il conclut que si on se laisse transformer, on s’améliore, mais si on s’enfonce, on en ressort pire. Or, constate -t-il « en ce moment, j’en vois beaucoup qui s’enfoncent. C’est précisément ce que font les personnes les plus investies dans la manière actuelle de faire les choses. Il y a des dirigeants qui parlent de faire quelques ajustements ici et là, mais ils plaident essentiellement pour le même système qu’auparavant. Quand ils parlent de « restauration », ils veulent mettre un peu de vernis sur l’avenir, retoucher la peinture ici et là, mais en gros, s’assurer que rien ne change. Je suis convaincu que cela conduira à un échec encore plus grand, qui pourrait déclencher une énorme explosion sociale » (3).

Pour François, si l’on veut sortir de la crise, le chemin est clair : « Tu dois aller aux périphéries de l’existence si tu veux voir le monde tel qu’il est. J’ai toujours pensé que le monde semblait plus net depuis les marges, mais depuis ces sept dernières années, en tant que pape, ça me saute aux yeux. Tu dois te rendre aux marges pour trouver un avenir nouveau » (3).

Mais, pour François, aller aux périphéries ne peut se faire de manière abstraite. Il s’agit de dépasser le travail caritatif et social, certes indispensable, pour un authentique débat politique et citoyen : « Quand je parle de changement, je ne veux pas seulement dire que nous devons mieux nous occuper de tel ou tel groupe de personnes. Je veux dire que ces personnes qui sont aujourd’hui aux périphéries doivent devenir les protagonistes du changement social. Voilà ce que j’ai dans le cœur » (4).

Bernard Ginisty  Ginisty philosophe et directeur de TC

(1) Pape François : Un temps pour changer. Conversations avec Austen Ivereigh, éditions Flammarion, 2020, p. 29.

01/05/2021

UN TOUAREG AU SERVICE DE LA PAIX DANS LE SAHEL

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Au sein de l’ONG malienne Azhar, Assinamar Ag Rousmane recherche les moyens d’installer la paix entre les communautés sahéliennes, trop longtemps laissées à elles-mêmes. Cette paix, qui permet le développement agricole, passe par le dialogue entre l’Etat malien et les communautés.

                                                               Portrait d’Assinamar © Marion Chastain / CCFD-Terre Solidaire

Assinamar Ag Rousmane en est fier : l’an dernier, il a mis autour de la table de négociations deux factions touaregs de la région de Tessalit, au nord du Mali. 

« Elles étaient en conflit depuis des années et nous les avons convaincu de signer un pacte de paix » explique le directeur de l’ONG malienne Azhar.

Le secret de sa réussite : « nous avons ciblé les bons acteurs de la négociation. Avec eux, nous avons identifié que le découpage territorial était la source du problème. Ici, dans le Sahel, les gens votent pour un candidat de leur communauté. Or, certains avaient le sentiment de ne jamais être représentés. Notre plaidoyer auprès des autorités a permis un accroissement du nombre d’élus. »

« Notre but est de consolider la paix »

Assinamar, âgé de 34 ans, est originaire de Tessalit, une petite ville au milieu du désert sahélien, à une centaine de kilomètres de l’Algérie. Un peu plus au sud, c’est la région de Kidal, libérée de l’emprise djihadiste par l’armée française à la fin de l’année 2012.

"Tous nos locaux ont été saccagés par les djihadistes"

Assinamar venait de commencer à travailler dans l’ONG qu’il dirige aujourd’hui, Azhar, « ce qui veut dire - lien de famille - en langue touareg. En 2012, tous nos locaux ont été saccagés par les djihadistes. L’appui financier du CCFD-Terre Solidaire a été déterminant pour renaître. Aujourd’hui, nous intervenons dans huit régions du Mali, sur la gestion des conflits et la prévention de l’extrémisme violent. »

Azhar forme à l’agroécologie maraîchers et éleveurs. L’ONG peut fournir des semences, du matériel agricole, reconstituer un cheptel.

« Notre but est de consolider la paix. Sans cette paix, il est impossible de pratiquer le maraîchage ou l’élevage » explique-t-il.

                                                                  Rencontre des leaders communautaires du Cercle de Tessalit. Rétablissement de la paix organisée                                                                       par AZHAR. © Azhar / CCFD-Terre Solidaire

Au Sahel, la paix est une question de survie

Assinamar est un homme du Sahel. Sa grand-mère vit entre le Mali et l’Algérie au gré de la transhumance de ses chamelles, chèvres et moutons.

Il considère que la chance de sa famille a été d’appartenir à une « tribu de vassaux. Cela a permis à mon père d’aller à l’école. Car, pour un chef, envoyer un enfant à l’école, c’était faire entrer les idées nouvelles. Alors, les chefs envoyaient les enfants de leurs vassaux et de leurs esclaves à l’école et cachaient les leurs. Beaucoup le regrettent aujourd’hui. »

Assinamar, a poursuivi des études à Bamako, à Alger, obtenu un diplôme universitaire de l’Institut catholique de Paris sur les interventions civiles de paix.

"Formé à la non-violence" « Cet enseignement prône la non-violence et met en avant l’importance des acteurs locaux. Aujourd’hui, je forme une quarantaine de jeunes sahéliens à la paix. »

La paix au Sahel est une question de survie. Assinamar rappelle que la majorité des Maliens était contente de l’arrivée des militaires français de l’opération Barkhane.

« C’était une manière de stabiliser le pays. Mais, aujourd’hui, on ne voit pas la paix. On annonce régulièrement la mort d’un chef terroriste, et la situation sécuritaire ne s’améliore pas. En plus, l’armée malienne est coupable de nombreux abus sur les populations civiles. »

                                        Reboisement de l’oasis Tessalit, cultures et irrigation des actions de AZHAR. © Azhar / CCFD-Terre Solidaire

Faire en sorte que la population sahélienne se reconnaisse dans l’Etat

Le Sahel est un terreau fertile aux conflits, car les populations qui l’habitent ne se reconnaissent pas dans les Etats censés les gouverner, résume Assinamar. Ce constat est vrai pour le Mali, comme pour le Niger ou le Burkina Faso. Les éleveurs ont l’impression d’être condamnés à rester en marge d’Etats qui favorisent les agriculteurs. Dans ce contexte, Assinamar estime que

 « le problème religieux est secondaire. La base est de régler les conflits intercommunautaires. C’est un travail de longue haleine pour la société civile. » "Les gens ont l’impression que la démocratie ne les prend pas en compte"

Ces rancœurs entre communautés ont été attisées ces dernières années, selon lui, « par le trafic de la drogue vers l’Europe qui a provoqué la prolifération des armes, et aussi par le retour, après la chute de Kadhafi, des Maliens engagés dans les forces armées libyennes. »

Sur le terrain, Assinamar ne désespère pas de la paix. La première des choses est que l’ensemble des communautés du Sahel se reconnaissent dans la gouvernance et la justice.

« La crise de 2012 était aussi un révolte des ruraux sur les citadins du Sahel, une revanche des périphéries sur les villes. Les gens ont l’impression que la démocratie ne les prend pas en compte. »

L’autre priorité concerne les jeunes dans un Sahel où la natalité est la plus forte au monde. Certains partent vers le Maghreb ou l’Europe. Il constate « qu’ils y trouvent des conditions de vie plus acceptables. Ceux qui restent peuvent être enrôlés dans les groupes armés. »

Par Pierre Cochez Publié le 16.04.2021  Mis à jour le 23.04.2021

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