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21/01/2021

TENIR !

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                                         TENIR !

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Serrer les dents, se serrer les coudes et tenir bon ; malgré la menace du variant anglais, malgré les hoquets de la campagne de vaccination – il suffit de lire la presse étrangère pour constater que nulle part cela n’est suffisamment fluide, ni suffisamment rapide.

Tenir malgré ce couvre-feu à 18 heures qui sonne comme une punition pour pensionnaires turbulents, tenir malgré la menace d’un troisième confinement suspendue au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès.

Que la saison est longue de ce virus qui n’en finit pas, que les soirées sont sombres en ce triste hiver où il nous reste à lire au coin du feu, écumer les vieilles séries télévisées, réécouter des disques trop aimés, deviser avec ceux et celles qui partagent notre toit et, surtout, éviter les chaînes d’information continue, qui déversent leur flot de polémiques suscitées de toutes pièces, de débats entre experts autoproclamés et fugitives gloires de plateau, vite usés, vite renouvelés.

Plus que jamais, il nous faut découvrir au fond de nous-même les sources de la sagesse. Résister aujourd’hui, c’est trouver ou retrouver la patience, et même la bienveillance à l’égard de nous-même et d’autrui. Il nous faut cultiver une forme de détachement, de quasi-nonchalance afin d’échapper à la mélancolie et à la dépression.

Les professionnels du psychisme nous alertent, comme la Bible : « Il n’est pas bon que l’homme – l’humain – soit seul. » Nous manquons de contacts, de chaleur humaine et nous faisons le constat que, même avec la plus grande force d’âme, nous sommes aussi des mammifères. Nous aimons les caresses, les embrassades, les empoignades. En être privés, c’est risquer d’être moins humains. Nous ne sommes pas que de la pensée, de la volonté, de l’intelligence, nous sommes aussi notre corps, et c’est avec ce corps que nous rencontrons le monde.

Il nous reste à cueillir et à partager les petits riens qui réchauffent, les clins d’œil par-dessus un masque, le sourire des yeux, la beauté d’une aube ou celle d’un couchant.

Pour tenir, nous allons inaugurer une rubrique de bonnes nouvelles à partager. Vous pouvez participer en nous les envoyant par courrier ou courriel. Nous les publierons sur le papier ou sur le site.

Sursum corda !  

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Témoignage Chrétien

Christine PEDOTTI 

08/01/2021

CHRETIEN SANS LE SAVOIR

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Peut-on considérer une personne qui fait le bien comme un « chrétien anonyme »  ??   L’expression du théologien Karl Rahner ouvre le débat sur la mission de l’Église.

« Hors de l’Église, point de salut », soutenait de sa plume l’évêque saint Cyprien sous l’Empire romain pour ériger la religion chrétienne en vérité exclusive. Au fil des siècles, l’adage s’est largement effacé du discours catholique, tandis que les frontières du monde se sont élargies et que d’autres réalités culturelles sont apparues, jusqu’à ce que l’Église opère finalement une grande réforme et s’ouvre de manière inédite aux autres religions. Nous sommes alors en plein concile Vatican II, pour lequel évêques et experts du monde entier sont rassemblés pour penser la foi catholique du XXIe siècle. Parmi les théologiens du Concile, le prêtre allemand Karl Rahner émet la thèse des « chrétiens anonymes ».

Le jésuite avance que tous les êtres humains menant une vie honnête, vertueuse, font inconsciemment acte de foi. À ses yeux, ils sont donc des « chrétiens qui ne savent pas exactement ce qu’ils sont », et obtiendront le salut. Car l’Église contemporaine se situe sur une périlleuse ligne de crête : comment peut-elle devenir plus universelle, ouverte et tolérante vis-à-vis des autres croyances, et affirmer malgré tout l’importance de l’évangélisation, et la vérité de la parole du Christ ?

Lire ... chrétiens sans le savoir LA CROIX 8 2021.pdf

HUMOUR -IL NEIGE EN HIVER - LE BILLET D'ALAIN REMOND -

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Débats /billet

Il neige en hiver

Alain Rémond

Les journaux télévisés viennent de découvrir avec stupéfaction un phénomène inouï : il neige en hiver. La neige est ce truc blanc qui tombe sur les champs, sur les routes, sur les autoroutes, sur les villes, sur les villages, partout. C’est insensé. En plus, il s’avère que, sur la neige, les voitures glissent, dérapent, peuvent même faire ce qu’on appelle un tête-à-queue. C’est dingue. Heureusement, l’homme, dans son génie, a su concevoir cette invention qui fait honneur à la civilisation : les chaînes. C’est ce que découvrent, tout excités, pour ne pas dire bouleverser, les envoyés spéciaux qui, du coup, filment avec enthousiasme et dans ses moindres détails cette délicate opération, qui consiste à enrouler la chaîne autour de la roue, pour qu’on comprenne bien la portée de la chose, pendant que la neige continue de tomber, vu qu’apparemment c’est tout ce qu’elle sait faire. Soit, pour un seul journal télévisé, trois révélations pour le prix d’une. Premièrement : il neige en hiver et la neige tombe de haut en bas. Deuxièmement : sur la neige, les voitures peuvent glisser et déraper. Troisièmement : pour ne pas glisser et déraper, il convient de mettre des chaînes autour des roues. C’est tout bonnement stupéfiant. Quelque chose, pourtant, me tracasse. Je me demande si l’année dernière (et peut-être même les années d’avant) la télévision ne nous avait pas déjà raconté tout ça. Mais je dois me tromper. Ça se saurait, tout de même.

Journal LA CROIX 6/01/2021

25/12/2020

LE MONDE D'AVANT

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Chers amis, chères amies, lecteurs et lectrices de TC, j’espère que vous me pardonnerez de me laisser aller à une confidence personnelle. Voici un peu plus de dix-huit mois, mon époux, mon doux bien-aimé, a quitté cette vie, qui était aussi celle que nous partagions depuis trente-huit années, en un instant, foudroyé par une mort subite que rien ne laissait présager.

Le surgissement du Covid et de ses confinements s’est comme ajouté puis confondu au temps du deuil en en revêtant les mêmes signes : le retrait du monde, le repli sur soi, la distance sociale, le sentiment lourd et triste que quelque chose de radical s’est produit et que rien ne sera plus jamais comme avant.

Plus jamais… tous ceux et celles qui ont perdu un être cher savent la cruauté acérée de ces deux mots : « plus jamais ». Si je partage avec vous cette expérience personnelle, c’est parce qu’il m’est apparu ces derniers jours que cette pandémie est pour nous tous une expérience de deuil. Certes, pour certains d’entre nous, nous y perdons des proches, mais pour tous, jeunes et vieux, malades ou bien portants, nous traversons un épisode dont nous savons que, lorsque ce sera fini – et cela le sera –, rien ne sera plus jamais comme avant.

Lors du premier confinement, d’abord sidérés par le choc, nous nous sommes pris à rêver, comme dans une forme de déni, à un utopique « monde d’après ». Ensuite est venue la colère et nous avons accusé ceux qui nous gouvernent, ceux qui n’avaient pas prévu, et nous nous sommes aussi révoltés ; contre les masques, contre les règles, contre l’absurde. Nous avons un peu marchandé et nous le faisons encore, en évaluant nos prises de risque pour les fêtes, mais nous sommes aussi saisis par la tristesse et la morosité, et il faut dire que la saison ne nous aide guère. Il nous reste à accepter vraiment que le monde d’avant est derrière nous et à en « faire notre deuil ». C’est ensuite que nous allons pouvoir reconstruire, retrouver la vie et sa fécondité.

Noël raconte cela aussi, une étincelle au cœur de la nuit, l’espérance fragile incarnée dans ce nouveau-né. Du neuf, infiniment petit, et infiniment porteur de promesses. Amis, amies, nous sommes un peuple qui marche dans les ténèbres et nous voyons se lever une toute petite lumière. Chérissons-la, elle deviendra un feu immense. Joyeux Noël !

TC.jpgChristine Pedotti

05/11/2020

VOUS N'AUREZ PAS LA GUERRE

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Publié le 5 novembre 2020

par Christine PEDOTTI

 

Photo : Maya-Anaïs Y. (CC BY 2.0)

Il y a cinq ans, le 13 novembre 2015, après les crimes terroristes du Stade de France, des terrasses et du Bataclan qui firent 130 victimes et plus de 400 blessés, Antoine Leiris, dont l’épouse avait été tuée ce soir-là, écrivait un texte bouleversant intitulé Vous n’aurez pas ma haine. Aujourd’hui, après le meurtre de Samuel Paty et ceux de trois personnes dans la basilique Notre-Dame de Nice, nous devons avec le même courage, la même fermeté d’âme, dire : « Vous n’aurez pas la guerre. »

Il nous faut le dire à ceux qui nous attaquent et espèrent que nous allons nous jeter dans la bataille et rendre coup pour coup. Ceux-là veulent le chaos. Ils imaginent que, si nous perdons notre sang-froid et notre raison, si nous mettons dans le même sac du soupçon tous les musulmans, alors ceux-ci, en France et au-delà, tomberont dans leurs bras. Alors l’islamisme ne sera plus une menace minoritaire n’ayant pour arme que la terreur, mais une véritable puissance politique.

Mais, ce refus de la guerre, nous devons aussi et surtout l’opposer à tous ceux et celles qui, face à l’épouvante réelle que suscitent ces actes, trouvent un intérêt politique à faire monter les enchères. Depuis quelques décennies, nous vivons dans des sociétés paisibles. Les jeunes hommes ne meurent plus au combat, et nous vivons de plus en plus vieux et en bien meilleure santé. Même le terrible coronavirus ne fera guère bouger le curseur de l’espérance de vie.

Nos États sont protecteurs, providents même, et nous assurent la sécurité. Ces drames violents, théâtraux, nous font vaciller car ils atteignent ce qui nous est le plus précieux.

Mais, justement, il s’agit de défendre la paix, de défendre le droit et la justice contre ces crimes, et nous n’y réussirons pas en bradant follement le droit, la justice et la démocratie. Si nous le faisions, non seulement nous n’aurions pas la paix, mais nous y perdrions aussi l’honneur.

Le sang-froid et la raison sont nos seules armes et elles sont de celles qui ne tuent pas. Elles sont souveraines contre tous les délires extrémistes, toutes les chimères radicales ; celles des fous de dieu comme celles des fous de l’ordre. À tous nous disons : « Vous n’aurez pas la guerre. »

Christine Pedotti

Photo : Maya-Anaïs Y. (CC BY 2.0)

22/10/2020

LE GROUPE IMAMS PRÊTRES DE MARSEILLE

Une initiative à faire connaître.. là où nous vivons, pourquoi ne pas nous rencontrer ?  

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 Message du groupe imams prêtres de Marseille à la suite de l’assassinat de Samuel Paty

Le groupe marseillais imams prêtres qui se réunit depuis 10 ans a rédigé un message suite à l’assassinat de Monsieur Samuel Paty. Ce groupe dit sa condamnation de tout acte terroriste, redit l’importance de se rencontrer, de dialoguer, d’accueillir les richesses et les différences tant culturelles que religieuses et dit aussi sa disponibilité pour témoigner d’un vivre ensemble respectueux et apaisé.

Voir ... https://t.co/a4NzYBmg4R?amp=1

ou..MESSAGE DU GROUPE IMAMS PRÊTRES DE MARSEILLE.pdf

21/10/2020

PARDON POUR NOTRE AVEUGLEMENT

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Assassinat de  Samuel Paty : « Pardon pour notre aveuglement » 

Publié le 19/10/2020 à 16h39 I Mis à jour le 19/10/2020 à 16h45

Laurent Stalla-Bourdillon, directeur du Service pour les professionnels de l’information du diocèse de Paris et enseignant au collège des Bernardins, réagit à l'assassinat de professeur d’histoire-géographie Samuel Paty, décapité par un terroriste islamiste le 16 octobre dernier.  

Laurent Stalla Bourdillon

 P. Laurent STALLA-BOURDILLON 

Rien de plus difficile que d’apprécier la dangerosité réelle d’une personne fichée pour radicalisation. Cependant, la République pourra-t-elle encore longtemps se contenter de rendre l’hommage de la nation à ceux qu’elle n’a pas su protéger ? Comment honorer la mémoire d’un enseignant soucieux de la réflexion critique, sinon en lui demandant pardon pour ce que nous n’avons voulu voir, ce que nous n’avons pas fait pour qu’il n’ait pas à payer de sa vie son zèle et ses efforts ?

Pardon pour notre aveuglementpardon pour notre lâcheté, pardon même pour ces honneurs qui viennent trop tard et que rendent ceux-là mêmes qui auraient dû agir ! Nous pourrons louer son héroïsme, ses qualités humaines et pédagogiques, nous ne dirons jamais assez notre part de lâcheté devant l’islamisme, nos inhibitions devant les fanatismes et nos manques de considération pour les nouveaux défis éducatifs. Voici que l’héroïsme des uns est révélé par l’inconséquence des autres : Samuel Paty est devenu la proie d’un islamisme que nous pensions faussement sous contrôle. La mise en avant de la lutte contre le terrorisme islamiste dans les rues n’a que trop servi d’alibi à l’inertie pour en combattre son idéologie dans les esprits.

Pardon aussi pour ces années d’un traitement médiatique de l’islam radical qui ont peu à peu installé une tolérance à l’intolérable, comme si l’on pouvait s’en accommoder en y voyant un simple fait social ou une inoffensive diversité culturelle. Pardon enfin pour notre naïve complaisance avec ceux qui font des réseaux sociaux un terrible catalyseur de haine. Comment neutraliser un bras armé si l’on a neutralisé sa propre capacité de réfléchir ? Notre histoire nous enseigne que les totalitarismes naissent du silence des consciences anesthésiées par la recherche du confort, préféré à la vérité. Nous n’avons rien fait de cette expérience. Pardon Samuel. 

France, parle à tes enfants pour désarmer les haines. 

Avons-nous besoin des indécentes surenchères politiciennes de ceux qui veulent renouveler la virginité de leurs ambitions sur la dépouille de celui qu’ils ont abandonné en première ligne ? Les Français sont-ils assez exigeants avec ceux qui les dirigent ? Sont-ils seulement assez lucides sur leur propre démission culturelle et spirituelle ? Si la faillite de l’État se voit plus clairement, la dérive est bien collective.

Comme avant lui le père Hamel, Samuel Paty a été égorgé par le bras d’un jeune de moins de 20 ans ! La violence n’attend pas les années, et la folie meurtrière se fantasme en justicière. 

Tout ça pour des dessins, destinés à illustrer et éveiller à la liberté et au travail de la conscience. Cette liberté n’est jamais acquise une fois pour toute. Au contraire, elle est toujours l’objet d’un âpre combat qui ne se remporte qu’à la faveur d’une grande considération pour notre fragile nature humaine. N’est-ce pas parce que nous ne savons plus qui nous sommes, que nous ne savons plus ce que nous avons à devenir ensemble que le fanatisme germe si bien dans nos territoires ? Ce qui monte à l’esprit emporte notre vision du monde. Quel est notre idéal ? Quel nouvel humanisme pourra nous délivrer de l’islamisme ? Il n’est plus temps de penser à des actions, mais d’agir en hommes de pensée. Le sang d’un professeur d’histoire vient de mettre la France face à son destin.

Laurent Stalla-Bourdillon

 

20/10/2020

MESSAGE DE L'ASSOCIATION DE L'ESPLANADE DES RELIGIONS ET DES CULTURES DE BUSSY SAINT GEORGES

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Les communautés religieuses de Bussy Saint Georges (77) ont appris avec effroi l’attentat dont a été victime un professeur d’histoire du collège de Conflans St Honorine et ont organisé un rassemblement dimanche 18 octobre pour exprimer leur soutien à la famille de Samuel Paty, à ses proches et aux personnels de l’Education nationale.

Les fidèles des différentes religions sont profondément endeuillés, et au-delà l’ensemble des habitants de notre ville et ses alentours.

L’assassinat lâche et abject d’un enseignant porte atteinte à des principes fondamentaux de la République comme la liberté d’expression, la liberté de conscience, la laïcité.

L’association de l’Esplanade des Religions et des Cultures regroupe les communautés bouddhistes, catholique, hindouiste, juive, musulmane et protestantes. Depuis 2012, nous avons appris à vivre ensemble en bon voisinage, à devenir curieux de connaître la religion des autres, à nous inviter pour nos fêtes, à proposer des initiatives communes pour la planète, pour la paix, en particulier aux moments des attentats.

En 2019, nous avons accueillis près de 2000 personnes venues visiter nos lieux de culte, dont beaucoup de jeunes, pour leur faire découvrir la richesse de la connaissance des religions et de leur apport dans la vie sociale. La municipalité et les pouvoirs publics reconnaissent cet apport précieux au vivre ensemble.

Quand les religions se présentent ensemble, elles peuvent apporter beaucoup à la société et à l’école, par exemple dans le cadre de l’enseignement du fait religieux. En 2015, après les attentats de janvier, nous avions écrit à l’inspectrice d’Académie :

« Il nous semble qu’il y aurait un grand intérêt à ce que les jeunes des collèges et des lycées de notre secteur entendent des responsables des différentes religions dire ensemble comment ils voient les questions de la violence et du lien social, et qu’ils puissent leur poser des questions. Cela serait de nature, nous semble-t-il,  à éviter les amalgames et permettrait aux jeunes de dialoguer ensuite entre eux et avec leurs enseignants en connaissance de cause. Cela pourrait participer à l’effort d’instruction civique des élèves et d’initiation aux valeurs républicaines.

Une telle intervention, dans le cadre strict de l’éducation civique des élèves, nous semble correspondre à l’esprit de la laïcité, qui n’est pas à vivre contre les religions, mais avec elles, quand elles sont ensemble pour favoriser le vivre ensemble et la paix sociale. »

Malheureusement, nous n’avions pas eu de réponse. Aujourd’hui, après ce qui s’est passé au collège de Conflans St Honorine, nous réitérons notre proposition, car elle nous semble aller dans le sens d’une société plus apaisée et plus fraternelle.

Les collèges et lycées qui viennent visiter notre Esplanade des Religions et des Cultures proviennent actuellement de l’enseignement confessionnel. Nous serions heureux que des établissements de l’Education nationale puissent aussi profiter de cette expérience.

Cette année, nous avions choisi comme thème de nos initiatives communes les Droits de l’enfant, droits à une éducation ouverte, à la connaissance des religions et cultures, à l’esprit critique et à la liberté d’expression éclairée. Dans le respect des mesures sanitaires, nous allons proposer dans les mois qui viennent des rencontres interreligieuses sur ces thèmes.

Farid Chaoui,

Président de l’Esplanade des Religions et des Cultures

Dominique Fontaine

Secrétaire de l’Esplanade

ARTICLE DU PARISIEN

Le 18 octobre 2020 à 18h39
Des fidèles musulmans, juifs, catholiques, bouddhistes ou protestants se sont rassemblés ce dimanche devant la mosquée de la ville, au bout de l’esplanade des religions qui fait la fierté de Bussy.L'esplanade des religions de Bussy-Saint-Georges a encore fait la preuve de son unité. Dimanche après-midi, une centaine de fidèles de toutes les religions représentées ici, sur quelques centaines de mètres, se sont rassemblés devant la mosquée pour rendre hommage à Samuel Paty, le professeur assassiné vendredi devant son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Au même moment, un peu partout en France, et notamment sur la place de la République à Paris, des rassemblements ont été organisés ce dimanche.
C'est Farid Chaoui, président de l'association musulmane de Bussy, qui a lancé l'invitation dans la journée à ses voisins juifs, bouddhistes, protestants ou catholiques avant d'apporter « une condamnation catégorique à cet acte ».
Invité, le maire Yann Dubosc (LR) a pris la parole et appelé à « éviter les amalgames et la stigmatisation ». « Quand un acte pareil est commis, la nation s'unit. Nous sommes une ville exemplaire dans le vivre-ensemble, estime le premier édile. C'est très important, surtout en ce moment, de montrer que la laïcité est l'intégration de toutes les religions. » « Il faut expliquer ce qu'est vraiment l'islam »
Avant d'aller partager un thé ou un café avec les autres, le représentant de la communauté juive Claude Windisch s'est dit « très ému. Cette réaction immédiate de la communauté musulmane est extraordinaire. La barbarie ne passera jamais. »
Dominique Fontaine, le curé de la paroisse locale, salue également l'initiative des musulmans de la ville. « Lors de l'assassinat du père Hamel, ce sont déjà les musulmans qui avaient été à l'initiative de notre déplacement sur place. En étant ici, on veut montrer aux enseignants qu'on est de tout cœur avec eux, qu'il faut continuer leur travail d'éducation à la conscience de l'histoire, des cultes et des religions. Leur rôle est aussi de développer l'esprit critique des jeunes. »
Venu avec un moine, Nakkhala-Bernard Jacques, représentant de la pagode laotienne, souhaitait lui aussi « montrer sa solidarité à la famille du défunt. Il faut prouver qu'on peut vivre ensemble» Un message que Farid Chaoui, et les autres membres de l'Association des religions et des cultures, s'efforcent de marteler au quotidien. « C'est lassant d'avoir à le répéter. Alors que nous sommes amenés à vivre longtemps avec cet obscurantisme, il faut expliquer ce qu'est vraiment l'islam. Il faut des imams formés en France, ça peut être nos enfants qui ont la culture française », estime-t-il.

LA VIE DE L'EGLISE ET LA SOCIETE D'AUJOURDH'UI - Mgr ROUET -

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Septembre 2015, article de Mgr Albert Rouet paru dans la revue Spiritus, le 9/10/2015 à 02h26

Dans son numéro daté de septembre 2015, la revue Spiritus a publié un dossier intitulé « Peule de Dieu, lumière du monde ». Mgr Albert Rouet, archevêque émérite de Poitiers (France), y a contribué par un article sur la vie de l’Église et la société d’aujourd’hui. Mgr Rouet part de l’analyse de deux tendances, qui selon lui, concernent la société et l’Église : la peur du manque et l’émiettement de la sécularisation. « Notre époque a peur de manquer parce que l’abondance est devenue la norme », explique-t-il. Dans la société comme dans l’Église règne la loi du nombre. Dans la société, par exemple, « classements et comparaisons hiérarchisent les lycées et les hôpitaux, les restaurants et les plages ».

..... Se préparer aux fortes lames du large

Tout portrait est une traduction, donc une trahison. De nombreux médias et travaux sociologiques sondent, scrutent et analysent la situation du catholicisme français. Les chiffres rayonnent ! Ces pages tentent autre chose : de dire, de l’intérieur de la vie ecclésiale, comment s’établit la relation du catholicisme à la société actuelle. C’est ce rapport historique qui décrit plus justement l’état vivant que des calculs comparant avec un passé qui n’est plus et souvent fantasmé. Une mutation profonde ne fait que commencer. Un retour à l’état antérieur s’avère impensable parce que les assises de la société ont muté. Il reste à inventer, à tenter plusieurs pistes. Dans tous les cas, il convient de commencer par entendre ce que ce monde sécularisé adresse à l’Église comme attentes, refus et espoirs. Il n’est ni meilleur ni pire, il est autre. Il demande une présentation renouvelée de la foi. L’Église ne ressent encore que les premières vagues de la sortie du port. De plus fortes lames l’attendent au large devant l’évolution prévisible et imprévisible du monde. Il lui est bien demandé d'« avancer au large » (Lc 5,4). Il lui faut donc se préparer en fonction du monde qui arrive déjà. C’est à cela que la provoque la fidélité évangélique.

Liire ... La-Croix-La-vie-de-l-Eglise-et-la-societe-d-aujourd-hui-analyse-de-Mgr-Rouet septembre 2015 REVUE CHRISTUS.pdf

 

16/10/2020

L'HEURE SOLIDAIRE ALA LUMIERE DE L'ENCYCLIQUE "TOUS FRERES"

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A pareille époque, "Habitat et Humanisme" met l’accent, avec le changement d’horaire, sur l’heure solidaire. Un slogan, non. Un espoir, plus encore une attention renouvelée à l’égard de ceux pour qui les horloges de la vie sont rythmées par les difficultés et les détresses.

Face à la marchandisation des relations, l’heure solidaire voudrait offrir un espace de gratuité, source de liberté.

Le Pape François dans sa magnifique Encyclique « Tous frères » ne nous invite-t-il pas à veiller à ce que la vie ne soit pas un temps qui s’écoule, mais un temps de rencontre.

Nous ne pouvons laisser personne en marge de la vie. Aussi, s’interroge-t-il : quelle est notre indignation face à la souffrance. L’indifférence à l’autre ne saurait être une option, rappelle-t-il avec force.

Cette heure solidaire n’est-elle pas un moment pour des rencontres qui transforment les relations.

  • Ainsi, cette maman avec ses enfants, abandonnée par son compagnon. Si nous avons pu lui trouver un logement répondant à son attente, elle reste malgré tout confinée dans une tristesse liée à la rupture.

Qui va prendre le temps de s’approcher, d’entendre pour comprendre, aux fins de faciliter le temps d’un recommencement.

  • Ce couple confronté à un chômage qui, pour trop durer, distille le doute jusqu’à susciter la perte de l’estime de soi, assombrissant davantage l’avenir.
  • Cette personne qui a perdu son mari. Les enfants partis, voici que la solitude est venue s’installer.

L’heure solidaire, c’est aussi l’heure des appels, des coups de fil à donner à ceux qui ont reçu tant de coups que leur mutisme crie leur désarroi.

Que de situations ne peuvent bouger qu’avec la rencontre désarmante de la bienveillance, transformatrice des relations au-delà de ce qui est espéré.

L’heure solidaire est un rendez-vous pour mettre de la lumière dans les horizons de ceux qui, au bord du chemin, sont blessés par la vie. Là, où il y a des « bleus à l’âme », le soin est celui de l’amitié, refusant l’étrangeté de l’autre, si bien évoquée par le Bon Samaritain.

Aucune loi ne pourra empêcher cette histoire de se répéter ; seul, le cœur nous en éloigne.

Le cercle est fermé, dit François, entre ceux qui utilisent et trompent la Société pour la dépouiller et ceux qui croient rester purs dans leur fonction importante mais, en même temps, vivent de ce système et de ses ressources.

L’imposture du « tout va mal », dit François, a pour réponse « personne ne peut y remédier, que puis-je faire » ?

L’heure solidaire est précisément un moment du refus de cet alibi, non point pour se demander qui est proche de moi, mais quel temps puis-je partager pour me faire proche de ceux qui, abandonnés, se pensent lointains.

L’heure solidaire, celle de la rencontre, bâtit des liens nouveaux, porteurs de l’amitié sociale. Ne l’attendons pas, créons-là. Horloges et carillons feront sonner dans les cœurs cette heure d’une ère nouvelle.

Bernard Devert, Président-fondateur d'Habitat et Humanisme

13 octobre 2020

Clic ... Bernard DEVERT.pdf