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07/03/2022

SAVOIR VIVRE ET SAVOIR MOURIR

TC.GIF

L’expression « Mourir pour Dantzig » hante nos consciences, reconvertie en « Mourir ou ne pas mourir pour Kiev. » Et nous voici acculés à des réflexions que nous aurions souhaité ne plus jamais avoir à affronter. De fait, nos enfants et petits-enfants n’iront pas mourir en Ukraine. L’état des forces et des traités nous en dispense. Sauf si la folie du satrape russe nous rattrapait, soit qu’il décide de franchir d’autres frontières que nous nous sommes engagés à défendre – pays baltes, Pologne… –, soit qu’il soit assez irresponsable, et ceux qui l’entourent avec lui, pour nous jeter dans un conflit nucléaire.

La brûlante situation qui amène la guerre sur le territoire de l’Europe nous rappelle que la construction européenne n’a pas pour but de nous engager à mourir ici ou là mais à nous faire vivre en paix, ce qui a été le cas depuis plus de soixante-quinze ans. De fait, l’Europe montre un front plus fort et plus uni que ce qu’imaginait M. Poutine, lequel comptait sur notre faiblesse et précisément – le mot est de l’un de ses diplomates – sur le fait que nous, Occidentaux vautrés dans notre confort, « ne savions plus pour quoi nous serions prêts à mourir ».

S’il n’est pas à l’ordre du jour de mourir – et espérons que cela le demeurera –, il est question de vivre et de vivre debout. Cela signifie que pendant que les Ukrainiens et Ukrainiennes sont en train de se battre avec héroïsme, dans une lutte inégale, nous prenions notre part en acceptant les désagréments réels générés par le conflit et les sanctions que nous prenons contre l’agresseur russe. À ce titre, on ne peut qu’être navrés de dégoût quand une Marine Le Pen, dont on sait l’admiration qu’elle a professé pour les démonstrations de puissance virile du Russe, réagit à l’annonce de la guerre en Ukraine en s’inquiétant de ses conséquences sur le pouvoir d’achat de Français et de Françaises. D’Éric Zemmour, qui rêvait d’un Poutine en France, ou rêvait d’être le Poutine français, mieux vaut ne rien dire tant il est clair que chez lui le pétainisme réel a pris le pas sur le gaullisme imaginaire qu’il revendique.

Il est des moments qui sont historiques parce qu’ils déterminent l’avenir. Le nôtre, celui de la démocratie, a un prix, espérons que ce ne sera pas celui de nos vies mais seulement celui du pain, des pâtes, du pétrole et du gaz.

Christine Pedotti Christine_Pedotti-100x100 (2).jpg

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