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27/01/2023

REQUIEM SOCIALISTE

« Jadis », mot terrible qui à lui seul enterre une époque. Jadis, le parti socialiste français constituait un espoir pour les classes moyennes et populaires et pour les intellectuels qui, tout en refusant de céder à la tentation du communisme, voulaient une société vivante, dans laquelle les assignations de classe et de milieu culturel pouvaient être contestées. Même si, souvent, la rhétorique conservait des accents révolutionnaires, tous et toutes savaient que les socialistes français, comme leurs voisins sociodémocrates, étaient à la fois pragmatiques et réalistes et qu’ils préféraient réformer plutôt que de nier le réel et, plus grave encore, « changer le peuple ».

La relecture de l’histoire longue en Europe montre que cette social-démocratie a été porteuse de l’amélioration des conditions de vie et de travail du plus grand nombre, de l’élévation du niveau de vie et d’éducation, et de la mise en place des grands systèmes de protection sociale – retraite, maladie, minima sociaux. Comme le chantaient les amis de Coluche voilà quarante ans, « aujourd’hui, on n’a plus le droit d’avoir faim ni d’avoir froid ». Certes, il y a encore des « trous dans la raquette », des mailles trop larges dans le filet, des situations de non-recours, mais, au bout du compte, à l’instigation de cette social-démocratie, la gauche, en luttant, et la droite, en acquiesçant de guerre lasse, ont instauré cette « providence » de nos sociétés, une situation unique dans l’histoire.

La question posée aujourd’hui est la suivante : « Et après ? » La déréliction actuelle des socialistes français dit assez le manque de carburant idéologique et intellectuel. Les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon hurlent : « Faisons payer les riches. » Bonne idée, sous réserve d’être sûr d’avoir toujours des riches : pour taxer la richesse, il faut la produire. Et c’est bien cette question de production des richesses qui n’est pas élucidée. Les enjeux environnementaux ne nous facilitent pas la tâche : la mise à l’arrêt des économies riches pendant le Covid a eu pour conséquence de précipiter 200 millions de personnes dans l’extrême misère. Face à ces immenses défis, il n’y a pas de réponses simplistes. Voilà pourquoi on pleure de voir les socialistes français disparaître dans de misérables guerres aussi picrocholines que narcissiques.

Christine PEDOTTIpedotti ronde.jpg

 

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