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24/11/2022

EVÊQUES, FRATERNISEZ !

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Evêques, fraternisez !
Oui, il faut de nouveau parler de la situation dans laquelle se trouve l’Église catholique et du désarroi majeur dans lequel sont plongés tant les laïcs que les religieux, religieuses, prêtres et évêques.

 Publié le 24 novembre 2022
 
Le désastre atteint le cœur même de la mission de l’Église : porter l’Évangile comme une nouvelle bonne et réjouissante, une parole sûre et vraie, une voie de bonheur et de sens. Que reste-t-il quand la parole est atteinte aussi profondément, quand non seulement elle est fausse, mais, plus grave, qu’elle est menteuse et trompeuse, c’est-à-dire intentionnellement dissimulatrice et corruptrice de la réalité et de la vérité.

Face à ce désastre, on hésite entre la colère et l’intense fatigue. Que peut-on dire ? Comment redonner un peu de vie à une parole vidée de sens ? Que faire quand les disciples du Verbe n’ont plus à offrir que des mots morts ? Il faut des actes, et des actes forts.

Évêques, une mission vous a été confiée lors de votre ordination. L’Évangéliaire ouvert au-dessus de votre tête signifiait aux yeux de tous et toutes que vous étiez ordonné au nom de l’Évangile et que vous vous engagiez à le porter et le faire résonner en tous lieux. Cette mission, comment la ­remplissez-vous aujourd’hui ? Vous avez reçu un anneau, signe d’engagement et de fidélité avec Dieu et le peuple de votre diocèse. Votre fidélité, où en est-elle ? À qui êtes-vous fidèles aujourd’hui ? Et votre crosse, ce bâton qui est le signe du soin vigilant que vous vous êtes engagés à avoir à l’égard de votre peuple, de quoi est-elle signe aujourd’hui, quand tant de gens se sentent blessés et abandonnés – les victimes directes, mais aussi les victimes des mensonges sans cesse réitérés ? Et votre mitre, cet appel à la sainteté, que vous murmure-t-elle aujourd’hui ?

Par l’imposition des mains, vous vous êtes situés dans la tradition des apôtres, comme dans une longue lignée qui vous unissait à vos prédécesseurs et à vos successeurs, et les uns aux autres. Cette solidarité vous engage les uns à l’égard des autres. Dans la catastrophe qui advient, il n’y a pas d’échappatoire. Nul ne peut dire « Je n’en suis pas » ou « Je n’y suis pour rien. » Non, bien sûr, vous n’êtes pas tous coupables, mais vous êtes responsables, c’est cela que signifie votre ordination. Y croyez-vous encore ?

Évêques, le temps est venu de poser le bâton, la mitre, l’anneau. La mission de l’Évangile, heureusement, n’appartient pas qu’à vous. Tous les baptisés, hommes et femmes l’ont reçue aussi. Vous ne pouvez plus régler la question « entre vous ». Il est temps de « fraterniser », c’est-à-dire de venir vers vos sœurs et vos frères et d’accepter de porter avec les unes et les autres ce fardeau qui vous écrase.

Évêques, vous ne vous en tirerez pas tout seuls. Et ne vous y trompez pas, la confiance, l’obéissance, vous ne les devez pas à des fonctionnaires romains.

Frères évêques, il est temps de vous sauver, de sauver l’Évangile. Ne croyez pas que la crise va passer et que, tôt ou tard, les choses reprendront leur cours normal. Une chose irréversible est arrivée, et c’est à votre génération, à notre génération qu’elle est arrivée. Nous ne savons pas pourquoi. Nous ne savons même pas si ce qui arrive aujourd’hui et qui est dévoilé est pire que ce qui s’est produit autrefois et qui est demeuré caché. Peu importe. Il nous appartient de lire « les signes des temps », même quand ce sont des signes de tempête, que le vent est mauvais et la vague puissante. Et surtout, ­souvenez-vous, ­souvenons-nous que quelqu’un dort dans la barque qui peut être réveillé.

Christine Pedotti

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