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29/04/2019

L'EGLISE PEUT-ELLE SURVIVRE AU SCANDALE ?

Magazine du Jour du Seigneur du dimanche 28 avril 2019 :

Scandale de pédophilie, religieuses abusées, frasques sexuelles au Vatican… L’Eglise catholique traverse une série de séismes qui remettent en cause non seulement son fonctionnement mais aussi sa cohérence et sa crédibilité. Si l’institution et le cléricalisme sont nettement pointés du doigt, cette crise secoue évidemment l’ensemble des fidèles mais aussi ceux qui éloignés des cercles de pouvoir ont donné leur vie par leur vocation à une Eglise, qu’ils auraient voulue évangélique et exemplaire.

Dans ce contexte, David Milliat donne la parole à une religieuse, Sœur Anne Descour, religieuse de l’Assomption, et au père Frédéric Ozanne, prêtre de la Mission de France. Ils expriment en plateau leurs réactions mais aussi leurs espoirs.

Cliquez sur la vidéo ci-dessous puis sur l’icône « plein écran »


 

18/04/2019

HOMELIE DU PERE HERVE GIRAUX, PRELAT DE LA MISSION DE FRANCE

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Messe chrismale à la cathédrale de SENS, mardi 16 mars 2019 

Dimanche dernier, le Pape François a invité les jeunes à manifester leur enthousiasme pour Jésus et, en même temps, à le suivre sur le chemin de la croix. Il faisait remarquer que « le silence de Jésus dans sa passion est impressionnant ». Puis il a ajouté : « Dans les moments d’obscurité et de grande tribulation, il faut se taire, avoir le courage de se taire, pourvu que ce soit un silence serein et non rancunier. (…) C’est l’heure de Dieu. Et à l’heure où Dieu descend dans la bataille, il faut le laisser faire. »

Parler ? Se taire ? Peut-être faut-il simplement nous parler ! Ces derniers temps, à diverses occasions, j’ai entendu ce désir de parler, en paroisse, en diocèse, en Fraternité. J’ai entendu aussi ce désir de parler chez les victimes toujours plus nombreuses qui libèrent leurs paroles trop longtemps retenues. Entre nécessité de silence et besoin de s’exprimer, je fuirais ma mission épiscopale en ne vous disant pas quelques paroles, mêmes brèves, comme Jésus dans l’Évangile. Après avoir lu les Écritures, il semble d’ailleurs prendre un temps de silence avant sa conclusion : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

Lire ... https://missiondefrance.fr/homelie-du-pere-herve-giraud-prelat-de-la-mission-de-france/

12/04/2019

RENCONTRE AVEC UN RESEAU D'ACTEURS, D'ELUS ET DE CITOYENS HORS DU COMMUN

Chers amis
Voici, ci dessous, un reportage sur le réseau de la Mission de France engagé avec ses partenaires dans l'animation de la ville d’Évry Courcouronnes
Il est publié dans le cadre de la mission confiée par notre Évêque pour contribuer a rendre visible la réalité d'une Église de la rencontre et du dialogue et en recherche de la justesse de l'attitude chrétienne
Le lien ci joint a été construit par Matthieu Fontaine
amitié
olivier CHAZY
 https://missiondefrance.fr/rencontre-avec-un-reseau-dacteurs-delus-et-de-citoyens-hors-du-commun/

J’étais, ce samedi 9 février 2019, à Evry-Courcouronnes dans l’Essonne, à la rencontre d’un réseau de citoyens : élus ou animateurs d’équipements de la ville d’Evry-Courcouronnes, organisé par Michel Desbruyères, présent là depuis 40 ans et membre de la communauté Mission de France. C’est lui qui fut chargé d’interpeller le Président Emmanuel Macron lors du grand débat dans la ville.

Étaient présents cinq élus de la majorité et de l’opposition, dont un élu communiste; Christophe, directeur de la «Scène nationale» établissement polyvalent d’art et de culture, Jean-Louis, directeur du « théâtre  du Coin des mondes », qui crée des pièces, en lien avec les habitants, des oeuvres du répertoire  international, des spectacles  pour les tout-petits, emprunts de poésie, Emmanuelle, directrice du multi-accueil du «Toboggan bleu » pour la petite enfance, divers animateurs  et acteurs solidaires de la Palestine, d’autres engagés au Secours catholique et des membres de la Communauté Mission de France.

La ville d’Evry-Courcouronnes, préfecture du département de l’Essonne, créée en 1970, située à 26 km de Paris, accueille aujourd’hui 71000 habitants, dont beaucoup sont issus de l’immigration. C’est une ville populaire avec 50 % des familles touchant les minimas sociaux ; une ville jeune avec un écart de dix points en dessous de la moyenne nationale, une ville culturelle qui a su encourager depuis longtemps les activités artistiques et les confier à des professionnels passionnés ayant une vraie intelligence du dialogue avec la population dans sa diversité grâce aussi à

Un maillage d’établissements et de conseils citoyens de quartier, et un budget ad-hoc .

Ce qui frappe en premier lieu c’est le sentiment partagé que cette ville est aimée de ses acteurs en raison même de sa diversité humaine et culturelle, qu’elle a réussi à associer la population depuis la crèche jusqu’au théâtre et l’université. Pour eux, c’est une réussite « incroyable « . « Nous sommes fiers d’y appartenir « , même si les salafistes ne sont pas loin, il y a beaucoup de «fluidité dans nos relations ».

Il est question, bien sûr, de méthode car comment réussir sans une vraie mise en relation :  » Nos projets sont réalisés en réseau et en dialogue dans leur contexte de pauvreté, de jeunesse, d’interculturalité « . C’est une intelligence collective qui est à l’oeuvre, des amitiés de longue date, une logique attentive à « l’empreinte civique » selon l’expression de Christophe, directeur de la Scène Nationale. Elle a un fort impact sur la conscience civique et citoyenne des habitants qui semblent bien se prêter au jeu.

Encore un mot pour terminer, Evry Courcouronnes est aussi une ville universitaire comptant 12000 étudiants et un pôle d’excellence avec le Génopole et les laboratoires qui y sont liés et l’hôpital de 2000 lits  avec des services très pointus…

Olivier Chazy

23/03/2019

LETTRE A LA COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE

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http://www.missiondefrance.fr

 

 

« Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur que nous n’ayons d’abord corrigé en nous. » Etty Hillesum

   « Quand sont ruinées les fondations, que peut faire le juste ? » Ps 10,3

Depuis la lettre du pape sur les divers abus, et ma lettre du 8 septembre 2018, où en sommes-nous ? Comment interpréter tout cela ? Que faire ?
Un prêtre (Frédéric Ozanne) écrivait dernièrement une belle homélie : « On en est là ». Et d’énumérer un cardinal incarcéré, un autre perdant l’état clérical, les abus sur les religieuses, le film « Grâce à Dieu », Sodoma et des clercs de la curie hypocrites, le nonce dénoncé… etc. Et, pendant ce temps, les victimes sont toujours plus écoeurées, des fidèles (clercs compris) sont de plus en plus en colère, désabusés ou révoltés. Semaine après semaine, les révélations sur les abus sexuels, les abus de conscience et de pouvoir nous plongent dans la consternation et la stupeur. Le courage des victimes qui parlent après tant d’années d’effroi et de souffrance nous invite à plus d’écoute, de justice et de vérité, dans la durée. Nous leur devons, comme à toutes celles et ceux qui continuent de dénoncer ces drames, de faire nous-mêmes toute la vérité possible au sein de la Communauté Mission de France comme dans toute communauté. Pas besoin d’une grande analyse pour voir que l’Église perd aussi toute crédibilité sur les sujets qui nous tiennent à coeur : travail, migrants, Laudato Si’… etc. La décision du cardinal Barbarin de se « mettre en retrait pour quelque temps » est apparue d’autant plus incompréhensible qu’elle laisse penser que le pape ne comprendrait pas la situation des victimes.
Alors, avant de passer trop vite à des considérations prétendument spirituelles ... Lire ... LETTRE A LA COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE.pdf 

09/03/2019

ON EN EST LA !

FREDERIC OZANNE.jpg Frédéric OZANNE, prêtre
Aumônier scout et salarié du bâtiment

Si j’essaie de résumer, on en est là pour l’instant : un cardinal australien incarcéré la semaine dernière pour acte de pédophilie – un autre, américain celui-ci, débarqué pour la même raison il y a trois semaines. Le film Grâce à Dieu vient de révéler la double souffrance des victimes d’abus sexuels commis par des prêtres : la violence physique, dans leurs corps, et la non-reconnaissance de cette violence par l’Eglise, son silence… comme parfois celui des familles. « Le pire, ce n’est pas la méchanceté des gens mais le silence des autres ». C’est le rappeur Maître Gim’s qui chante ça. C’est d’un autre ordre, mais c’était aussi il y a trois semaines : un nonce apostolique en France est accusé d’agressions sexuelles sur un membre de la Mairie de Paris. Et le livre Sodoma révèle l’incohérence probable de certains prélats de l’Eglise catholique qui dénoncent l’homosexualité le jour tout en la pratiquant la nuit. 

Lire ... ON EN EST LA !.pdf

01/03/2019

VERT, BLEU ET JAUNE

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Vert, Bleu et Jaune

L’écologie, l’Europe et les gilets jaunes, c’est l’équation contemporaine à trois inconnues. L’écologie est-elle une vertu seulement développée chez des citoyens courageux et inconnue d’une politique économique fondée sur la croissance ?
La justice sociale est-elle inconnue de l’Europe qui a installé une politique libérale de concurrence et de  dérégulation en faveur des marchés financiers ?
Sortie de l’invisible, la classe populaire qui s’est exprimée par gilets jaunes survivra-t-elle à l’inconnue des grands débats ou perdurera-t-elle par la violence ?
Il manque toutefois une des couleurs fondamentales à l’équation. Celle du rouge de colère, du rouge feu de la combustion destructrice, du rouge cardinal de la honte, quand se conjugue la trilogie des trois abus : abus de pouvoir,abus de conscience et abus sexuels.
Ces fractures interrogent l’exercice du pouvoir et la crédibilité de toute autorité.
Les délocalisations de tous ordres n’en finissent plus de miner le lien social et la fraternité.
Les systèmes hiérarchiques et verticaux n’inspirent plus confiance.
Les citoyens demandent un renforcement du pouvoir d’agir, réclament un rapprochement des lieux de décisions quand leur vie quotidienne est en jeu.
L’Église doit aussi renverser la vapeur et sa manière de penser son organisation. Son autorité, elle la tient du Christ qui s’est identifié aux pauvres, aux malades, aux étrangers, aux prisonniers, et aux enfants. On inclura la clameur de la terre aujourd’hui prisonnière de notre consommation effrénée et maltraitée sans vergogne.

Arnaud Favard, 

Vicaire général de la Mission de France

 

21/02/2019

LA LETTRE AUX COMMUNAUTES CHANGE DE FORMAT

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LA COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE SE JOINT A LA DECLARATION DES EVÊQUES DE FRANCE ...

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La Communauté Mission de France se joint à la déclaration de la Conférence des évêques de France, antisémitisme : tous appelés à un sursaut de fraternité

Paris, le 18 février 2019

DÉCLARATION

La Conférence des évêques de France s’associe à l’élan national contre l’antisémitisme. Elle adresse un soutien sans faille à la communauté juive de France constituée de ses « frères aînés dans la foi » (Saint Jean-Paul II). « Nous sommes appelés à œuvrer ensemble pour s’assurer que l’antisémitisme soit banni de la communauté humaine » (Pape François 2018).

De même, la Conférence des évêques de France s’inquiète des nombreux actes de vandalisme et de profanation qu’elle constate à l’encontre des églises en France et condamne plus généralement toute attaque et toute violence proférées contre des lieux de cultes ou des croyants en raison de leur religion.

Ces signes de haine proférés au cœur de notre société appellent chacun de nos concitoyens à un sursaut de fraternité.

Mgr Thibault Verny, évêque auxiliaire de Paris et Mgr Olivier Ribadeau Dumas, Secrétaire général de la Conférence des évêques de France se joindront, pour le compte de la CEF, à la manifestation organisée à Paris mardi 19 février.

14/02/2019

INTERVENTION DE MICHEL DESBRUYERES, MEMBRE DE LA COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE, LORS DU GRAND DEBAT EN PRESENCE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

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Évry-Courcouronnes, le 4 février 2019

Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs

Au début de mon intervention, je voulais vous dire combien nous sommes heureux d’habiter dans nos quartiers.
La diversité des cultures, des origines, des croyances peut-être source de richesses si nous prenons le temps de nous rencontrer.
Richesses des habitants qui font preuve de solidarité, d’attention aux autres , d’engagement, de créativité.
Richesse aussi des intervenants , professionnels ou associatifs qui , avec les habitants , essaient de construire des ponts , de soutenir des initiatives, de permettre de dépasser les préjugés, de régler les conflits, malgré les grandes difficultés sociales rencontrés par beaucoup.
Difficultés mises en avant par les mouvements sociaux actuels, mais aussi par les élus, les corps intermédiaires et le rapport Borloo, d’une grande richesse, et dont nous regrettons qu’il ait été abandonné en grande partie.
Nous regrettons aussi que le gouvernement cherche à réformer la loi fondatrice de la laïcité qui nous permet de vivre ensemble avec nos grandes diversités. Lire la suite ... INTERVENTION DE MICHEL DESBRUYERES, lors du grand débat en présence du Président de la République.pdf

04/02/2019

DECES DU PERE JEAN DECHET, PRÊTRE DE LA MISSION DE FRANCE A L'ÂGE DE 104 ans

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La Communauté Mission de France, et l'équipe de BOBIGNY vous font part du décès du Père Jean DECHET le 28 janvier 2019 à l'âge de 104 ans.

Les obsèques ont été célébrées à la paroisse SAINT-ANDRE de BOBIGNY samedi 2 février. Il repose au cimetière communal de BOBIGNY, dans un caveau réservé aux prêtres. 

 

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« Tout près de la terre où reposent mes parents, tout près de ces lieux où ont vécu mon grand-père et mon père, s’élève une forêt de chênes. A côtés des taillis avec leur fouillis d’arbustes et de ronces, une futaie de grands chênes porte haut leur feuillage et la multitude des troncs verticaux évoque une immense cathédrale. Les chars des bûcherons aux grandes roues ferrées répercutent les cahots sur les pierres des chemins forestiers. Sur le sol une multitude de glands ; beaucoup essaient de germer en vain. La plupart seront mangées par des animaux de passage ou pourriront avec moisissures et champignons. Quel gland deviendra grand chêne semblable à celui qui l’a porté ? Je pense à la multitude des spermatozoïdes qui gravitent autour des ovules. Lequel donnera la vie ?
Le monde m’apparaît construit à partir d’un énorme gâchis. La réussite de la vie suppose une multitude d’échecs et l’évolution ne peut que confirmer le gâchis.
Transposant ce regard à notre histoire humaine depuis l’âge des cavernes, un énorme gâchis d’existences, de destins, d’avortements dans tous les sens du terme, s’étale à notre regard. Le dernier mot sera-t-il un immense ratage ou une réussite très coûteuse ? Entrer dans la vie, grandir, progresser, s’instruire, aimer : cela existe. Et avec Teilhard de Chardin tout cela prend forme et sens. Il regarde ce qui réussit et à la pointe, il y a Jésus-Christ. Mais il n’oublie pas qu’il faut assumer le mal, le négatif, la croix. »

             Jean est né à Moulins, le 25 novembre 1914. Enfance dans le Bourbonnais, adolescence dans les Vosges, lycée à Belfort puis Dijon, il suit les mutations de son père employé de la Banque de France. Influencé par sa grand-mère il pense à devenir prêtre. Au séminaire d’Issy-les Moulineaux, il découvre l’enfermement, l’isolement et reçoit une vision très scolaire du ministère : « les journaux étaient interdits, il fallait rester dans l’intemporel. Mais ce n’est pas ça la vie que Jésus a voulu en abondance ! »
              Ordonné en 1939 à Notre-Dame de Paris, il est envoyé comme vicaire aux Pavillons-sous-Bois dans la banlieue Est de Paris. Un an plus tard, il est mobilisé puis fait prisonnier en Allemagne dans la débâcle générale. Stalag 3 A, matricule 32686 ! Une captivité différente du séminaire, faite de débrouille, d’esquives, de rebellions : « Je vivais l’Evangile et le vrai sens des mots proximité, partage, solidarité avec mes camarades de captivité. » Il est affecté six mois au creusement d’un canal de dérivation de l’Elbe, puis la construction d’une poudrerie avant de travailler quelques mois dans un atelier de fabrication de lunettes. Finalement désigné aumônier d’un camp à l’est de Berlin, il sera employé au pesage du lait pendant trois ans, avec huit autres français compagnons d’infortune.
           A la Libération, il découvre la terrible réalité des rumeurs qui circulaient : l’Holocauste, les camps de concentration et la politique d’extermination des Juifs. Avant de revenir en France, il sert d’interprète à l’hôpital de Bergen-Belsen et perçoit, bouleversé, le drame de tant de jeunes hommes squelettiques, affamés, qui ont survécu à l’horreur des camps et de la guerre.
           En 1950, Jean est envoyé à l'équipe de Vitry. Il fait connaissance avec des prêtres de la Mission de France, qui sont passés au boulot. Il prend part aux sessions de Lisieux, où l’on cherche d’autres mots, d’autres attitudes pour vivre la mission, capables de faire entendre l’Evangile de la vie plutôt que de vouloir mettre les gens en règle avec la religion. La priorité, c’est de parler à égalité, de partager la vie ordinaire. Madeleine Delbrêl est bien présente dans cette recherche commune. Il fera partie des prêtres incardinés à la Mission de France en 1955, sans avoir suivi le séminaire de Lisieux.
           Le secteur de Vitry est confié à la Mission de France en 1954, année bien perturbée par la décision romaine d’arrêter l’expérience des prêtres-ouvriers. Tandis que Daniel Perrot négocie à Rome les statuts de la prélature, l’équipe de Vitry projette un pèlerinage sur le tombeau des Apôtres, malgré la grande réserve de P de Fontanges, alors curé de Saint-Hippolyte (Paris 13ème). Le Cardinal Ottaviani, du Saint-Office, apprend la visite de ces pèlerins, les convoque et fait part de son inquiétude sur les chômeurs de cette banlieue rouge. Puisque la municipalité communiste de Vitry s’en préoccupe, le Cardinal les encourage, à leur grande stupéfaction, à travailler avec eux.
            Avec l’explosion démographique de la Seine-Saint Denis, Jacques Le Cordier, futur évêque de Saint-Denis, demande une équipe à la Mission de France. En 1964, Jean arrive à Bobigny avec René Santraine, André Giroux et Claude Storm, rejoint par Claude Wiener en 1967. Ils assurent la responsabilité de la paroisse Saint-André. Tandis que la ville se transforme et devient préfecture, l’équipe participe à toutes sortes de combats pour la dignité et les droits humains. Côtoyant les militants communistes, Jean partagera de nombreux engagements avec eux, notamment au Mouvement de la Paix, au MRAP, au réseau Solidarité Palestine. Il participa à la fondation de l’Office du tourisme de Bobigny. La réconciliation franco-allemande lui tint particulièrement à coeur. Il sera notamment président départemental de l’Association française d’amitié avec la République Démocratique Allemande. Jusqu'à la chute du mur de Berlin, il s'est rendu tous les ans en RDA, « tisser inlassablement les liens qui désagrègent les murailles. » Toutes ces responsabilités lui firent connaître plusieurs générations d’élus avec lesquels il se lia d’amitié.
            Pendant 27 ans, il sera aussi l’aumônier de l’hôpital franco-musulman devenu hôpital Avicenne, ainsi que l’aumônier de Vie montante devenu Mouvement Chrétien des Retraités. Si l’Humanité n’est pas sa bible, ni La Croix sa Pravda, il lit quotidiennement ces deux journaux.
« Jésus-Christ a dit : Aime tous les hommes et plus particulièrement les pauvres, sans distinction de couleur de peau, de religion ou de philosophie. »
          Après 25 ans de bons et loyaux services au service de la paroisse, l’équipe de Bobigny achève un cycle pour vivre la mission autrement. La résidence Gaston Monmousseau accueille Jean qui vient d’avoir 75 ans. Il conserve de solides amitiés et contacts, poursuit ses engagements avec les Anciens combattants, le Mouvement de la Paix, parraine une ivoirienne sans papier, sans oublier sa fidélité aux échanges franco-allemands.
           A 99 ans, il entre à la maison de retraite Sainte-Marthe où il aura toujours plaisir à recevoir ses amis. Son centenaire, célébré à l’église Saint-André et à la mairie sera l’occasion de belles retrouvailles et d’un témoignage émouvant :
« Ce siècle passé, depuis la grande guerre en 1914, a des aspects décevants, mais je n’ai pas voulu me laisser enfermer dans la détresse et dans la peur. Dans le monde comme il est, avec ses essais et ses échecs, soyons tous des combattants pour la justice et la paix. Avec tous ceux qui luttent en ce sens, même s’ils se disent contre Dieu. Deux phares ont changé le cours de mon existence : Teilhard de Chardin qui a tenté une grande synthèse pour réconcilier la science et la théologie, et d’autre part la découverte de l’esprit de la Mission de France"

"Sans l'avoir jamais envisagé, je suis parvenu à l'âge de 100 ans. C'est une épreuve et en même temps, une preuve de l'amour de Dieu qui aime les pauvres. Parce que vieillir, c'est devenir pauvre."

Ses obsèques seront célébrées samedi 2 février 2019 à 10h
A l’église Saint-André de Bobigny – 7 av Oum Kalsoum 

Lire ... 2019 01 Jean DECHET (3).pdf