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06/01/2014

LETTRE D'INFORMATION DE LA COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE - LDI N° 362 - JANVIER 2014

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Janvier 2014 


1914-2014,
un siècle pour conduire d’autres batailles

Quatorze-dix-huit, trois chiffres qui font date et des millions de morts de part et d’autre de la Marne. C’était l’orée d’un siècle qui vit émerger tant de progrès et fit couler tant de larmes.

Il ne reste aujourd’hui aucun poilu survivant à ce cauchemar saignant les familles, les villages, l’Europe et une partie du monde. La mondialisation a commencé par une guerre.

Le monde rural ne s’est jamais remis de pareille hémorragie. Chaque commune en a dressé la mémoire comme une douleur levée vers le ciel. Sur les places, quatre obus délimitent un périmètre sacré où sont gravés sur la pierre les noms de jeunes hommes morts au champ d’horreur.

L’une d’elle, sise sur le plateau de Millevaches balayé par la pluie, n’a ni coq montrant ses ergots, ni soldats en armes. Un enfant est vêtu de la blouse scolaire, et brandit le poing. Sur la stèle on lit : « Maudit soit la guerre ! »

Il fallut resservir le terrible couvert de la violence une deuxième fois pour que cinquante ans plus tard sonne l’heure de la réconciliation franco-allemande. Il fallut l’exaspération des peuples pour dire non à la guerre, et le courage politique d’hommes exemplaires pour se décider à la paix.

Dans leur lignée Nelson Mandela, vainqueur de la bataille contre l’apartheid, nous manque déjà.

Le millésime 14 donnera lieu à de nombreuses commémorations et publications. Le temps a-t-il fait son oeuvre pour convaincre enfin de la primauté de la coopération pacifique sur toute autre prétention ?

Rien n’est moins sûr, d’autant que l’indifférence et l’assurance d’être dans son bon droit, la convoitise excessive des biens et le pillage des ressources minières, les réseaux mafieux et le commerce des armes ne cessent de générer les profits les plus propices à alimenter les guerres.

Les conflits se sont éloignés de l’Europe, mais sont toujours âpres au Proche-Orient et dans nombre de pays d’Afrique. Et combien de latino-américains vivent dans l’insécurité sous la pression banalisée des armes ?

Faisons voeux de mener le seul combat qui vaille, celui de la paix.

Arnaud Favart,
Vicaire général de la Mission de France

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21/12/2013

JOYEUX NOËL, BONNE ANNEE 2014

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09/12/2013

LETTRE D'INFORMATION DE LA COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE - LDI N°361 DECEMBRE 2013 -

Editorial

Décembre 2013

Quand l'Occident se réveillera

Le directeur d’un quotidien chinois nous a reçu fin novembre. La baie vitrée s’ouvre sur des dizaines de grues autour desquelles s’affairent des milliers d’ouvriers. Une carte du monde centrée sur la Chine et l’océan Pacifique tapisse le fond du bureau. A l’extrémité ouest on distingue la fin des terres du continent eurasien. Vu de Xi’an, ancienne capitale de l’empire du Milieu et nouvelle mégapole, point n’est besoin de grands discours. L’hexagone français semble si loin, relégué à la périphérie d’une civilisation cinq fois millénaire qui a fait une irruption tonitruante dans la modernité.

Pour être respecté il faut être fort, et maintenant la Chine est forte. Elle s’est surtout mise en route pour relever cet immense défi de nourrir, loger, vêtir, instruire près d’un milliard quatre cent millions d’êtres humains.

Quelques-uns d’entre nous en sont proches, à l’écoute, parlant à des Chinois comme on parle à des amis. Ils sont témoins des mutations considérables des modes de vie. Au prix des concentrations urbaines, d’une pollution massive et d’un pouvoir excessivement centralisé. Au prix d’énormes sacrifices pour les familles. Sacrifice ? Un mot que nous n’osons plus prononcer. Mais en Asie, l’espoir d’une vie meilleure est aujourd’hui à ce prix.

En se métamorphosant la Chine a transformé le monde. Les décisions d’avenir se jouent en Asie, en particulier à Shanghai la capitale financière. On peut s’interroger légitimement sur ce que nous pesons désormais dans la balance, et à quels réveils douloureux et salutaires nous devrons faire face.

Il faudra éduquer à un courage politique général, il faudra rapprocher les lieux de décision des citoyens, il faudra combattre l’évasion fiscale, travailler à la justice sociale, renoncer à peser sur l’endettement des générations futures, et tant d’autres choses si importantes.

Dans le même temps il faudra payer le prix d’une sortie de crise autrement plus profonde, et s’interroger en vérité sur ce que représente l’espoir d’une vie meilleure si elle n’est pas travaillée par la coopération avec d’autres peuples et le dialogue avec d’autres cultures.

Arnaud Favart,
Vicaire général de la Mission de France

De retour d’un séjour de deux semaines en Chine.

 

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14/11/2013

LETTRE D'INFORMATION DE LA COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE - LDI N° 360 - NOVEMBRE 2013

Editorial

Mr FavartLe travail à pied d'oeuvre

par Arnaud Favart

 

 

 17 octobre, journée mondiale du refus de la misère sur la place du Trocadéro.

Je salue le Docteur Yang et la jeune femme interprète, membres de la délégation chinoise. Apprenant que je suis prêtre-ouvrier, la jeune chinoise manifeste une grande surprise. Les yeux brillants, elle serre longuement mon bras pour vérifier : « Je croyais qu’il n’en existait plus ! » Nous sommes à deux pas du musée du patrimoine, et je me sens comme une sorte de dinosaure. Permanente d’ATD Quart-Monde à Taïwan, elle me confie : “C’est le combat contre la misère qui nous rend frères.”

Le docteur Yang me raconte l’histoire de ce conducteur d’un triporteur qui n’a jamais été à l’école, mais qui par son maigre salaire n’a cessé toute sa vie d’aider les jeunes à faire des études.

La condition humaine suppose que l’homme travaille pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Mais du labeur pour gagner son pain, il peut faire une oeuvre libératrice. Le travail relève de la nécessité, l’oeuvre élève et libère. Ce qui distingue l’oeuvre du travail, c’est l’imprévisible fécondité de l’action humaine, le surgissement créateur, même à partir du travail le plus obscur. Ce que cet humble triporteur réalisa en apportant sa pierre à la construction d’un monde plus humain.

Le risque est de subordonner l’oeuvre au travail. Soit que l’oeuvre se dégrade en objet de consommation, et ce qui est censé libérer les humains les asservit davantage comme producteur - consommateur. Soit que l’accès au travail se restreigne, et les personnes sans emploi se comprennent comme superflues, privées de reconnaissance.

« Est-ce qu’il pourrait y avoir des chinois prêtres-ouvriers ? », reprend la jeune interprète. « Et des femmes prêtres-ouvriers aussi ? » Le terme de prêtre-ouvrier nous rapporte à l’oeuvre, au fruit d’une présence étonnamment signifiante bien au-delà des frontières de la religion et des cultures. Nous ne sommes pas que des prêtres au travail, nous sommes à pied d’oeuvre, mus par l’incroyable fécondité de l’évangile.

Arnaud Favart,
Vicaire général de la Mission de France

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05/10/2013

LETTRE D'INFORMATION DE LA COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE - LDI N° 359 OCTOBRE 2013

Dieu m’a schtroumpfé   

 Interceptée à la terrasse d’un café, je ne résiste pas à vous livrer cette conversation entre jeunes.

L’ai-je grappillé en Bretagne, au festival des vieilles charrues, ou en Auvergne, au festival du théâtre de rue d’Aurillac, peu importe ...

- Le langage d’Eglise, c’est pas super fun . - Le curé peut le chanter sur tous les tons, pour moi c’est toujours « Dieu m’a schtroumpfé » ! De la cour d’école à la tribune politique, du tweet à la thèse, du verdict médical à la dispute conjugale, l’art de l’incompréhension reste l’un des grands mystères universels les plus difficiles à élucider.

Certains se comprennent à demi-mot tandis que d’autres n’arriveront jamais à s’entendre. Même en usant de la même langue, nous ne mettons pas la même réalité sous les mêmes mots. Qu’il suffise d’évoquer le mot « mariage » pour voir apparaître les clivages ! L’argument n’est pas toujours la meilleure arme du dialogue, et l’art de convaincre n’est le plus souvent qu’une manière de défendre sa propre cause. Le langage crée la confusion, et Babel est sans cesse revisité.

Malgré le verbiage abscons des célèbres petits lutins bleus, la communication fonctionne « schtroumpfement » bien. Il subsiste finalement assez d’informations pour que la phrase soit comprise. Sans doute que les ressources contextuelles du dessin le favorisent. Faut-il penser que le langage de la tribu reste le meilleur atout pour se comprendre, voire se défendre ?

On sait bien que les métiers ont besoin d’un jargon spécifique. Du langage codé d’une discipline au langage crypté il n’y a qu’un pas qu’il est plus aisé à franchir qu’à éviter.

L’une d’entre nous, qui enseigne dans un lycée de sourds et malentendants, me confiait l’aridité du chemin de communication avec certains élèves, et sa joie quand elle avait pu désamorcer ce qui du langage crée la défiance ou la rupture. Depuis ses origines l’Eglise est appelé à vivre ce déplacement exigeant de la rencontre et du dialogue : entendre l’autre s’exprimer dans sa langue maternelle.

Arnaud Favart

Vicaire général de la Mission de France

N° de Octobre 2013: Dieu m'a schtroumpfé
21Télécharger la LDI n° 359 (Fichier PDF-Zip)

06/09/2013

LETTRE D'INFORMATION DE LA COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE - LDI -N°358 - SEPTEMBRE 2013

Editorial

Mr DeterreProche-Orient : réveillons-nous ! 

par Christophe Roucou 

L’été ensoleillé a permis la détente pour les vacanciers. Il est resté sous tension au Proche Orient !

En Irak, les attentats n’ont pas cessé, victimes sunnites succédant aux victimes chiites.

En Egypte, la majorité du peuple ne supportait plus l’incompétence des Frères musulmans au pouvoir. L’armée a destitué le président Morsi, au prix fort payé de morts, d’emprisonnements et du rétablissement de l’état d’urgence. Sans oublier les déchaînements contre les chrétiens accusés de soutenir le coup d’Etat, au prix d’églises incendiées ou détruites. Plusieurs d’entre nous ont vécu des années dans ce pays. Aujourd’hui encore nous y gardons des liens. Nos amis Égyptiens ont vibré à la sortie de la peur, aux revendications de dignité, de justice et de démocratie. Ils sont, ces jours-ci, désemparés, inquiets de l’insécurité, ne comprenant plus les réactions de l’Occident.

Plus de 2 millions de réfugiés syriens, dont un million d’enfants. Plus de 110 000 morts dont les victimes des attaques chimiques, des milliers de blessés sans soins, des familles sans nouvelles des leurs, et parmi eux notre ami jésuite Paolo Dall’Oglio.

Nos amis sur place refusent l’option d’une attaque militaire de la Syrie mais ils demandent notre solidarité. Serons-nous spectateurs impuissants, acteurs d’une escalade des armes, médiateurs d’une résolution non-violente du conflit, solidaires d’une mobilisation internationale pour venir en aide aux réfugiés ? La France est au dernier rang pour leur accueil.
L’expression « printemps arabes » a fait long feu. Nous appelons à un « automne de la solidarité » avec les peuples du Proche-Orient.

Aujourd’hui, le pape François a lancé un appel : « Qu’une chaîne d’engagement pour la paix unisse tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté ! » Nous nous associons à sa proposition d’une journée de prière et de jeûne pour la paix en Syrie et au Moyen-Orient, le samedi 7 septembre.

Puisse ce geste être le début d’un réveil des citoyens européens, des croyants chrétiens, musulmans, des femmes et hommes de bonne volonté… le début d’un « automne de la solidarité » ! 

Christophe ROUCOU, Prêtre de la Mission de France
Directeur du Service national pour les Relations avec l’Islam, SRI

06/06/2013

LETTRE D'INFORMATION DE LA COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE - LDI -N°357 - JUIN 2013

Editorial

Juin 2013

Freeze-mob

Pause café, trêve hivernale, arrêt sur image, voilà des réalités qui nous sont familières. Mais connaissez-vous le freeze-mob ? Cet anglicisme évoque le gel de la mobilité, l’interruption volontaire de vitesse. 

Louis sort de quatre ans de prison. Quelques rencontres ont suffit à faire basculer sa vie dans un cycle infernal dont il ne put trouver ni le frein, ni la marche arrière. Aujourd’hui il peut dire que son incarcération a mis un coup d’arrêt bénéfique et que sa libération a vraiment commencé entre les quatre murs de sa cellule. 

Maïté sort éprouvée de longs mois de chimio. La maladie a fait irruption sans prévenir. En quelques jours l’hospitalisation a brouillé les repères d’une vie qu’elle croyait balisée. Désorientée par le vide de journées sans le stress du travail, elle a ouvert avec bonheur la porte de sa vie intérieure grâce aux visites des bénévoles de l’aumônerie. 

Vasile travaille dans le bâtiment. La préfecture avait donné son accord pour le régulariser, mais l’administration a joué les prolongations. Elle étire sans explication le temps obscur qui mène d’un service à un bureau, d’un tampon à une signature. 

Conseillère municipale, Annie jongle avec les horaires des enfants, des transports et du bureau. Méthodique dans son travail comme dans l’organisation de la maison, la vie de famille repose sur elle. Chez Luc son mari, un projet chasse l’autre, la poésie et le zapping l’emportent sur le réalisme. Le dialogue du couple ressemble à ces trains qui se croisent et ne s’arrêtent jamais. 

Quel est donc ce temps réel, instantané, dont facebook, twitter, le direct et l’info permanente nous régalent ? A-t-il quelque chose à voir avec tout ce qui prend son temps pour pousser, grandir, être apprivoisé ? 

Adopter le temps de la marche nous reconduit aux choses essentielles des racines et de la liberté. Merci à tous ceux qui nous offrent la lente traversée de la rencontre et de l’écoute. 

Arnaud FAVART
Vicaire général de la Mission de France.

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24/05/2013

CMDF - SOUTIEN AUX ROMS

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La Communauté Mission de France prend position

Des équipes sont engagés à Lyon, au Havre, en Essonne,...
Le Conseil de la Solidarité et de la Précarité prépare une synthèse

march en beauce

CLIC ...  Album de la communauté Rom de St Fons avec Philippe Plantevin 

En pièce jointe :
une lettre ouverte adressée au Premier ministre, signée par les associations (Fnars , Emmaüs, Cités du Secours catholique, Romeurope, ATD Quart Monde et d'autres) 
http://catholique-mission-de-france.cef.fr/bouton/flechsuiv.gifTelecharger les documents (Soutien aux Roms + Lettre)

08/05/2013

LETTRE D'INFORMATION DE LA COMMUNAUTE MISSION DE FRANCE - LDI - N° 356 MAI 2013

Editorial

Mai 2013

Inconfortable morale et inaliénable dignité

C’est un conflit de voisinage comme il en existe des centaines. Le sans-gêne des uns provoque l’indignation des autres. Les relations tournent à l’aigre, et chacun invoque son bon droit, jusqu’à lâcher : « Vous nous faites la morale, et ça, c’est insupportable ! »

On invoque le retour de la morale pour assainir la vie publique, la fraude fiscale, l’école, les incivilités de la rue. La morale, c’est comme la grammaire, elle ne nous a guère passionné à l’école. Elle instruit nos droits et nos devoirs. La connaître et la pratiquer reste nécessaire, mais il ne suffit pas de l’invoquer pour vivre ensemble dans le respect et la tolérance. Le recours aux principes demeure une sorte d’inavouable impuissance quand on sait les défis du vivre ensemble auxquels nous expose une société qui a fait du libéralisme sa religion.

Le regretté Stéphane Hessel avait appelé à l’indignation, et c’est sous le signe de la dignité que vient de se tenir à Tunis le Forum social mondial. La dignité se retrouve au centre des débats. Elle conjugue quelque chose de l’ordre de l’estime de soi et du respect des autres. La dignité ne saurait être un concept à géométrie variable, ni dépendre de la pensée du jour ou des circonstances. L’être humain ne peut se réduire à son programme génétique, sa force de travail, sa valeur économique, sa culture, sa santé ou son compte en banque.

Regardons en face les immenses solitudes et désespoirs qu’on a générés en excluant de la dignité du travail des millions de personnes. Accorder de la dignité en permettant à chacun de montrer de quoi il est capable dans le travail et l’action sera le meilleur chemin pour combler le déficit d’un vivre ensemble apaisé.

En clair, montre-moi tes oeuvres plutôt que tes principes.

Arnaud FAVART
Vicaire général de la Mission de France. 

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SOLIDARITE ROMS

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1/ De l’équipe Précarité aux membres de la Communauté Mission de France

Le 6 mai 2013 - Lire la suite ... CMDF SOLIDARITE ROMS.pdf

2/ Synthèse des réponses au questionnaire de l’équipe Précarité sur les Roms.

• Des informations 

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• La rencontre de l’étranger

• Que pouvons-nous faire de plus ?

• Pour aller plus loin

Lire la synthèse ... CMDF Synthése enquête équipe précarité sur les roms 3 mai 2013.pdf

3/ Vidéo " la scolarisation des ROMS à Bobigny" 

Cliquez sur ...  "Scolarisation des enfants Roms à Bobigny"