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11/06/2021

RETROUVER UN SENS A LA MORT FACE A LA PANDEMIE

Publié le 11 juin 2021 par Garrigues et Sentiers

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Une des conséquences majeures de la pandémie due au Covid est d’avoir replacée la question de la mort aussi bien dans l’univers de l’expertise médicale que dans celui de la politique.  Dans une passionnante conversation publiée par le magazine La Croix-l'Hebdo, Claire Fourcade, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, explique comment la question de la mort était évacuée dans les pratiques médicales. Elle dit son « choc », lors des stages à l’hôpital dans le cadre de ses études de médecine, sur la façon dont les patients mouraient : « Il y avait beaucoup de pratiques d’euthanasie non dites, et on laissait les étudiants ou les aides-soignants auprès des malades en fin de vie. Le milieu médical montrait un total désintéressement pour la mort (…) Pour beaucoup de services hospitaliers en France, l’épidémie a donné l’occasion de rencontres rudes avec la mort. D’autant plus que la mort n’était pas seulement, comme en soins palliatifs, celle des autres. Elle pouvait atteindre les soignants ». Pour elle : « Apprivoiser la mort prend sans doute toute une vie » (1).

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05/06/2021

AUTREMENT DIEU

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C’est l’expérience fondamentale d’un recentrage spirituel pour ce prêtre lillois parti pour de longs mois au monastère Clerlande en Belgique. Retrouver Jésus et sa Parole, la saveur de l’Évangile. Retrouver la foi simple et sans fioritures, la vie... En quelques pages de toute beauté, nous prenons la mesure du bonheur de croire, d’aimer, et d’être là... Magnifique.

Raphaël Buyse, vicaire épiscopal pendant quinze ans au diocèse de Lille, a connu l’obscurité de la foi, le silence de Dieu.  Il s’est retiré au couvent bénédictin de Clerlande, et au terme d’un an de méditation s’est ouvert devant lui un chemin inattendu. Il nous livre son témoignage dans un petit livre, « Autrement, Dieu », qui commence très fort : « Dieu n’est plus ma pre­mière pensée, oserais-je dire qu’il ne m’intéresse plus. »

Dans la méditation de l’Évangile, Raphaël est touché par l’humanité de Jésus et ceci transfigure sa foi. « Je ne cherche plus Dieu en lui-même, mais j’ai l’impression qu’on peut entr’apercevoir quelque chose de Lui dans les hommes, dans la profondeur d’une relation avec d’autres (…) Dans la fragi­lité et la grandeur du quotidien se cache une profondeur d’éternité. Une Vie se révèle dans l’ordinaire des jours. » Son témoignage est très inspiré de la pensée de Madeleine Delbrêl, grande mystique des années 1950. Dans son rôle d’assistante sociale en milieu très populaire de la région parisienne, très proche des prêtres ouvriers engagés dans son secteur, elle aussi a su exprimer sa foi « dans l’ordinaire des jours. »

Raphaël Buyse, libéré de tout dogmatisme, est touché par le mystère de Jésus. Il est sa lumière et il en vit. Ce vécu est passionnant, car beaucoup de prêtres ou de communautés qui ont exprimé des réserves quant au dogmatisme ou même à la discipline de notre Église l’ont quittée ou en ont été écartés.   Raphaël, malgré son « Autrement, Dieu », est resté prêtre. Il s’est vu renouveler par son évêque la mission auprès des Communautés du Parvis dont il était à l’origine. L’esprit d’ouverture d’un évêque, le courage et la foi de Raphaël Buyse, manifestent qu’il est possible de vivre sa foi autrement en Église.

chez BAYARD collection j'y crois

28/05/2021

PRÊTRES AU TRAVAIL - LEVE-TOI ET TAFFE !

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                                  On les croyait disparus, mais les prêtres-ouvriers existent toujours. Ambulancier, magasinier, conducteur de bus ou parfois chercheur au CNRS… : on les retrouve dans tous les secteurs. Ils partagent le travail et le quotidien des plus précaires. Témoignages.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 28/05/2021 à 10h08 MAGAZINE SYNDICALISME HEBDO CFDT

Dans une première vie, Bruno Régis a été prof. À 46 ans, le jeune homme est désormais préparateur de commandes. Et prêtre. Prêtre au travail, donc, ayant sciemment choisi la grande distribution –ses cadences et ses contraintes inhumaines, ses impératifs de productivité « sinon on est viré » – avec la sérénité de celui qui se sait à sa place. Si la question de la vocation s’est posée à lui au tournant de la trentaine, il est rapidement apparu que ça ne serait pas sous la forme du prêtre « curé de paroisse ». « Être prêtre, ça n’était pas pour vivre parmi ceux qui me ressemblent mais pour rencontrer ceux qui me sont étrangers, ceux qui sont loin de l’Église, pour les rejoindre là où ils sont, pour partager ce qu’ils vivent, au travail comme sur leur lieu de vie », explique le jeune homme, qui a grandi dans un milieu de «cathos engagés» et vit aujourd’hui en maison communautaire, en banlieue parisienne.

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20/05/2021

PENTECÔTE RHENANE

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La réforme de l’Église catholique viendra-t-elle de nouveau d’Allemagne ? Quand Martin Luther, le moine allemand, se rebelle au début du XVIe siècle, c’est d’abord parce qu’il met en doute la capacité de Rome à assurer la sécurité spirituelle de ses brebis. Il doute que le juteux commerce des indulgences garantisse effectivement le pardon des péchés, et donc le salut, à ceux et celles qui les souscrivent.

Aujourd’hui, c’est une résistance spirituelle d’un nouvel ordre qui naît en Allemagne. Le doute porte sur la légitimité de la condamnation des personnes homosexuelles, envers lesquelles il faudrait certes éviter les discriminations « injustes » – comme s’il en existait de justes – mais dont les actes, c’est-à-dire en fait la réalité de la vie affective, intime, familiale, seraient jugés « intrinsèquement désordonnés ». Il n’y a guère plus que des religieux aveuglés par leurs passions idéologiques et leurs névroses, au premier rang desquels les coupeurs de morale en quatre du Vatican, pour demander à des êtres humains de se priver volontairement de ce qui est le propre de l’humanité et condamner sans appel une personne pour ce qu’elle est.

On voit d’ailleurs comment le pape François se débat sans oser trancher dans les rets de la vieille théologie morale et sous le regard d’hypocrites gardiens qui condamnent d’une main ce qu’ils pratiquent de l’autre.

Mais l’affaire de la révolte des responsables pastoraux allemands à propos de la bénédiction de couples de même sexe met aussi en lumière la torpeur dans laquelle est plongée l’Église de France. Voici bientôt soixante ans, lors du concile Vatican II, l’axe de la réforme passait par les grands cardinaux allemands, belges, néerlandais, allemands, suisses et italiens du Nord, une sorte d’image fantôme de l’antique Lotharingie, ou une projection de la jeune communauté européenne des six du traité de Rome. Où passe-t-il aujourd’hui ? Mais, surtout, où sont les évêques français ? Glacés, paralysés dans leurs combats politico-religieux, prisonniers de la triste affaire du mariage pour tous, retournant vers les vieux démons qui les firent pétainistes et vichyssois et qui, en avril 2017, leur fit mettre un signe égal entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Il n’est plus qu’à espérer que le vent prophétique souffle fort d’outre-Rhin.

Christine PEDOTTI

TC.GIF

Photo : Martin Fisch (CC BY 2.0)

12/05/2021

UN TEMPS POUR PRIER - MISSION DE FRANCE BUSSY SAINT GEORGES

Un temps pour prier
Avec le maître dans la parabole des ouvriers de la 11ème heure

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Tu sors… 

Tu sors toujours et encore…

Tu sors de ton apparent confort

Encore, de nouveau, toujours,

à temps et à contretemps,

à l’aube de nos vies et à leur crépuscule.

De nos « préconçus »,

de nos fausses idées sur toi,

tu sors, et avec amour, un peu tu nous bouscules.

 

Tu viens nous rencontrer

dans nos lumières comme dans nos ténèbres.

A l’heure qui semble la dernière,

où pour nous tout semble fini,

Tu viens faire rejaillir l’espoir,

un chemin de vie.

Même si nous jugeons

que ça n’en vaut pas la peine,

Tu sors… Car notre peine est ta peine…

 

Au risque d’être incompris, au risque du mépris,

qu’est-ce qui te pousse à sortir vers nous ainsi,

dès le matin, à la tombée de la nuit ?

Est-ce un appel, un besoin, un désir, une envie ?

Ou simplement n’est-ce que,

plus fort que nous,

plus fort que tout,

l’expression d’un amour infini ?

Tu sors…

Cette méditation a été écrite et dite par Jean-Philippe Clément à la fin de la réunion du 17 avril autour du travail et du chômage organisée par l’équipe de la Mission de France de Bussy saint Georges à Notre Dame du Val.

A RETROUVER SUR LE SITE :http://www.missiondefrance.fr

06/05/2021

" LE COVID EST NOTRE "MOMENT DE NOE". NE LE GACHONS PAS" PAPE FRANCOIS

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Publié le par Garrigues et Sentiers

Fruit de longues conversations avec le journaliste britannique Austen Ivereigh, l’ouvrage publié sous la signature du Pape François intitulé Un temps pour changer me paraît particulièrement utile en ces temps où tout un chacun s’interroge sur « le monde d’après ».

« Le Covid 19 est notre « moment Noé », à condition que nous puissions trouver notre chemin vers l’Arche des liens qui nous unissent : l’arche de l’amour et d’une appartenance commune. L’histoire de Noé dans la Genèse ne parle pas seulement de la façon dont Dieu a proposé un chemin pour sortir de la destruction, mais aussi de tout ce qui a suivi. La régénération de la société a signifié un retour au respect des limites (…) L’introduction du sabbat et du jubilé – moments de de relèvement et de réparation, de remise des dettes et de rétablissement des relations – a été la clé de cette régénération, donnant le temps à la terre de renaître, aux pauvres de trouver un nouvel espoir, aux gens de retrouver leur âme » (1).

Pour illustrer son propos, François évoque « trois Covid » qui ont traversé son histoire personnelle : une maladie grave à l’âge de 21 ans, le déracinement qu’il a connu lorsqu’il est allé en Allemagne pour faire des recherches sur sa thèse, le « licenciement » de ses fonctions de provincial et de recteur chez les Jésuites en Argentine (2). De ces expériences, il conclut que si on se laisse transformer, on s’améliore, mais si on s’enfonce, on en ressort pire. Or, constate -t-il « en ce moment, j’en vois beaucoup qui s’enfoncent. C’est précisément ce que font les personnes les plus investies dans la manière actuelle de faire les choses. Il y a des dirigeants qui parlent de faire quelques ajustements ici et là, mais ils plaident essentiellement pour le même système qu’auparavant. Quand ils parlent de « restauration », ils veulent mettre un peu de vernis sur l’avenir, retoucher la peinture ici et là, mais en gros, s’assurer que rien ne change. Je suis convaincu que cela conduira à un échec encore plus grand, qui pourrait déclencher une énorme explosion sociale » (3).

Pour François, si l’on veut sortir de la crise, le chemin est clair : « Tu dois aller aux périphéries de l’existence si tu veux voir le monde tel qu’il est. J’ai toujours pensé que le monde semblait plus net depuis les marges, mais depuis ces sept dernières années, en tant que pape, ça me saute aux yeux. Tu dois te rendre aux marges pour trouver un avenir nouveau » (3).

Mais, pour François, aller aux périphéries ne peut se faire de manière abstraite. Il s’agit de dépasser le travail caritatif et social, certes indispensable, pour un authentique débat politique et citoyen : « Quand je parle de changement, je ne veux pas seulement dire que nous devons mieux nous occuper de tel ou tel groupe de personnes. Je veux dire que ces personnes qui sont aujourd’hui aux périphéries doivent devenir les protagonistes du changement social. Voilà ce que j’ai dans le cœur » (4).

Bernard Ginisty  Ginisty philosophe et directeur de TC

(1) Pape François : Un temps pour changer. Conversations avec Austen Ivereigh, éditions Flammarion, 2020, p. 29.

29/04/2021

APRES LES "AMISH", LES ECOLOGISTES DOIVENT-ILS SUBIR LE NOM DE "CATHARES"

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                                               [Tribune] À l’occasion de la journée de la Terre, le 22 avril 2021, une centaine de croyants et acteurs de l’écologie cosignent un texte dénonçant l’expression d’une « phobie écologique » durant les conférences de carême de Notre-Dame de Paris.

Même si beaucoup de nos lecteurs en ont peut-être déjà connaissance, nous nous faisons l'écho d'une tribune co-signée par de très nombreuses personnalités, qui a été récemment publiée sur le site de La Vie. 

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26/04/2021

SORTEZ PEUPLE DE DIEU !

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Vous pensiez vous installer ici, à Saint-Merry ? Mais c’était le campement d’un instant, le lieu où Dieu et l’être humain s’arrêtent avant de reprendre la route. Sortez, gens du peuple de Dieu ! Votre terre n’est pas ici. Vous êtes le peuple en mouvement, sortez ! Allez prier plus loin. La tendresse sera votre cantique, Jésus sera votre parole, la vie sera votre célébration. On vous attend dehors, gens du peuple de Dieu ! Et Dieu sort avec vous. 

Il y a des textes qui donnent des coups au cœur, il y ​a des prières que l’on peut répéter, mâcher, sans en épuiser le suc, il y a des appels qui nous font nous lever longtemps après qu’ils ont été lancés. En  voici un que nous avons déjà proclamé entre les murs de Saint-Merry à la fin de plusieurs  célébrations. Nous l’avions choisi pour la Rencontre œcuménique des Semaines sociales en novembre 2010 et il a inspiré l’un de nos chants : « Il faut partir, le temps nous presse ». Ainsi, des mots, des phrases veillent dans nos mémoires et nous réveillent  quand un événement les en fait soudain jaillir. On nous fait sortir ? On nous met à la porte ? On prétend effacer des années de partages fraternels ? Alors les mots de Jean Debruynne (1925-2006), poète, prêtre de la Mission de France, ami de Gérard Wybo, de Gabriel Ringlet et de bien d’autres,  viennent à notre rencontre : 

Il faut partir, gens du peuple de Dieu ! Vous pensiez vous installer ici, dans la serre chaude de cette rencontre ? Vous prétendiez vous établir dans la maison de Dieu ? Mais Dieu n’a pas de maison ! On n’assigne pas Dieu à demeure. Il est toujours en déplacement, sans domicile, sans fauteuil. Ici, c’est le campement d’un instant, le lieu de transit, où Dieu et l’être humain s’arrêtent avant de reprendre la route. Sortez, gens du peuple de Dieu ! Vous êtes le peuple en partance, votre terre n’est pas ici. Vous êtes le peuple en mouvement, étrangers jamais fixés, gens de passage vers la demeure d’ailleurs. Sortez, gens du peuple de Dieu ! Allez prier plus loin. La tendresse sera votre cantique, Jésus sera votre parole, la vie sera votre célébration. Allez, vous êtes la maison de Dieu, les pierres taillées à la dimension de son amour. On vous attend dehors, gens du peuple de Dieu ! Et je vous dis : Dieu sort avec vous.

JEAN DEBRUYNNE

https://saintmerry-hors-les-murs.com/2021/04/16/sortez-gens-du-peuple-de-dieu/

22/04/2021

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Publié le

 

BOUGIES CP.jpgC’est l’une des phrases les plus brutales de l’Évangile : « Laissez les morts  enterrer leurs morts. » Jésus la prononce à l’égard d’un candidat disciple qui demande un délai pour le suivre afin de pouvoir enterrer son père. Est-ce à dire que nous devrions nous aussi secouer la poussière de nos sandales et laisser derrière nous les morts du Covid, sans nous retourner ? Faire cela serait instrumentaliser l’Évangile et en faire un usage littéral et abusif. Dans le texte, il ne s’agit pas de négliger son devoir envers son père pour retourner à ses affaires mais de choisir la vie contre la mort en mettant nos pas dans ceux de Jésus.

La pandémie provoque à travers le monde des millions de morts plus ou moins bien décomptés suivant l’état des sociétés. En France, nous avons dépassé le chiffre rond de cent mille. Ces morts, nous ne pouvons pas les laisser derrière nous « comme ça ». Et ceci d’autant plus que, dans de très nombreux cas, les cérémonies ont été célébrées en tout petit comité, et que les pauvres rites qui nous restent autour de la mort ont été encore réduits. Ceci est vrai pour les morts du Covid, mais aussi pour tous les autres décès, dus à des causes plus « ordinaires ». Au total, ce sont des centaines de milliers de familles, des millions de personnes, qui ont été privées du réconfort des rites et des célébrations funéraires.

Il serait d’un grand bénéfice que l’irruption de la mort dans le potage quotidien des Français et des Françaises avec la litanie des décès du Covid soit associée à la prise de conscience que nous accompagnons bien mal les deuils. Nul n’en porte plus aucun signe, la mort se terre dans les morgues des hôpitaux et les salons des maisons funéraires. Les chagrins sont priés de se faire discrets, et on félicite ceux et celles qui reviennent vite à leurs occupations ordinaires « comme si de rien n’était » ; phrase absurde, car « tout » est arrivé, et nul ne perd un proche sans peine.

La pandémie, à la fois, nous rappelle que nous sommes tous mortels et nous prive des rites essentiels qui entourent la mort. Ces rites, il va falloir les réinventer et les célébrer ; riches, divers, comme nous-mêmes, liés à nos traditions religieuses et philosophiques, collectifs et intimes… Car les rites n’honorent pas seulement les morts, ils remettent aussi les vivants en vie.

08/03/2021

LA FORCE DE LA FAIBLESSE

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éditorial Lundi 08 mars 2021 :

LA FORCE DE LA FAIBLESSE : Guillaume Goubert

Chine, Russie, Iran, Arabie saoudite… Il reste encore des voyages impossibles pour un pape. Du moins jusqu’à ce jour. Tout est question de patience et de persévérance. Le pape François vient d’en faire la démonstration en Irak. Personne n’aurait parié il y a quelques mois sur la possibilité d’une telle visite. Jean-Paul II, pourtant champion en matière d’audace pontificale, avait dû y renoncer lors du Grand Jubilé. François y est parvenu. En dépit de la pandémie. En dépit des risques de sécurité, pour lui et pour ceux qui sont venus à sa rencontre. En dépit de l’incroyable complexité politique, ethnique et religieuse de cette terre.

Tout n’a sans doute pas été absolument parfait. Les sunnites ont pu se sentir les parents pauvres de la visite au regard du moment historique qu’a été la rencontre entre le pape et le grand ayatollah Ali Al Sistani, plus haute autorité chiite du pays. L’homme fort du Kurdistan, Massoud Barzani, a arraché une brève entrevue avec le pape, délicate au regard de l’équilibre politique du voyage. Dimanche, le Saint-Siège a rajouté in extremis un salut au patriarche de l’Église apostolique assyrienne de l’Orient. Cependant, ces scories témoignent seulement de la difficulté de l’exercice. Non d’un échec.

Dès son premier discours, vendredi à Bagdad, le pape a résumé d’une phrase la vocation de ce voyage si particulier : « La religion, de par sa nature, doit être au service de la paix et de la fraternité. » Et c’est à cela que s’est employé durant trois jours cet homme affaibli par l’âge, dont la seule puissance vient de sa conviction « qu’il est possible d’espérer la réconciliation et une nouvelle vie ». Sur une des terres les plus ravagées au monde par la haine et les armes, il est venu semer ces mots : « L’amour est notre force. »