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17/10/2020

Mgr PASCAL DELANNOY INVITE LES DIOCESAINS A RELEVER LES DEFIS DE LA FRATERNITE

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En la cathédrale de Saint-Denis s’est déroulée le 11 octobre 2020, la messe présidée par Mgr Pascal Delannoy, évêque de Saint-Denis en France, en l’honneur de la fête de Saint Denis, patron du diocèse, et de la fin de l’année vocationnelle : « nous le savons désormais avec notre cœur et notre intelligence mais aussi avec notre foi : tous sont appelés par Dieu. Aucun d’entre nous ne peut se défiler en prétendant, comme le prophète Jérémie : “qu’il ne sait pas parler ou qu’il n’est qu’un enfant” ». « Tout au long de cette année vocationnelle nous avons voulu reconnaître les dons que l’Esprit Saint a déposé en chacun jusqu’à envisager, peut-être, de nouvelles pratiques pastorales. Souvent, en effet, nous lançons des projets puis nous nous interrogeons sur ceux et celles que nous allons appeler pour les mettre en œuvre ».Mgr Delannoy a ensuite annoncé le lancement de l’année de la fraternité : « Il serait bien dommage que la fin du confinement nous fasse oublier ce beau chemin de fraternité. Voilà pourquoi, tout au long de cette année, je vous invite à découvrir et à mettre en œuvre la dernière encyclique du pape François, publiée le 3 octobre : Fratelli tutti - Tous frères ». Le pape nous invite à prendre les chemins d’une fraternité universelle, entre les personnes, mais aussi entre les peuples, les nations et les cultures ». L’évêque de Saint-Denis a lancé trois défis : « Tous frères : le défi est immense mais pas inatteignable ! Permettez-moi de citer trois pistes parmi tant d’autres : Le défi de la fraternité concerne la famille, ces petites églises domestiques ; (…) Le défi de la fraternité est urgent quand la vie, de ceux qui sont fragiles et sans défense, est menacée par l’avortement ; (…) Le défi de la fraternité est bouleversant quand nous voyons le drame vécu par les migrants qui ne trouvent pour seul refuge que quelques tentes dans des conditions d’hygiène déplorables ».
Lien à la source ... FETE DE LA SAINT DENIS 2020 HOMELIE DE MGR DELANNOY.pdf

Mgr Pascal DELANNOY

Diocèse de Saint-Denis-en-France

Texte de l'ENCYCLIQUE ... 20201004-papefrancois-fratellitutti-ladoccatho-27166.pdf

16/10/2020

L'HEURE SOLIDAIRE ALA LUMIERE DE L'ENCYCLIQUE "TOUS FRERES"

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A pareille époque, "Habitat et Humanisme" met l’accent, avec le changement d’horaire, sur l’heure solidaire. Un slogan, non. Un espoir, plus encore une attention renouvelée à l’égard de ceux pour qui les horloges de la vie sont rythmées par les difficultés et les détresses.

Face à la marchandisation des relations, l’heure solidaire voudrait offrir un espace de gratuité, source de liberté.

Le Pape François dans sa magnifique Encyclique « Tous frères » ne nous invite-t-il pas à veiller à ce que la vie ne soit pas un temps qui s’écoule, mais un temps de rencontre.

Nous ne pouvons laisser personne en marge de la vie. Aussi, s’interroge-t-il : quelle est notre indignation face à la souffrance. L’indifférence à l’autre ne saurait être une option, rappelle-t-il avec force.

Cette heure solidaire n’est-elle pas un moment pour des rencontres qui transforment les relations.

  • Ainsi, cette maman avec ses enfants, abandonnée par son compagnon. Si nous avons pu lui trouver un logement répondant à son attente, elle reste malgré tout confinée dans une tristesse liée à la rupture.

Qui va prendre le temps de s’approcher, d’entendre pour comprendre, aux fins de faciliter le temps d’un recommencement.

  • Ce couple confronté à un chômage qui, pour trop durer, distille le doute jusqu’à susciter la perte de l’estime de soi, assombrissant davantage l’avenir.
  • Cette personne qui a perdu son mari. Les enfants partis, voici que la solitude est venue s’installer.

L’heure solidaire, c’est aussi l’heure des appels, des coups de fil à donner à ceux qui ont reçu tant de coups que leur mutisme crie leur désarroi.

Que de situations ne peuvent bouger qu’avec la rencontre désarmante de la bienveillance, transformatrice des relations au-delà de ce qui est espéré.

L’heure solidaire est un rendez-vous pour mettre de la lumière dans les horizons de ceux qui, au bord du chemin, sont blessés par la vie. Là, où il y a des « bleus à l’âme », le soin est celui de l’amitié, refusant l’étrangeté de l’autre, si bien évoquée par le Bon Samaritain.

Aucune loi ne pourra empêcher cette histoire de se répéter ; seul, le cœur nous en éloigne.

Le cercle est fermé, dit François, entre ceux qui utilisent et trompent la Société pour la dépouiller et ceux qui croient rester purs dans leur fonction importante mais, en même temps, vivent de ce système et de ses ressources.

L’imposture du « tout va mal », dit François, a pour réponse « personne ne peut y remédier, que puis-je faire » ?

L’heure solidaire est précisément un moment du refus de cet alibi, non point pour se demander qui est proche de moi, mais quel temps puis-je partager pour me faire proche de ceux qui, abandonnés, se pensent lointains.

L’heure solidaire, celle de la rencontre, bâtit des liens nouveaux, porteurs de l’amitié sociale. Ne l’attendons pas, créons-là. Horloges et carillons feront sonner dans les cœurs cette heure d’une ère nouvelle.

Bernard Devert, Président-fondateur d'Habitat et Humanisme

13 octobre 2020

Clic ... Bernard DEVERT.pdf

 

07/10/2020

AVEC UN EMPRESSEMENT JOYEUX, J'AI LU L'ENCYCLIQUE DU PAPE FRANCOIS -MGR GAILLOT

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Tous frères

Avec un empressement joyeux, j’ai lu l’encyclique du pape François : « Fratelli tutti » titre d’un message que François d’Assise adressait à tous les humains et à toute la création.

Quel bonheur de se laisser habiter par ce qui fait vivre : dans la vie ordinaire il est possible de s’ouvrir au bien commun universel. Chacun(e) a une dignité inaliénable, avec des droits fondamentaux qui lui appartiennent. Nous devenons humains dans la mesure où nous aimons.

Le soir même, je regardais à la télévision le documentaire sur la décolonisation de l’Empire colonial français.                  
Quel contraste ! Quel accablement devant des photos d’archives insoutenables ! La répression militaire méprisait la justice et la vie humaine. J’avais honte.

Pendant la seconde guerre mondiale, des soldats africains de différents pays sont venus défendre la France. Ils avaient le droit de donner leur vie pour notre pays alors qu’ils n’avaient même pas le droit de vote dans le leur.

La colonisation a été un crime contre l’humanité. La France a cherché avant tout ses intérêts au détriment du bien des peuples.
Nous sommes tous frères. De la même famille humaine.

Quel que soit le pays, la culture, la couleur de la peau, la religion. La terre appartient à tous. A nous d’en prendre soin.

Merci à François, pape sans frontières, de faire briller la justice pour tous, et de porter haut ce rêve de la fraternité entre les peuples.
Demain est à faire.

Jacques Gaillot jacques_gaillot.jpg
Evêque de Partenia
Paris le 7-10-2020

 

25/09/2020

JOURNEE MONDIALE DU MIGRANT ET DU REFUGIE

Cette106ème Journée sera célébrée dimanche 27 septembre. Le Saint-Père a choisi cette année le thème : 

             Contraints à fuir comme JESUS-CHRIST                                            

Le 27 septembre prochain aura lieu la 106e Journée mondiale du migrant et du réfugié, Nous sommes invité(e)s à vivre cette journée par un temps de réflexion mais aussi par quelques actes concrets envers nos frères et sœurs migrants.
 
Dans le message de la journée mondiale du migrant et du réfugié,
« Contraints à fuir comme Jésus-Christ. Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les déplacés internes »,
le pape François nous rappelle les 4 verbes que nous avons eu à réfléchir en 2018.

Cette année, il entend prolonger ces 4 verbes par six paires de verbes qui correspondent à des actions très concrètes :

Il faut connaître pour comprendre : « si nous rencontrons les migrants -nous parviendrons à les connaître. Et en connaissant leurs histoires, nous parviendrons à comprendre ».

Il faut se rendre proche pour servir : « les peurs et les préjugés nous font garder nos distances d’avec les autres et nous empêchent souvent de “nous rendre leur prochain” pour les servir avec amour.

Pour se réconcilier, il faut écouter : « dans le monde d’aujourd’hui, les messages se multiplient, mais on perd l’attitude de l’écoute »

Pour grandir, il est nécessaire de partager: « Dieu n’a pas voulu que les ressources de notre planète ne profitent qu’à quelques-uns »

Il faut impliquer pour promouvoir : « si nous voulons vraiment promouvoir les personnes auxquelles nous offrons assistance, nous devons les impliquer et les rendre protagonistes de leur propre relèvement ».

Il faut collaborer pour construire : « ce temps n’est pas le temps des égoïsmes, parce que le défi que nous affrontons nous unit tous et ne fait pas de différence entre les personnes ».

A partir de ces 6 paires de verbes, que pouvons-nous vivre concrètement ? Nous vous suggérons deux initiatives :

  • Prendre attache avec une association qui soutient les migrants pour essayer de mieux connaitre et comprendre l’histoire des personnes.
  • Inviter une personne ou une famille migrante à déjeuner le 27 septembre ou le dimanche 1er novembre à déjeuner chez vous.

03/06/2020

ANNE, EVÊQUE !

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ANNE évêque !

Elle aura au moins réussi à faire entendre une voix de femme dans une affaire qui leur semblait pourtant totalement fermée. Ma formidable camarade Anne Soupa, avec qui j’avais, il y a plus de dix ans, porté plainte contre le cardinal André Vingt-Trois pour propos sexistes devant le tribunal ecclésiastique de Paris, Anne donc, revient troubler avec talent le petit monde feutré des manœuvres intracléricales en faisant officiellement acte de candidature à l’archevêché de Lyon, lequel est vacant depuis que le pape François a accepté la démission de Philippe Barbarin. Bien sûr, l’idée semble au premier regard loufoque. Mais, comme elle le dit elle-même : « C’est donc un geste fou, mais le plus fou, c’est que cela paraisse fou alors que cela ne l’est pas. » Il est vrai que lorsqu’on lit son curriculum vitæ, on est obligé d’admettre que ni les qualités ni les compétences ne lui manquent et que beaucoup d’Éminences n’en alignent pas tant, et de loin. Il est vrai aussi qu’elle présente un défaut majeur, celui de n’être point mâle… C’est bien là que le bât blesse et c’est l’un des points qu’elle souhaite mettre en lumière : l’invisibilité des femmes dans l’Église catholique. On le sait depuis longtemps, si les femmes n’étaient pas là, plus rien ne tournerait et, pourtant, on leur dénie toute forme de reconnaissance puisque leur « nature » ne leur permet pas d’être prêtres. Mais notre rusée amie souligne avec sa candidature spontanée un autre point qui, lui, touche les hommes et les femmes dans l’organisation du catholicisme, à savoir la concentration entre les mains des seuls « clercs » des trois grandes responsabilités – en latin, c’est plus chic, on dit munera, pluriel de munus –, qui sont la charge de la sacralité, la charge de l’enseignement et celle du gouvernement. Elle souligne qu’il y a sept ans déjà, à l’orée de son pontificat, « le pape François a demandé aux théologiens de mieux distinguer prêtrise et gouvernance afin de faire une place pour les femmes » et que, depuis lors, rien n’a été entrepris. Elle prend donc le pape au mot et revendique pour elle, non pas le pouvoir sacré, qu’elle dit laisser très volontiers aux prêtres, mais ceux de la gouvernance et de l’enseignement, pour lesquels, sans fausse modestie, elle se dit être tout à fait idoine. Pour la bien connaître, je certifie que c’est exact : bonne patronne, fine bibliste, femme de cœur, précise, organisatrice, sachant rendre les gens « capables »…

Un comité de soutien s’est formé, avec, au premier rang, La Parole libérée. Pour le rejoindre, écrire à anne.eveque@gmail.com

Christine Pedotti

Photo : Gilou60 / CC BY-SA

PAROLES DE FEMMES - CANDIDATURE D'ANNE SOUPA AU SIEGE D'ARCHEVÊQUE DE LYON

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La candidature d’Anne Soupa au siège d’archevêque de Lyon suscite de nombreuses réactions de soutien, moins pour sa nomination, improbable, qu’en faveur de son combat pour une Eglise plus féminine.

Par Luc Chatel Publié le 29 mai 2020 à 08h07 LE MONDE - 

Des femmes catholiques solidaires du combat d’Anne Soupa

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La candidature d’Anne Soupa au siège d’archevêque de Lyon suscite de nombreuses réactions de soutien, moins pour sa nomination, improbable, qu’en faveur de son combat pour une Eglise plus féminine.

Des femmes catholiques solidaires du combat d’Anne Soupa Par Luc Chatel Publié aujourd’hui à 08h07 dans Le Monde

La candidature d’Anne Soupa au siège d’archevêque de Lyon suscite de nombreuses réactions de soutien, moins pour sa nomination, improbable, qu’en faveur de son combat pour une Eglise plus féminine.

Candidate à la succession de Philippe Barbarin à la tête de l’archidiocèse de Lyon, Anne Soupa n’a, sauf miracle, aucune chance d’accéder à cette fonction, dont les titulaires ne candidatent pas et sont nommés par le pape. Elle peut, en revanche, compter sur le soutien de nombreuses femmes catholiques. Croyantes anonymes, pratiquantes ou non, elles se sont manifestées par centaines sur les réseaux sociaux pour la féliciter et l’encourager. Ce n’est pas tant sa nomination comme archevêque qu’elles soutiennent, mais les convictions et les combats qui motivent sa candidature, notamment pour une plus grande présence des femmes dans l’Eglise. En quoi elles sont rejointes par d’autres femmes catholiques, déjà engagées sur ce terrain.

Lire ... CANDIDATURE D'ANNE SOUPA AU SIEGE D'ARCHEVÊQUEDE LYON.docx

28/05/2020

UNE BELLE MEDITATION "PLEINE D'APPELS A L'EVANGILE"

Urbi&Orbi
La Documentation catholique (26.05.2020)
Algérie - Mgr Lhernould s’émerveille de la fragilité et de la fraternité de son nouveau diocèse

Le samedi 29 février 2020, en la Basilique Saint Augustin d’Hippone, à Annaba (Algérie), Mgr Nicolas Lhernould, évêque de Constantine et Hippone a prononcé une homélie lors de la cérémonie de prise de possession canonique  de son diocèse, trois semaines après son ordination épiscopale. Il a ainsi confié : « Je suis aussi émerveillé (…) devant la fragilité du diocèse. Pour vous faire une confidence, lorsqu’il s’est agi de donner à Mgr le Nonce, et à travers lui, au pape, une réponse (…), c’est l’élément qui m’a le plus attiré, qui m’a le plus touché, par lequel je me suis senti le plus appelé : cette fragilité ecclésiale (…) qui caractérise la plupart de nos diocèses en Afrique du Nord ».Puis il a évoqué son expérience en Tunisie : «… j’ai vécu dans des communautés fragiles, dans un contexte où on ne pouvait pas faire beaucoup de prévisions, parce que les visages vont et viennent. Les plans pastoraux à cinq ans ou dix ans sont des choses qui sont peut-être bonnes pour d’autres contextes, beaucoup moins pour le nôtre… ». Et il a souligné les fruits de cette fragilité : « à travers cette fragilité-là, j’ai vécu une fraternité particulièrement forte. Quand on n’a pas grand-chose, quand on est peu nombreux, on sent combien l’exigence de cette fraternité est première pour être de rayonnants disciples de Jésus ».

Chers amis,
C’est comme cela que Jésus s’adresse aux siens dans les moments d’intimité dans l’Évangile : « Je vous appelle mes amis » dit-il. Nous ne nous connaissons pas encore très bien. Nous prions les uns pour les autres depuis longtemps… Et en même temps, dans le cœur de Jésus, nous sommes amis au sens que Jésus lui-même employait dans l’Évangile.
Lien à la source ... La-Croix-Algerie-Mgr-Lhernould-s-emerveille-de-la-fragili...

05/05/2020

DECONFINER DIEU ? Isabelle de GAULMYN REDACTRICE EN CHEF AU JOURNAL LA CROIX

Isabelle De Gaulmyn

Isabelle de Gaulmyn est rédactrice en chef au journal La Croix. 2.05.2020 blog "une foi par semaine"

Les messes catholiques vont-elles reprendre ? Et quand ? Le déconfinement sera sans doute lent, progressif, différencié, les évêques ayant à cœur de présenter au gouvernement un plan de sortie raisonnable. Certains déjà s’inquiètent de devoir encore attendre après le 11 mai, et nous avons même vu une centaine de prêtres signer dans Le Figaro une pétition pour la reprise des messes.

Activisme des réseaux sociaux

Pas de rassemblements, pas de sacrements, pas d’Eucharistie : de fait, la période que vivent les catholiques est étonnante. Elle a provoqué cependant une intense créativité sur les réseaux sociaux, avec des messes sur Facebook, Twitter, YouTube. Certains prêtres se sont donné beaucoup de mal pour répondre au manque ainsi créé, avec le risque de renvoyer une image bien cléricale et, partant, masculine du catholicisme. Comme une ruse de l’histoire, au moment même où le pape François avait entrepris une réflexion sur l’excès de cléricalisme… Cet activisme sur les réseaux sociaux peut aussi parfois verser, comme l’analyse le dominicain Dominique Collin, dans une vision fonctionnaliste de la foi (1), où l’image importe plus que le message, ce dont le pape François lui-même s’est ému. On sait que le catholicisme a toujours entretenu un lien étroit avec les techniques visuelles, les églises de la contre-réforme, à Rome, le manifestent assez. Mais ces spectaculaires bénédictions de villes contre le virus, tous ornements sacerdotaux dehors, avaient parfois un côté bien fellinien…

Il ne s’agit pas de critiquer, et l’auteure de ces lignes a elle-même été heureuse de pouvoir profiter des messes retransmises à la télévision. Mais n’est-ce pas l’occasion de nous interroger sur le sens de ce que nous vivons ? De profiter de ce moment exceptionnel, le kairos, comme l’écrit dans un magnifique texte (2) le père Tomás Halik, théologien tchèque, pour voir ce à quoi notre foi a été renvoyée durant ce confinement, avec l’impossibilité d’assemblée dominicale ? Nous avons envie de retourner dans nos églises, mais l’absence de célébration liturgique épuise-t-elle toute la foi ? La période que nous venons de vivre prouve bien l’inverse : nous nous sommes sentis en communion, sans communier. Elle peut aussi nous inciter à revoir notre compréhension de l’Eucharistie, qui, comme l’écrit Anne Lécu, est aussi le service d’autrui (3).

De nouvelles pistes

Au fond, que célèbre-t-on le dimanche ? Un rassemblement de voisins qui s’apprécient dans un lieu donné avec un prêtre donné ? Ou bien une communion aux dimensions universelles ? La communion des saints n’est pas un vain mot dans l’Église. Nous avons poussé à bout la logique de Pie X qui a instauré la communion hebdomadaire, voire quotidienne, en faisant de nous des « consommateurs d’hosties », dans une vision parfois réductrice du sacrement. Or, le nombre de prêtres diminue. Si l’on n’est capable d’ouvrir les églises que pour la messe, on va devoir en fermer beaucoup dans les années qui viennent. Cette crise peut justement nous offrir de nouvelles pistes, sans pour autant, évidemment, renoncer à l’eucharistie. Le confinement a donné lieu à de très belles liturgies domestiques, le christianisme renouant alors avec ses racines juives. Il a permis la formation de groupes de lectures, de méditations, d’études sur la Bible, d’écoute de la Parole, bien au-delà des cercles de pratiquants habituels. Et aussi autorisé une Semaine sainte dans la prière et le silence. Enfin, il s’est traduit par de nombreux gestes de solidarité de la part des paroisses et de leurs prêtres. À se demander si, plutôt que de se battre pour déconfiner les messes, il ne vaudrait pas mieux se battre pour déconfiner Dieu lui-même, et le sortir d’églises parfois trop fermées.

(1) « Deus ex machina », de Dominique Collin sur revue-etudes.com

(2) « Les églises fermées, un signe de Dieu ? »  sur lavie.fr

(3) Ceci est mon corps, d’Anne Lécu, éd. du Cerf.

02/05/2020

RÉOUVRIR LES ÉGLISES : POUR QUOI FAIRE? SAINT MERRY CENTRE PASTORAL

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Pourquoi ne voir dans cette nouvelle contrainte qu'un obstacle à la vie chrétienne ? Et si ce confinement prolongé était une chance ?

« Oui, la crise que nous traversons nous apparaît comme une chance pour notre christianisme, pour qu’il retrouve sa pleine dimension domestique et accepte de vivre la grâce de la fragilité de façon créative ». Lettre ouverte d’un groupe de chrétiens en ces temps de pandémie

Lienhttps://saintmerry.org/reouvrir-les-eglises-pour-quoi-faire/

Lire ... La-Croix-Rouvrir-les-eglises-pour-quoi-faire.pdf

le 03/05/2020 à 14:25

 

28/04/2020

ÊTRE CHRETIEN C'EST AVOIR LA PASSION DE L'HOMME -MGR JACQUES GAILLOT -

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Au cours d’un repas, mon voisin de table qui est prêtre m’informe qu’il a reçu une pétition pour signature :
« On demande d’anticiper l’ouverture des lieux de culte. Qu’en penses-tu ?»
Ce genre de demande provoque en moi un réflexe d’agacement. Je supporte mal que l’Eglise pense à elle, se préoccupe d’elle.
L’urgence est ailleurs. Ce serait un comble que les lieux de culte puissent ouvrir avant les bars et les restaurants !

Ce n’est pas le culte qui est premier. Ni la pratique religieuse.
Ce qui intéresse le plus l’homme de Nazareth, ce n’est pas la religion, c’est un monde plus humain, plus solidaire, plus juste.
Son bonheur c’est de nous voir heureux tous, en commençant par les derniers. Il est venu pour libérer les opprimés. Sa mission est de libérer pas de restaurer.

Être chrétien c’est avoir la passion de l’homme.
Aujourd’hui, avec la pandémie, tant de gens sont au chômage, tant de familles ne peuvent plus payer leur loyer,
tant de gens et leurs enfants connaissent la faim, tant de gens connaissent la maladie et la solitude…

Le beau risque de l’Eglise est d’être à leur côté. Sans hésiter. Sans attendre. L’Eglise n’est jamais elle-même sans les pauvres.

Mon voisin attend ma réponse : « Moi je ne signerai sûrement pas une telle demande. L’important n’est pas de repartir comme avant. L’important est d’aller vers les blessés de la vie. L’humain d’abord. »

Jacques Gaillot
Evêque de Partenia
28 avril 2020//