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05/05/2020

DECONFINER DIEU ? Isabelle de GAULMYN REDACTRICE EN CHEF AU JOURNAL LA CROIX

Isabelle De Gaulmyn

Isabelle de Gaulmyn est rédactrice en chef au journal La Croix. 2.05.2020 blog "une foi par semaine"

Les messes catholiques vont-elles reprendre ? Et quand ? Le déconfinement sera sans doute lent, progressif, différencié, les évêques ayant à cœur de présenter au gouvernement un plan de sortie raisonnable. Certains déjà s’inquiètent de devoir encore attendre après le 11 mai, et nous avons même vu une centaine de prêtres signer dans Le Figaro une pétition pour la reprise des messes.

Activisme des réseaux sociaux

Pas de rassemblements, pas de sacrements, pas d’Eucharistie : de fait, la période que vivent les catholiques est étonnante. Elle a provoqué cependant une intense créativité sur les réseaux sociaux, avec des messes sur Facebook, Twitter, YouTube. Certains prêtres se sont donné beaucoup de mal pour répondre au manque ainsi créé, avec le risque de renvoyer une image bien cléricale et, partant, masculine du catholicisme. Comme une ruse de l’histoire, au moment même où le pape François avait entrepris une réflexion sur l’excès de cléricalisme… Cet activisme sur les réseaux sociaux peut aussi parfois verser, comme l’analyse le dominicain Dominique Collin, dans une vision fonctionnaliste de la foi (1), où l’image importe plus que le message, ce dont le pape François lui-même s’est ému. On sait que le catholicisme a toujours entretenu un lien étroit avec les techniques visuelles, les églises de la contre-réforme, à Rome, le manifestent assez. Mais ces spectaculaires bénédictions de villes contre le virus, tous ornements sacerdotaux dehors, avaient parfois un côté bien fellinien…

Il ne s’agit pas de critiquer, et l’auteure de ces lignes a elle-même été heureuse de pouvoir profiter des messes retransmises à la télévision. Mais n’est-ce pas l’occasion de nous interroger sur le sens de ce que nous vivons ? De profiter de ce moment exceptionnel, le kairos, comme l’écrit dans un magnifique texte (2) le père Tomás Halik, théologien tchèque, pour voir ce à quoi notre foi a été renvoyée durant ce confinement, avec l’impossibilité d’assemblée dominicale ? Nous avons envie de retourner dans nos églises, mais l’absence de célébration liturgique épuise-t-elle toute la foi ? La période que nous venons de vivre prouve bien l’inverse : nous nous sommes sentis en communion, sans communier. Elle peut aussi nous inciter à revoir notre compréhension de l’Eucharistie, qui, comme l’écrit Anne Lécu, est aussi le service d’autrui (3).

De nouvelles pistes

Au fond, que célèbre-t-on le dimanche ? Un rassemblement de voisins qui s’apprécient dans un lieu donné avec un prêtre donné ? Ou bien une communion aux dimensions universelles ? La communion des saints n’est pas un vain mot dans l’Église. Nous avons poussé à bout la logique de Pie X qui a instauré la communion hebdomadaire, voire quotidienne, en faisant de nous des « consommateurs d’hosties », dans une vision parfois réductrice du sacrement. Or, le nombre de prêtres diminue. Si l’on n’est capable d’ouvrir les églises que pour la messe, on va devoir en fermer beaucoup dans les années qui viennent. Cette crise peut justement nous offrir de nouvelles pistes, sans pour autant, évidemment, renoncer à l’eucharistie. Le confinement a donné lieu à de très belles liturgies domestiques, le christianisme renouant alors avec ses racines juives. Il a permis la formation de groupes de lectures, de méditations, d’études sur la Bible, d’écoute de la Parole, bien au-delà des cercles de pratiquants habituels. Et aussi autorisé une Semaine sainte dans la prière et le silence. Enfin, il s’est traduit par de nombreux gestes de solidarité de la part des paroisses et de leurs prêtres. À se demander si, plutôt que de se battre pour déconfiner les messes, il ne vaudrait pas mieux se battre pour déconfiner Dieu lui-même, et le sortir d’églises parfois trop fermées.

(1) « Deus ex machina », de Dominique Collin sur revue-etudes.com

(2) « Les églises fermées, un signe de Dieu ? »  sur lavie.fr

(3) Ceci est mon corps, d’Anne Lécu, éd. du Cerf.

02/05/2020

RÉOUVRIR LES ÉGLISES : POUR QUOI FAIRE? SAINT MERRY CENTRE PASTORAL

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Pourquoi ne voir dans cette nouvelle contrainte qu'un obstacle à la vie chrétienne ? Et si ce confinement prolongé était une chance ?

« Oui, la crise que nous traversons nous apparaît comme une chance pour notre christianisme, pour qu’il retrouve sa pleine dimension domestique et accepte de vivre la grâce de la fragilité de façon créative ». Lettre ouverte d’un groupe de chrétiens en ces temps de pandémie

Lienhttps://saintmerry.org/reouvrir-les-eglises-pour-quoi-faire/

Lire ... La-Croix-Rouvrir-les-eglises-pour-quoi-faire.pdf

le 03/05/2020 à 14:25

 

LE CONFINEMENT EST UNE OCCASION DE REDECOUVRIR LE VRAI CULTE A RENDRE A DIEU - MGR EMMANUEL LAFONT, EVÊQUE DE GUYANE

« Sans le pain de la Parole, le pain eucharistique devient incompréhensible »

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« LE CONFINEMENT EST UNE OCCASION DE REDECOUVRIR LE VRAI CULTE A RENDRE A DIEU »

Dans une interview donnée à La Croix le jeudi 30 avril, Mgr E.Laffont juge « pas saine et même un peu immature » la demande de certains évêques, prêtres et fidèles qui réclament de reprendre les messes avant le 2 juin. Il sollicite la solidarité des catholiques confinés en France avec les 150 millions de chrétiens dans le monde qui, par ce qu’ils sont persécutés, vivent dans "l’impossibilité chronique de célébrer", « ce qui ne les empêche pas de vivre leur foi ». Et il cite sainte Thérèse de Lisieux qui disait « Quand on peut avoir les sacrements c’est bien; quand on ne peut pas les avoir, c’est bien aussi! ». Enfin, il a estimé qu’on pouvait encore attendre deux semaines de plus, sachant que les risques d’une seconde vague sont possibles et que "nous allons devoir vivre avec ce virus encore de nombreux mois".

L’intégralité de cette interview.: MGR EMMAUEL LAFONT EVEQUE DE LA GUYANE AU JOURNAL LA CROIX.pdf                                  

 

30/04/2020

CCFD - COMITE CATHOLIQUE CONTRE LA FAIM ET POUR LE DEVELOPPEMENT

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CCFD-TERRE SOLIDAIRE
1er mai : « plus jamais ça ! »

https://ccfd-terresolidaire.org/actualites/1er-mai-plus-j...

La pandémie qui se répand dans le monde entier révèle de manière tragique les dérèglements du capitalisme néolibéral et productiviste ainsi que les dysfonctionnements de l’actuelle gouvernance mondiale.

La situation nécessite d’affronter ensemble les urgences écologiquessociales et démocratiques. Les impératifs de santé publique seront à l’honneur de ce 1er mai.

Nos organisations appellent à manifester la solidarité avec les travailleurs.ses, en France et dans tous les pays, dont les activités continuent, souvent sans même le matériel de protection nécessaire.

La solidarité aussi avec les « invisibles » que la crise a pourtant révélé.e.s comme indispensables, ainsi qu’avec les précaires et les « sans », dont la situation s’est dramatiquement aggravée pendant la crise.

Pour tout cela, nous exigeons :

• que la santé de toutes et tous soit une priorité, maintenant et après le 11 mai, date annoncée de sortie du confinement alors même que les conditions sanitaires ne sont pas réunies.

• que toutes les mesures d’urgence soient prises pour lutter contre les inégalités sociales et pour préserver les droits de chacun.e durant cette période, dont celui d’un travail, d’une alimentation, d’un logement de qualité.

• que la protection sociale des jeunes soit refondée afin de les faire rentrer dans le droit commun. Les jeunes ne peuvent être ni la variable d’ajustement, ni les oublié.e.s de l’après.

• que la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité soient des priorités pour le plan de relance de l’économie, à la mesure de l’urgence climatique.

• une solidarité avec les populations des pays pauvres, premières victimes des dérèglements climatiques, touchés par la crise sanitaire alors que leurs systèmes de santé et leurs services publics sont encore moins préparés que le nôtre à faire face à cette pandémie, sous la menace de crises alimentaires émergentes, passant en premier lieu par l’annulation de leur dette extérieure et le versement de financements additionnels d’urgence.

• que les multinationales s’assurent du respect des droits humains et de conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs employé.e.s par leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants à travers le monde plutôt que de les laisser sans revenus, aides ou protections sociales, les rendant plus vulnérables aux risques d’exploitation plutôt que de verser des dividendes à leurs actionnaires.

Le monde d’après doit enfin appliquer l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Ce sont souvent des femmes, dans l’ensemble du secteur de la santé et du social, dans les services publics, dans les commerces, dans l’agroalimentaire, qui ont sauvé des vies, ont permis de nous alimenter, ont assuré des missions de protection de la population et ont permis à notre pays de tenir alors qu’elles sont toujours bien moins payées que les hommes : il est temps de reconnaître leur investissement.

Le monde d’après ne doit pas non plus se solder par de nouvelles régressions des droits démocratiques. De ce point de vue, en France comme ailleurs conscient.e.s de la nécessité de respecter toutes les mesures de confinement nécessaires, nous ne sommes pas moins indigné.e.s des violences policières, des contrôles abusifs, des atteintes à la protection des données personnelles et de la vie privée, de la violation des droits des migrant.e.s

Lors de ce 1er mai, nous manifesterons aussi pour exiger un plan de relocalisation solidaire et écologique des activités de l’industrie, de l’agriculture et des services :

• « plus jamais » des travailleur-ses mis.e.s en concurrence et appauvri.e.s !
• « plus jamais » la dépendance aux marchés internationaux comme le manque de masques, de surblouses et de médicaments,
• « plus jamais » les produits qui font le tour de la planète engendrant pollutions et émissions de gaz à effet de serre !
• Et « plus jamais » la captation des ressources naturelles du Sud au seul profit des transnationales des pays riches.

Pour que le jour d’après ne soit plus comme le jour d’avant, tout soutien public aux entreprises doit d’ores et déjà être conditionné à une reconversion écologique et sociale, qui nous permettra de créer des centaines de milliers d’emplois de qualité en France.

Le gouvernement ne doit pas remettre en cause, sous l’influence des industries polluantes, les engagements et les objectifs environnementaux, déjà très en dessous du niveau exigé par l’urgence climatique.

Il doit aussi suspendre les ventes d’armes qui alimentent les conflits et le terrorisme, et réfléchir à abandonner la dissuasion nucléaire coûteuse et plus dangereuse qu’efficace.

Nous exigeons que la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité soient des priorités pour le plan de relance de l’économie, et qu’elles soient à la mesure de l’urgence climatique.

Lors de ce 1er mai, nous manifesterons encore pour obtenir un plan de développement de tous les services publics et une revalorisation des métiers d’utilité publique :

• « plus jamais » les hôpitaux débordés du fait des fermetures de lits et du manque de soignant.e.s,
• « plus jamais » d’une recherche publique manquant de crédits,
• « plus jamais » des services publics exsangues,
• « plus jamais » des Ehpad délaissés,
• « plus jamais » des personnes sans revenu et en précarité alimentaire.
• « plus jamais » de fausses excuses quant au manque de budget public pour les financer, alors qu’une fiscalité plus juste (y compris sur la fortune / le patrimoine), une véritable lutte contre l’évasion fiscale et la transformation de la dette publique en dette perpétuelle à taux zéro par la BCE en donneraient les moyens.

Même confiné.e.s, manifestons toutes et tous le 1er mai, depuis chez soi, avec des pancartesbanderoles ou en envahissant les réseaux sociaux.

Rendons visibles, exprimons ce que nous voulons en France comme ailleurs : un changement de cap, pour un futur écologiquesocialféministe et démocratique !

- Covid-19 : plus jamais ça, signons pour le jour d’après !

Vingt-cinq organisations, dont le CCFD-Terre Solidaire, appellent à participer aux mobilisations syndicales pour donner au 1er mai 2020, journée internationale de lutte des travailleuses et travailleurs, un écho tout particulier dans le contexte de crise sanitaire.

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14/04/2020

C'EST MARDI, C'EST PHILOSOPHIE

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Il semblerait, à écouter les radios et à lire les journaux, que l’heure soit au triomphe des philosophes. Certes, ils ne détrônent pas encore les médecins, qui se succèdent pour nous expliquer ceci et cela, par rapport à cela et ceci. Là est la chance des philosophes : n’étant spécialistes ni en ceci ni en cela, ils sont compétents en tout, notamment pour nous éclairer sur la vie, l’amour, la mort et même la cuisson des pois chiches, pour peu qu’on les sollicite sur ce sujet. Ils ont l’avantage de pouvoir s’appuyer sur des palanquées de philosophes qui ont réfléchi à tout ça depuis la nuit des temps, de Sénèque à Sartre en passant par Montaigne et Pascal. Autant dire que le confinement est leur affaire : si la vie a un sens, en effet, c’est le moment où jamais d’essayer de comprendre quel est ce sens, tant il est vrai que le confinement peut conduire à la sagesse, laquelle est fille de la réflexion et petite-fille de la méditation, elle-même cousine par alliance de la paix intérieure. Bref : à la fin du confinement, si une telle chose arrive un jour, c’est fou ce qu’il y aura comme philosophes à la terrasse des cafés, on ne va pas s’ennuyer. Pour ma part, je livre à votre réflexion un dessin, signé Delucq, envoyé par des amis, qui en dit long sur l’époque : c’est le jour de Pâques, Jésus, vainqueur de la mort, sort de son tombeau en levant les bras et tombe sur un policier qui lui demande : « Vous avez votre attestation de sortie ? »

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C'est mardi, c'est philosophie Billet d'Alain REMOND.pdfù

 

07/04/2020

DES MESSES, DES MESSES DEVANT PERSONNE, MAIS DES MESSES !

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Publié le 5 avril 2020 par Philippe Clanché, sur http://cathoreve.over-blog.com/

Cet article fait partie du dossier #ÉGLISE CATHOLIQUE Father Ted était une série humoristique britannique, hilarante et joyeusement anticléricale. Dans une île perdue d’Irlande, Ted, curé opportuniste, Dougal, jeune vicaire débile, et un vieux prêtre aussi odieux qu’alcoolique et libidineux vivent des aventures délirantes, avec une gouvernante hystérique.
Dans l’épisode Speed 3, le vicaire crétin se trouve au volant d’un véhicule de laitier piégé avec une bombe ! Il ne peut ralentir son camion sous peine d’explosion. Informé par le poseur de bombe, Ted appelle à l’aide des prêtres voisins. Et l’on voit débarquer, à côté du camion fou, trois prêtres en aube célébrant la messe sur un autel roulant. Sans aucun effet miraculeux. De retour au presbytère, les trois hommes d’Église se relaient devant un tableau noir pour trouver une solution à la crise. Les minutes passent. Une seule réponse s’impose toujours : dire la messe, dire une autre messe. On peut voir cet épisode à l’adresse : www.dailymotion.com/video/xohdmi – sous-titres en français à sélectionner dans le menu de paramétrage en haut à droite.
Pendant la crise que vit notre monde, il semble que l’Église catholique, à l’image de ces Irlandais de comédie, ne sache faire que cela. Les évêques font des pieds et des mains pour retransmettre via la toile « leur » célébration, seuls face à un cameraman. Un prélat a même enjoint ses « amis » sur la page Facebook de diocèse à multiplier les « j’aime » pour pouvoir, comme ses camarades, diffuser une messe en direct sur le réseau social. Dans un communiqué à la veille des Rameaux, l’épiscopat s’est félicité de proposer plus de trois cents cybercélébrations de l’entrée de Jésus à Jérusalem ! Voici qui va grandement aider notre société apeurée.

Lire ...Des messes, des messes devant personne, mais des messes !.pdf

20/03/2020

LA GUERRE BLANCHE

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La guerre blanche

Par Christine Pedotti 800px-Christine_Pedotti-100x100.jpg

 


Oui, c’est à une guerre que nous sommes confrontés, le mot n’est aucunement exagéré et, d’ailleurs, le président en a usé pas moins de six fois dans le discours qu’il nous a adressé ce lundi soir.

Une guerre, oui, et très étrange. Blanche, parce que le sang ne coule pas. Les stukas ne descendent pas en piqué sur des cohortes de familles affolées. Les sirènes ne retentissent pas pour que nous nous terrions dans les caves pour échapper aux bombes. L’ennemi est invisible, et c’est peut-être moi ou mon proche qui le porte et le diffuse. Terrible ennemi qui attaque ce à quoi nous tenons par-dessus tout, la proximité, le soutien mutuel. Plus question de se serrer les uns contre les autres pour se rassurer. Seuls les intimes, ceux dont nous avons décidé de partager le même destin sous le même toit – conjoints, enfants, parents – demeurent touchables. Ne plus bouger pour que le virus lui aussi s’immobilise et peut-être s’éteigne faute de trouver de nouvelles proies. C’est le pari qui est fait et qui mobilise des moyens si extravagants : le confinement presque total de la population. Oui, c’est une guerre, et il faut ici dire clairement ce que l’on risque. Le calcul est simple : si la moitié de la population est contaminée et que taux de mortalité est celui de la Corée du Sud, le plus faible que nous connaissions, légèrement inférieur à 1 %, cela fait environ 300 000 décès. C’est beaucoup, et surtout, dans quelles conditions… Qui peut envisager aujourd’hui de voir mourir l’un des siens de détresse respiratoire, dans sa chambre, sans soins ? Alors, trois cent mille des nôtres ? Quel système de santé, quelle nation peut absorber un tel choc ? Ce chiffre, qui est un risque statistique, est effectivement au niveau d’un bilan de guerre. Tout l’enjeu est de faire mentir la projection mathématique d’un développement libre et « naturel » du virus. C’est pourquoi nous entrons dans une mobilisation générale d’autant plus difficile psychologiquement qu’elle consiste, pour l’énorme majorité d’entre nous, à ne rien faire et à attendre chez soi. Dans cette étrange guerre, il nous faut « simplement » avoir la force de l’inaction.
Bon courage à tous et toutes.

25/02/2020

JEAN VANIER OU DEUX POIDS DEUX MESURES

TC.GIF    La déflagration qui frappe le petit monde catholique depuis la révélation par l’Arche internationale des abus commis par le fondateur Jean Vanier produit d’étranges réactions.

Publié le 

Ah, comme on voudrait lui pardonner au motif que chacun a une part d’ombre : d’une certaine façon le personnage n’en serait que plus romanesque et notre désir de héros serait intact. Bizarrement, ce raisonnement semble moins approprié lorsqu’il s’agit de Marcial Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ. Là, beaucoup s’étonnent que la Légion n’ait pas été purement et simplement dissoute.

C’est que Jean Vanier, non seulement est notre Mère Teresa, mais il fait notre admiration pour son attention fraternelle et bienveillante à l’égard des handicapés mentaux, dont peu d’entre nous seraient capables. En l’admirant, nous exprimons notre mauvaise conscience et son dévouement en quelque sorte nous rachète…

Sauf que voilà que l’homme est dévoilé : menteur et abuseur. Menteur car il savait très exactement depuis 1952, comme le révèle rapport de l’Arche, qui était Thomas Philippe, son directeur spirituel.

La sanction du Saint-Office qui tombe en 1956 vise non seulement Thomas Philippe, mais aussi tous ceux qui, à l’époque faisaient partie de la communauté de l’Eau vive, et en tout premier lieu, Jean Vanier à qui Thomas Philippe avait remis les rênes. La condamnation du Saint-Office est grave, non parce qu’il y a abus sur des femmes, mais parce que ces abus sont commis au nom d’une doctrine spirituelle à caractère sexuel qui fait de l’union sexuelle une image de l’union mystique de Jésus et de Marie. L’Eau vive est considérée alors comme une sorte de secte d’initiés à cette doctrine. La monition du Saint-Office est claire. Déposition pour Thomas Philippe qui ne peut plus exercer aucun ministère de prêtre – sanction qui n’a jamais été levée – et dispersion pour les membres qui ont interdiction de reformer leur groupe. Quant à Jean Vanier, qui semble-t-il était tout prêt d’être ordonné prêtre, il est précisé que pour ce faire, il devra aller se former sérieusement plusieurs années dans un séminaire.

Et pourtant, le petit groupe se reforme : Jean Vanier n’a jamais laissé tomber Thomas Philippe, et c’est ensemble qu’ils fondent une nouvelle communauté, ce sera l’Arche de Trosly. Nous sommes en 1963-1964, et visiblement, manque de suivi ou oubli, les autorités catholiques, tant les dominicains que Rome ne semblent pas se rendre compte de ce qui se passe. On notera en passant que c’est la même doctrine spirituelle pourrie que l’autre frère Philippe, Marie-Dominique, exporte chez les fils et filles de Saint Jean, lesquels ont reconnu le caractère pervers de leur fondateur et le fait que ses pratiques avaient essaimé dans la communauté.

Les frères Philippe ont donc des disciples, des affidés… et Jean Vanier est l’un d’eux depuis l’origine. C’est cela l’horrible vérité dévoilée par le rapport de l’Arche.

Jean Vanier ne se cachait pas du lien profond qui l’unissait à Thomas Philippe : il déclarait par exemple : « La théologie du père Thomas m’a donné des principes solides et forts. Je n’en ai jamais vraiment cherché ailleurs. Si des gens trouvent que je suis très libre dans ma vie intellectuelle, même dans une interprétation de l’évangile de Saint-Jean et dans le développement d’une anthropologie qui colle à la réalité humaine et spirituelle, c’est bien parce que je suis pétri de la pensée et de la méthode du père Thomas ».

Les responsables actuels de l’Arche font tout ce qu’ils peuvent pour tenter de sauver l’organisation. Ils ont choisi la vérité dans ce qu’elle a de plus nue et de plus terrible. Nous pouvons les en remercier et espérer que leur détermination ne fléchira pas.

En revanche, pour Jean Vanier, force est de dire que c’est depuis sa jeunesse qu’il avait souscrit à la doctrine mystico-spirituelle perverse de son maître, qu’il n’a cessé de la soutenir et qu’il l’a fait en toute connaissance de cause et en toute désobéissance aux décisions de l’Église catholique.

En conséquence, évitons pour notre part les gloses spirituelles et émotionnelles.

Christine Pedotti

09/02/2020

FOI ET ENGAGEMENT EN POLITIQUE- JEAN-MARC EYCHEYNE, EVÊQUE DE PAMIERS, COUSERANS ET MIREPOIUX

La foi et la politique.

Retrouver tous les articles du “blog de l’évêque”.

Alors que nous approchons d’échéances importantes au regard de la politique locale, dans un pays fortement marqué par la séparation des églises et de l’état, nous pourrions nous demander si des gens étant considérés comme des croyants peuvent s’engager en politique.


« Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu … Mais mon royaume n’est pas d’ici. 
» (Jn 18, 36)

Les chrétiens, alors qu’ils ont leur regard tourné vers « un royaume qui n’est pas de ce monde », seraient-ils de ceux qui renonceraient à̀ s’engager dans un effort de transformation de la société ? Non, nous croyons au contraire que la foi peut être un moteur puissant de changement social. L’Esprit de l’Évangile nous pousse à ne pas nous satisfaire de l’état du monde, et particulièrement de tout ce qui blesse l’être humain (Image de Dieu) et son environnement (Création). Comment pourrait alors se traduire cet engagement ? On peut distinguer deux grands domaines :

1 – L’éducation : Le monde se transforme à mesure que les personnes individuelles modifient leurs attitudes et deviennent plus respectueuses de la création, des autres créatures humaines, de la justice et de l’équité. Transformer le monde signifie alors s’investir dans un effort sur soi, et sur ceux qui se trouvent dans notre zone d’influence éducative. Le Pape François, dans cette encyclique sociale importante qu’est Laudato Sii, nous indique que « tout changement à besoin d’un chemin éducatif » (n°5).

2 – La politique : Tout en accordant une grande place à l’engagement éducatif, nous ne devons pas déserter le champ politique, car l’organisation sociale peut favoriser, comme elle peut entraver, le développement humain intégral visé par l’éducation déployée. L’enseignement social de l’Église parlera parfois, selon l’expression de Jean- Paul II, de « structure de péché » pouvant caractériser certains modes d’organisation du vivre ensemble. C’est donc véritablement un devoir pour les chrétiens de s’engager non seulement dans une conversion individuelle, mais aussi dans un effort de modification de l’organisation de la société. Avec d’autres traditions religieuses les disciples de Jésus se sont nourris de ces paroles du prophète Isaïe :

 « Ne savez-vous pas quel est le jeûne qui me plaît ? Oracle du Seigneur Yahvé : Rompre les chaînes injustes, délier les liens du joug ; renvoyer libre les opprimés, briser tous les jougs ; partager ton pain avec l’affamé, héberger les pauvres sans abri, vêtir celui que tu vois nu et ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair. Alors ta lumière poindra comme l’aurore… » (Is 58, 6-8)

La conception que nous avons de l’homme, de sa place dans la société et dans l’environnement, devrait parfois nous conduire à prendre position au regard du respect de la nature, de la protection de la vie, de l’aménagement du territoire, d’une juste redistribution des richesses, de la participation de tous au bien commun, de l’accueil des plus fragiles, etc. Il ne s’agit pas nécessairement de s’engager dans des choix de politiques politiciennes ou partisanes, mais de faire droit “au politique” au sens où l’entendait Václav Havel, ou encore le Pape Pie XI qui le définissait comme étant : « Le champ le plus vaste de la charité ».

Alors, oui, nous nous réjouissons de ce que les membres des communautés chrétiennes s’intéressent à la politique et s’engagent en politique. À la condition, bien évidemment, que les projets qu’ils veulent mettre en avant, et que le « style » de leur engagement, corresponde à la vision de l’homme portée par l’Évangile du Christ.

Et si nous lisions ou relisions la lettre du Pape François, Laudato Si, en cette période d’agitation sociale et d’élections municipales… C’est la grande encyclique sociale du début du XXIème siècle !

+ Jean-Marc Eychenne – Évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix

06/01/2020

2020 : UNE BELLE ANNEE ? MGR JACQUES GAILLOT

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2020 : une belle année ?

J'ai toujours pensé que les meilleures années étaient devant moi. La vie n'est-elle pas une aventure ? Une aventure qui n'est pas écrite d'avance ?

Pour 2020, trois souhaits m'habitent :

- L'ouverture : aux autres, à tous les autres, aux différentes cultures, aux religions, aux peuples de la Terre. En commençant par ceux que le monde délaisse. Devenir un citoyen du monde, sans frontières.
Il est passionnant d'être en marche, en recherche, en éveil.
Mais je redoute les gens rigides, sectaires, qui possèdent la vérité !

- La lutte : Elle fait partie de la vie.Lutter pour défendre les droits bafoués : ceux qui n'ont pas où dormir, où manger, ou travailler. Les droits bafoués des peuples opprimés et humiliés. Comment peut-on être heureux si les autres ne le sont pas ?
Nous ne sommes pas faits pour vivre soumis.
Mais la lutte appelle la fête. Quand la vie est dure, on a besoin de se réjouir. Quand on lutte ensemble on gagne souvent.

- Avoir un coeur qui aime :
Lula, ancien président du Brésil, déclarait :
"Je sors de prison ( un an et demi)
sans haine dans le coeur.
A 74 ans, il n'y a de place
que pour l'amour dans mon coeur. "

Libérons notre coeur de la vengeance, du ressentiment, de la haine car il est urgent d'aimer.

"La seule chose que nous apprend la mort,
C'est qu'il est urgent d'aimer"
( Éric Emmanuel Schmitt dans son livre : l'Evangile selon Pilate.)

Belle année 2020 : Quand on aime, il ne fait jamais nuit.

Jacques GAILLOT, Evêque de Partenia 

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